CHAPITRE IV
(27 août 30 seplembre 1479)
Dans le détroit de Béring, — Le cap Serdze Kamen, — En cas de passage d'un NvIte — Aux abords de la banquise, — On relève l'ile Herald, — A travers les glaces, — On démonte le gouvernail. — lièges à ours, — Une partie en traineau, — Les chasses à l'ours, — L'acide carbonique, — Le charbon, — L'isbréde en dérive, = Le menu, — Règlements du bord.
Mercredi 27 août, — Apparcillé à sept heures trente-cinq du soir, avant à notre remorque la Fenny Hyde, dont nous nous séparons à neuf heures et demie, Elle fait route vers le sud-est avec brise du nord-est: nous mettons le cap sur le nord-nordesUeUle détroit de Béring,
28, — Le vent debout, notre ennemi juré, reparait avant l'aube. À mesure que nous approchons du détroit, il fraichit de plus en plus, soufflant du nord-nord-ouest vrai) ; une brume épaisse traine sur les hauteurs escarpées de la côte sibérienne. \u-dessous du cap Oriental, nous voyons une goélelle tout près de la rive et se dirigeant vers le sud. La Jeunnette montre Son pavillon, le navire hisse les couleurs américaines. C'est Sans doute un baleinier : il porte un « nid de corbeau » à son srand mat, Le vent s'engouffre dans le détroit comme à lravers une cheminée d'appel; il s'incline quelque peu vers
l'ouest pour rester au nord-ouest (vrai. La lempérature de la
mer est, à la surface, d'un à trois degrés plus élevée que celle de l'air, est probable que ces eaux tièdes sont acheminées vers le nord, mais je ne puis m'assurer d'une facon posilive de l'existence d’un courant. La drague, par 28 brasses de fond, ramène nombre de choses intéressantes.
29, — Avant notre départ de la baie Saint-Laurent, j'avais décidé de jeter l'ancre au cap Serdze Kamen pour y chercher quelque nouvelle de Nordenskjôld, Nous étions encore à San Francisco que les journaux annoncaient son retour par le détroit de Béring, Informations demandées officiellement au gouvernement suédois, M. Stevens, notre ministre à Stockholm répondit : « En dernier à Serdze Kamen; devait quitler en mai. » En outre, j'avais recu un lélégramme de M. SibiriakofT, de Saint- Pétersbourg, me priant de remettre aux naturels de létablissement un paquet de journaux pour le capilaine Sengstaecke, commandant le 4,Æ£, Nordenskjüld, le navire expédié par lui à la recherche de la Fega,
A partir du détroit de Béring, les côtes nord-est de la Sibérie sont si vaguement décrites dans les ouvrages de géographie nautique el dessinées sur les cartes d'une façon tellement sommaire, que le difficile est de savoir quel cap on aura doté du nom de Serdze Kamen, En outre, nous n'avons pu prendre à midi la hauteur du soleil, Quoi qu'il en soit, je me dirige sur une sorte de baie entourée de montagnes aux croupes arrondies; à quatre heures je distingue un premier groupe de hulles sur une colline à gauche, puis un second sur la plage, droit devant nous, Au mème moment le soleil reparail, el M. Danenhower, se basant sur la latitude assignée par la carte au Serdze Kamen, 67° 12° N.. oblient la longitude qu'eile indique. Celle baie semble être orientée du nord au sud et pénélrer dans les lerres à une profondeur de quatre milles; l'entrée, qui doil en avoir sept, est défendue par de beaux et grands promontoires; son pourtour est entièrement frangé de glaces ramollies et pourries à moitié, On S'y engage l'œil ouvert, la sonde en main, el à cinq heures dix du soir, le navire mouille par 8 brasses sur roche, sable el pierres, Nous le gardons sous
pression, car un vent frais du nord-ouest, une mer hachée et un
fond raboteux rendent l’ancrage assez précaire.
bès que les hommes ont soupé, ils descendent la baleinière et, avec MM, Chipp, Dunbar, Collins el PAlaskien Alexey, je me dirige vers la slalion. Femporte les journaux destinés au capilaine Sengslaccke pour les confier aux naturels ainsi que la lettre suivante :
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Vapeur des Etats-Unis la Jeannette, ap Serdze Kamen, 20 août 1870,