DU 3500 TOISES
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TABLE
DE l'Évaluation des monnaies d'athÈnes.
Il ne s^agil pas ici des monnaies dW et de cuiyre , mais simplement de celles dWgenl. Si on avait la valeur des dernières , on aurait bientôt celle des autres.
Le talent valait 6000 drachmes.
La mine 100
Le tétradrachme 4
La drachme se divisait en six oboles.
On ne peut fixer d^une manière précise la valeur de la drachme. Tout ce qn'*on peut faire , c^est d W approcher. Pour y parvenir , on doit en connaître le poids et le titre.
J^ai opéré sur les télradrachmes , parce quMls sont plus communs que les drachmes , leurs multiples et leurs subdivisions.
Des gens de lettres dont Texactitude m^était connue ont bien voulu se joindre à moi pour peser une très grande quantité de ces médailles. Je me suis ensuite adressée M. Tillet, de PAcadémie des sciences, com* missaire du roi pour les essais et affinages des monnaies. Je ne parlerai ni de ses lumières ni de son amour pour le bien public , et de son zèle pour le progrès des lettres : mais je dois le remercier de la bonté quHl a eue d^essayer quelques tétradrachmesquc j Wais
reçus d^ Athènes , d^en contuter le titre , et d^en com-
ptrer la Taleor avec celle de do« monnaies actuelles.
On doit distinguer drax sortes de tétradrachmes ; les plus anciens , qui ont étéfrai^>À jusqu'^au temps de Periclës , et peut-être jusque vers la fin de la guerre du Peloponèse \ et ceux qui sont postérieurs à cette époque. Les uns et les autres représentent d^ln cdte la léte de Minenre , et au revers une chouette. Sur les secouds , la chouette est posée sur un vase ; et Ton y voit des monogrammes on des noms , et quelquefois , quoique rarement , les uns mêlés avec les antres.
I ° Tkradrachmes plut ancien». Ik sont d^un travail plus grossier , d^un moindre diamètre , et dHine plui grande épaisseur que les autres. Les revers présentent des traces plus ou moins sensibles de la forme carrée qu*on donnait au coin dans les temps les plus anciens. ( Vof. les Mém. de Tacad. des bell. lett. t. a 4, p. 3o.)
Ëisenschmid ( de ponder. et mens. sec. i, cap. 3.) en publia un qui pesait , à ce qu^il dit , 333 grains ^ ce qui donnerait pour la drachme 83 grains un quart. Noos en avons pesé quatorze semblables , tires la |da* part du cabinet du roi , et les mieux conserves ne noos ont donné que 3i4 grains un quart. On en trouve en pareil nombre dans le rebueil des médailles de ville* de feu M. le docteur Hunter ( p. 48 et 4^ >. Le phu fort est de «65 grains et demi , poids anglais, qui repondent à 3^3 et demi de nos grains.
Ainsi nous avons d'un c6té un médaillon qui pesait, suivant Ëisenschmid , 333 grains , et de Pautre vingthuit médaillons dont les mieux conservés n^en donnent que 3a 4. Si cet auteur ne s^est point trompé , si Ton découvre d^autres médaillons du même temps et du
i poids , nous conTMiidrons que , dam quékpies cMîcasîoDS , on lef a potiës à 33s ou 336 graint ; mais notis ajouterons qu^en gcméral ils n^en pesaient qu^en* riron 3t4 ; et^ comme dans Tespacede sack) ans , ils ont dft perdre qn^ae chose de le«r poids , nous'pourrons leur attribuer 3«8 grains^ ce qui donne pour ta drachme Sa grains. ■ ■>
Il fallait en connaître le titi^e. M. Tillet a eu 4a complaisance d^en passer à la coupelle tin qui pesait 334 graini : il a trouyë quM était à onze deniers lo grains de fin , et que H matiëfe presque pure dobt il <kait compose valait intrinsèquement ,■ au ppin du tarif, 5^ lir. 1 4 sous 3 d«D< le marc
« Ce te'tradracbme , dit M. TiUet , valait doite hi^ « trinsequement 3 liv. 1 4 sous , tandis que 3>4 grafats « de la valeur de nos ecus n^ont de valeur intrinsèque
■ que 3 iiv. 8 «eus. •
I Mais la valeur de IHme et de rautremafièi^ d^ar*
■ gent , considérée comme monnaie , et chargés des « frais de fabrication et du droit de seigneuriage , re- I çoit quelque augmentation au delà de la matière « brute î et de là vient qu'Hun marc d'argent, compose'
■ de huit écus de 6 Iiv. et de trois pièces de i a sous « « vaut, par Tautorite' du prince, dans la circulation « du commerce, 49 Iiv. 16 sous, c^est-à-dire , une « Iiv. 7 sous au delà du prix d^un autre marc non mon- « nayé, de la matière des e'cus. 1 11 faut avoir ^ard à cette augmentation , si Ton veut savoir combien un pareil télradrachme vaudrait de notre monnaie actuelle.
