‹ Voyage du comte de Forbin à Siam, suivi de quelques détails extraits des mémoires de l'abbé deChapitre 1 sur 15 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

aventures de jeunesse Favaient amené à la cour de Siam, où il joua le même rôle qu*on a vu jouer depuis à Lahore par le général Allard et le général Ventura. Il avait suivi d'abord la religion grecque , qui était celle de sa mère, et s'était fait ensuite protestant, ayant eu , pendant qu'il servait daps la marine marchande, de nombreuses relations avec les Anglais. Plus tard, les jésuites établis à Siam le convertirent au catholicisme, et il forma dès lors le projet de conquérir à l'Église le royaume de Siam , le Tonquin , la Cochinchine, la Chine et le Japon , avec le secours et par l'intermédiaire de la France. Si ce fut là son véritable but, ou s'il ne chercha à lier des relations avec l'Europe que dans des vues d'intérêt personnel , c'est ce qu'il est difficile de savoir bien précisément, à cause des contradictions de ses nombreux historiens. Quoi qu'il en soit, deux mandarins siamois, accompagnés de M. Levacher, prêtre des missions, vinrent à Paris proposer un traité d'alliance, et promettre la conversion de leur roi.

Louis XIV, plutôt pour satisfaire son zèle religieux que pour procurer des avantages matériels à notre commerce, fit partir un envoyé pour la cour de Siam. Ce fut le chevalier de Çhaumont, capitaine de vaisseau, à qui l'on donna pour coadjuteur l'abbé de Choisy ,et pour major d'ambassade le comte de Forbin , alors fort jeune, et connu seulement dans la marine par sa rare intrépidité.

Cette ambassade n'eut aucun résultat utile. M. de Çhaumont, le père Tachard, jésuite qui l'avait accompagné comme missionnaire , l'abbé de Choisy, et enfin

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le comte de Forbin, publièrent chacun la relation de leur» voyage.

Celle de M. de Chaumont n'eut point de succès. Le père Tachard , assez bon mathématicien , mais trèsmauvais diplomate, ne songea qu'à la propagation de la foi et prit à la lettre toutes les chimères de Constance. Le Journal de Tabbé de Choisy, écrit avec goût et facilité, a tout Tattrait d'un roman, et dan& le fait ce n'est pas autre chose ; car M. le coadjuteur d'ambassade, qui venait de se faire conférer en quatre jours tous les ordres sacrés par l'évêque de Métellopolis , chef des missions orientales, était trop futile et trop indolent pour bien observer, et trop peu scrupuleux pour ne pas embellir son récit aux dépens de la vérité. La relation de M. de Forbin, que nous publions, est de beaucoup la plus intéressante et paraît la plus véridique. Pour montrer quelle fut la suite de l'expédition, nous avons joint au récit du comte de Forbin, qui ne parle que de ses aventures personnelles, quelques pages extraites des Mémoires de l'abbé de Choisy.

Ces Mémoires sont un ouvrage autre que son Journal. « Me voici arrivé, dit l'abbé de Choisy, à une affaire où Ton me pardonnera bien si je m'étends plus que de coutume; c'est l'affaire de Siam. Elle m'a passé par les mains : je marquerai beaucoup de petites particularités fort ignorées du public ; je tâcherai même de ne rien dire de ce qui est dans mon Journal. Je proteste que j'y ai toujours dit vrai, mais que je n'ai pas toujours dit tout ce que je savais. Or, dans ces mémoires-ci, je ne garderai pas de mesure et dirai tout sans ménagement. »

Mv AVA - ROPOS

Plusieurs auteurs ont écrit la vie de Constance ou Constantin Phaulcon. Nous citerons parmi eux Deslandes, historien et philosophe du siècle dernier, qui a eu beaucoup de réputation et peu de mérite.

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