‹ Voyage en Chine Cochinchine Inde et MalaisieChapitre 44 sur 85 · I il · texte numérisé non relu

I il

Total.

VOTAÜE EN CHINE.

Pendant le premier semestre 484o, six navires anglais, seulement, ont visité îNing-po. Les importations effectuées dans ce port, pendant tout le cours de l’année -1845, ne se sont élevées qu'à 259,950 fr.

Les exportations ont été de 437,575 fr.

On voit que le mouvement commercial de Ning-po, en 4845, comparé à celui de l’année précédente, a présenté une diminution sensible. Il n’y avait pas un seul navire étranger dans ce port, au moment de notre arrivée. Ün seul négociant anglais, représentant d’une maison de Cliusnn, y résidait, plutôt pour sonder le terrain que pour y faire des opérations suivies, ün autre commerçant venait d’abandonner ce marché, où il ne trouvait rien à vendre.

On y avait importé beaucoup d’articles de coton et laine, dans le principe; mais ils s’y étaient écoulés lentement, et il ne s’en faisait plus de nouveaux envois. Le voisinage et l’importance toujours croissante du port de Cliang-liaï, causent un tort immense à Ning-po, qui serait probablement devenu le contre d’un grand commerce de thé et de soie grége, si les négociants étrangers n’avaient pas trouvé dans le nord un point encore plus favorablement situé.

L’esprit monopolisateur du gouvernement chinois se montre à Ning-po plus que dans aucun des quatre autres ports. Trois marchands privilégiés y jouissent seuls de la faculté de vendre le thé ; deux ou trois autres négociants y ont le monopole du fer. Un malheureux

MNG-PO.

Cbioois qui s’était avisé, il y a quelques années, d’acheter de ec métal à un capitaine anglais, fut condamné à la prison. Toutes ces restrictions n’ont pas peu contribué non plus à empêcher le commerce étranger de se développer sur ce point.

Lors de notre passage à Ning-po, les articles de coton y étaient à de fort bas prix, quoiqu'il n'en fût pas arrivé pour 70,000 fr. , depuis le commencement de -1 845. Le stock de l’année précédente n’était pas encore écoulé.

Les gray-long-cloths de première qualité n’étaient qu’à 2 piastres 40 c. ou à 45 fr. 42 c. la pièce, prix inférieur à celui qui se pratiquait à Canton, à la même époque.

Les drills de 2o mètres de long valaient 3 piastres ou 46 fr. 30 c. . prix relativement assez beau.

Les chinfzes se payaient de 5 à 4 piastres.

La demande pour les draps était encore moins forte que pour les cotons.

L’opium, comme je l’ai dit plus haut, ne peut se vendre dans la rivière de Ning-po.

Les rotins se plaçaient, à la fin de 4844 , dans ce port, à 0 fr. 34 c. le kilo. Ils étaient assez demandés.

Le poivre valait 5 piastres 4 ;2 le picul ou 49 c. le kilo.

\je sandal, 40 piastres le picul, ou 89 c. le kilo.

La consommation des holothuries, des ailerons de requins et des nids d’hirondelles, est assez limitée à Ning-po.

L’alun, les thés verts, le camphre, la rhurbarbe et

les |>orceiaiiics , sont ses principaux articles d'exportation.

L’ulun y valait, à notre passage, -I piastre 20 c. le picul (1 \ c. le kilo).

Lu rhubarbe, 22 piastres le picul (4 fr. 98 c. le kilo).

Le camphre de Formose, de 12 à 15 piastres le picul (1 fr. 08 c. à -1 fr. 55 c. le kilo).

La porcelaine est â bien meilleur marché à Ning-po qu'à Chang-hai et à Canton. C'est celui des cinq ports où l'on peut se la procurer au plus bas prix.

Li soie grége y est, par contre, plus chère qu’à Chang-hai.

Les étoffes de soie deMng-po ne constituent point un article d’exportation. C’est, jusqu’à ce jour, Conton qui conserve le monopole de cette spécialité. Ce que Ning-po possède de mieux en ce genre, ce sont les crêpes.

Une pièce de crêpe noir de 12 mètres 80 cent, de long sur 18 cent, de large, coûte 10 piastres 1;2 (57 fr.).

Une piècede crêpe blanc, à fleurs, do 18 mètresôOc. de

long sur -18 cent, de lai-ge, 14piastrcs 1;2(78 fr. 75 c.).

Une pièce de lustrine bleue unie, 1" qualité, de 12 mètres 80 cent, de long, sur -10 cent, de large, -1 piastres 1/2 (24 fr. 45 c.J.

Lustrine de seconde qualité, mômes dimensions, 5 piastres 5/4 (20 fr. 55.).

Les satins sont bien inférieurs à ceux de France; ils n’en ont ni la linesse, ni le brillant.

Une pièce de satin noir, I" qualité, de 14 mètres

NIXf.-PO.

62ccnt. de long, sur 95 cenl. de large, vaut 22 piastres (^^9fr. t5e.).

La seconde qualité , 17.

l ne pièce de satin jaune, à fleurs, de 8 mètres 20 cent, delong, et de 78 cent, de large, 9 piastres 1/2.

I>a plupart de ces soieries viennent de Nankin et de Sou-tcliaou.

On voit, dans les boutiques deNing-po, une quantité de fourrures, les unes en laine, d’autres en petit gris et en peau de renard , que les Chinois portent en liuup|)elimdes pendant l’iiiver. On y vend de beaux tapis en haute laine et beaucoup de tapis en poils de chien, de chèvre, de vache et de mouton, à figures imprimées. Ces articles se fabriquent, dit-on, à Soutchaou-fou.

[.es vieux bronzes de Ning-posonl assez remarquables; on j)eut s’en procurer des lots à des prix extrêmement bas. Les objets de curiosité sont, en général, à meilleur marché ici que dans aucun des autres ports de la Chine. On y vend, dans la même boutique, des indiennes, des draps, des soieries et des bronzes.

Mais ce qui manque îiNing-po,ce sont les grands articles fondamentaux d’exportation, le thé et la soie, aux bas prix deCliang-baï ; aussi son avenir semble-t-il jugé. Aux yeux de la plupart «les négociants anglais, Ning-po est celui des cinq ports chinois où le commerce étranger a le moins de chances d’acquérir du développement.

VOYAGK EN CHINE.

C'IinnK-ltMy.

Les importations sous pavillon anglaisa Ciiang-haï, se sont élevées, en 1844, à la sosnine de 42,533,375 francs. ,

Les principaux articles dont elles se composaient, étaient :

lA>ng-doths bUncs., 152,300 |

1 pièces

1 B 20 fr. 31. c. la pièce.

3,093,575 fr.

— ccru» . . 246,539 |

1 pièces

1 à 1 8 fr. 96 c. la pièce.

— bleas . . 400

— teinU en d'autres

à 20 fr.

cuulcurs. 5^000

pièces. • B . . .

Drill» 0,507

id

Chint 2 «s, .... 19,078

id

Cambrics . . . . 1,350

id

Mouchoirs de cotou. 6,470

douzaines. • . . .

ToUuk. 'i31,l74

piècei. 6,470 dou

saines de mouchoirs. 8.409,575

On voit que les cotons formaient les trois quarts du

total.

[.es autres articles importants étaient :

Velours d<* coton.

1,547 pièces, valeur.

104,075 franc.

Draps $pa»ith-ilript$ . 1 nroad-clolh elliabit-clotli. |

J 1,433 change. — 1

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