II résulte des opérations de M. Tillet qu^un marc de létitardrachmes dont chacun aurait 3â 4 grains de poids; et 1 1 deniers ao grains de fin , vaudrait maintenant
daiM le commerce 54 Ht. 3 «oos 9 den. ; chaque lélra* dncbme , % liv. 1 6 smu { chaque dradime , 1 9 «oufti et le talent 6700 lir.
Si le t^tradrachmepèse 3a 8 crains, et la drachme 81 , elle aura valu 19 «oui et enTiron3 den. , et le ulent à peu près 5776 Ut.
A 333 grains de poids pour le te'iradrachme , la drachme pesant 83 grains vaudrait 1 9 sous et environ 6 deniers , et le taloit à peu près 585o liv.
A 336 grains pour le téiradrachme , à 84 pour la drachme, elle vaudrait 19 sous 9 deniers , et le talent environ 5926 liv.
Enfin, donnons au tëtradrachme 34o grains de poids, à la drachme 85, la valeur de la drachme soa d^environ une livre , et celle du talent d'environ 6000 Ihr.
II est inutile de remarquer que, si on attribuait un moindre poids au lëtradrâchme , la valeur de la drachme et du talent diminuerait dans la ménae proportion.
9<* Têtradrachmes moins anciens. Ils ont en cours pendant quatre ou cinq siècles : ik sont en beaucoup plus grand nombre que ceux de Tarticle précèdent , et en difiêrent par la forme , le travail , les mono* grammes , les noms de magistrats , et d''antres singularités que présentent les revers, mais surtout par les riches ornemens dont la tête de Minerve est parée . 11 y a même lieu de penser que les graveurs en pierres et en monnaies dessinèrent cette tête d'après la célti)re statue de. Phidias. Pausaniaa (lib. 1, cap. s4,p. 57} rapporte que cet artiste avait f^acé un sphinx sur le sommet du casque de la déesse , et un grilTon sur cha*
cane de» hces. Ces deux symboles se trouvent renais sur nne pierre gravée que le baron de Siosch a publiée. Les grilïons paraissent sur tons les te'lradrach* mes postérieurs au temps de Phidias, et jamfiis suf les plus anciens.
Nous avons pesé au delà de 1 60 des tétradrachmes dont je parle maintenant. Le cabinet du roi en possède plus de lao. Les plus forts, mais en très petit nombre , vont à 3^0 grains \ les plus communs à 3i 5, 3i4, 3i3, 3ia, 3io, 3o6 , etc. , quelque chose de plus ou de moins, suivant les difTérens degrés de leur conservation. 11 s''en trouve d''un poids fort inférieur, parce qu'ion en avait altâré la matière.
Sur plus de 90 tétradrachmes décrits avec leur poids , dans la collection des médailles de villes dç feu M. le docteur Qunter, publiée avec beaucoup de soin en Angleterre , sept à huit pèsent au delà de 3ao de nos grains; un, entre autres, qui présente les nom^ de Mentor etMoschion , pèse 271 trois quarts de grainf anglais, environ 33 1 de nos grains : singularité d^au^ tant plus remarquable, que, de cinq autres médaillons du même cabinet, avec les mêmes noms, le plus fort ne pèse qu^environ 3 1 S de nos grains , et le plus faible que 3 1 a , de même qu''un médaillon semblable du cabinet du roi. J''en avais témoigné ma surprise 4. M. Combe , qui a publié cet'excellent recueil. II a eu la bonté de vérifier le poids du lélradrachme dont il s^agit, et il Ta trouvé exact. Ce monumeni prouverait tout au plus qu^il y eut dans le poids de la monnaie une augmentation qui n''eut pas de suite.
Quoique la plupart des tétradrachmes aient été alté-f rés par le fret et par d''autres accidens , on ne peut se VIII. ag
<5o TABLES,
dispenser de reconnaître , à Tinspeciion géne'rale , que le poids des monnaies d''argent avait éprouvé de la diminution. Fut-elle successive? à quel point s'arrêta-telle? c'^est ce qui est diamant plus difficile à décider , que sur les médaillons du même temps on voit tantôt une uniformité de poids très frappante, et tantôt une différence qui ne Test pas moins. De trois télradrachmes qui oflrent les noms de Phanoclës et d"* Apollonius ,( recueil de Hunier, p. 54 ) , Tun donne a 53 ^ains , Tautre a 53 un quart, et le troisième a 53 (rois quarts, poids anglais ; environ 3o8 grains un tiers, 3o8 grains deux tiers , 309 grains , poids français ; tandis que neuf autres , avec les noms de Nestor et de Mnaséas , s^affaibiissent insensiblement depuis environ 3ao de nos grains jusqu^à 3io. ( ibid. p. 53. )
Outre les accidens qui ont partout altcô'é le poids des médailles anciennes , il paraît que les monétaires grecs , obligés de tailler tant de drachmes à la mine ou au talent, comme les nôtres, tant de pièces de I a sous au marc , étaient moins attentifs qu^on ne Test aujourdliui à égaliser le poids de chaque pièce.
Dans les recherches qui m''occupent ici , on est arrêté par une autre difficulté. Les télradrachmes d^A> thènes n^ont point dVpoque , et je n''en connais quNin dont on puisse rapporter la fabrication à un tejnps déterminé. Il fut frappé par ordre du tyran A^istion , qui , en 88 avant J. C. , s'^étant emparé d^Alhènes an nom de Mithridate , en soutint le si^e contre Sylla. Il représente d'un côté la tête de Minerve ; 4e Tauire, une étoile dans un croissant , comme sur les médailles de Mithridate. Autour de ce type sont le nom de c« prince, celui d'Athènes, et celui d'Aristion. Il eu
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dans la coUeetion àe M. Hunter. M. Combe , à qui je mViaU adresse' pour en avoir le poids , a bien vonla prendre la peine de s^en assurer, et de me marquer que le médaillon pèse s 54 grains anglais, qui équivalent à 309 et '^/sa de nos grains. Deux te'iradrachmea du même cabinet , où le nom du même Arislion se trouve joint à deux autres noms , pèsent de 3 1 3 à 3 1 4 de nos grains.
Parmi tant de variations que je ne puis pas discuter ici t j^ai cru devoir choisir un terme moyen. Nous avons vu qu^avant et du temps de Periclès, la drachme était de 81 , 83 , et même 83 grains. Je suppose quVu siècle suivant, temps où je place le voyage d^Anachar» sis, elle était tombée à 79 grains ; ce qui donne pour le létradraohme 3 1 6 grains : je me suis arrête à ce terme , parce que la plupart des te'tradrachmes bien conservés en approchent.
11 parait qu^en diminuant le poids des télradrachmes, on en avait affaibli le titre. A cet égard , il n''est pas facile de multiplier les essais. M. Tillet a eu la bonté d ^examiner le titre de deux télradrachmes. L\m pe* sait 3 1 1 grains et environ deux tiers j Taulre 3 1 o grains et '/16 de grain. Le premier s^est trouvé de 1 1 deniers I a grains de fin , et n''avait en conséquence quNine 94e partie d^alliage; Panire était de 1 1 deniers 9 grains de fin. En donnant au teïradrachme 3 1 6 grains de poids, 1 1 deniers 1 3 grains de fin , M. Tillet s^est convaincu que la drachme équivalait à 1 8 sous et un quart de denier de notre monnaie. Nous n^ligerons celte fraction de deniers , et nous dirons qu^en supposant , ce qui est très vraisemblable , ce poids et ce titre , le ulenl valait 54oo livres de notre monnaie actuelle.
Cmi d^pm MUe ^alnation que j''ai drea^ U ubk nÛYABbi. Si» en conaenram la mém* titre, on a^attribvait au tetradrachin« qiM3ia graina de poida, la drachme de 78 crains ne ferait que de 1 7 aous 9 de> mars, et le taleoi de 53a 5 liy. Ainsi la dimination <m rangmentattoB d^nn grain de poids par drachme diminua on augmente de 3 deniers la valeur de celta drachme , et de 7 S lirres celle du talent. On su^iosa toujours le même titre.
Pour avoir un rapport plus exaet de ces monnaies avec les aètras , il faudrait comparer la valeur respective des denrées. Mais j^ai trouve' tant de variations dans celles d^Alhènes , et si peu de secours dana las Miteurs anciens , que j^ai abandonne' ce travail. Au veste, il ne s^agissait, pour la table que je doane ici , qoe d^une ap]Mroximatien geoôrale.
Elle suppose, comme je Tai dit, une drachase de 79. grains de poids, de 1 1 deniers la gniin* àe fin , et n^est relative qu^à la seconde espèce de làn* drachmes.
obolt drachme*.