I.es prix des blancs étaient les mêmes que ceux des émis
On vendait à Tencan des long-clotlis avariés a une piastre cl demie ou 8 francs -15 c. la pièce.
Le prix normal de cet article , à Cbang-baï, est de 3 piastres ou de lOfr. 29 c. Il faut y envoyer des assortiments de2j5 d’écrus, et de 1;3 de blancs, mêmes dimensions, même emballage que pour Canton.
On estime à 25 O/Ode la valeur de la marchandise, les frais divers, eommission, ducroire, perte d’intérêts, fret, assurance, droits, etc, dont sont grevés les [iroduits des manufactures anglaises expédiés dans le nord de la Chine.
Ce n’est qu’en 1845 qu’on a commencé à importer une quantité un peu considérabledecotonsfilés àChanghaï ; la valeur s’en est élevée à 420,500 francs. Cet article y parait peu goûté, et aurait à y vaincre bcau-
VOYACE EM CaiME —T. III. 20
VOYAr.E EN f.lllNE.
roupd'ubslai'lcs ; car son introduction serait la ruine d'un grand nombre d’ouvriers du pays.
Tout est incertitude pour les indiennes. Des 22,000 pièces de cet article, arrivées ou commencement de une partie considérable demeurait invendue à notre passage ; on en portait le stock à ^ 0,000 pièces. On payait généralement la pièce dechinlzesô piastres 20 c. (17 francs 58 c.) dimensions de Canton. f.e prix de ce tissu était aussi beaucoup meilleur les années précédentes; il Hotte généralement, à Cliang-baï, entre 3 et 5 piastres. Les indiennes-meubles, à grandes Heurs et à fonds clairs, avec picotage serré, sont celles qui conviennent le mieux. On aime aussi, dit-on, les imitations de |)eaux de tigres pour chinlzes. Un négociant étranger a fait fabriquer en Angleterre, d’après d’cxcellenU modèles chinois, des indiennes fonds blancs; il les aurait vendues avec bénéfice à 2 piastres ou 2 piastres et demie. Les Chinois n'en voulaient à aucun prix, et cependant les dessins , l’étoffe , les dimensions, tout était exactement calqué sur l'original. Faut-il attribuer ce fait curieux et très-fréquent dans ce pays, à un parti pris, chez les indigènes, de n’emprunter à l’étranger que ce qu’ils ne parviennent pas à produire eux-mêmes, et de rejeter tout ce qui , se rapprochant trop de leur propre industrie, semble la mettre en péril?
Une maison anglaise a vendu, à Chang-liaï, des velours de colon imprimés à (50 cents la yard (5 fr. 57 c.
ClUNG-HO.
le mèire), ce qui lui donnait un beau bénéfice. Les fonds bleus foncés et noirs sont les plus goûtés.
Les rouges Andrinople de 26 mètres 50 c. de long sur 72 cenlim. de large, avec enluminures jaunes et bleues, s’y plaçaient, cn^8•^5, îi 5 piastres 80 c. ou .51 fr. 50 c. la pièce.
Les cotons-fîannclle sont assez rcchercbés à Cbanglinï. La pièce de 27 mètres 40 cent, de long et de 70 centim.de large, y vaut 4 piastres ou 21 fr. 70 c., prix supérieur à celui de Canton.
Il y avait, à la fin de -184.5, sur ce marché, un stock de 8,000 douzaines de mouchoirs de colon. Ils valaient 0 fr. 50 c. la douzaine, largeur de Canton. Les mouchoirs fond bleu, avec bordures et fleurs blanches dans rinlérieur, sont les plus goûtés ici, comme dans lout le Nord. Ils ont 72 centimètres de côté et doivent être parfaitement carrés.
L’importation des lainages a atteint, en 4 845, à Cbangliaï, le chiffre de 4,185,-175 fr., qui marque aussi une augmentation notable, comparativement à l’année préeédenlc.
Le fer elles rotins sont de bons articles d’im|)orlalion pour Chang-hai. Ces derniers s’y vendaient à 59 c. le kilo.
Le fer on saumon valait 24 fr. 55 c. les 4 00 kilos ; et le fer en barres 20 fr. 23 c.
L’indigo, 38 c. le kilo.
VonCF. EN CHINE.
Le plumi), 2G fr. c. les -100 kilos. Celui d’Iilspagnc est le plus estimé.
Furmosc fmirnit beaucoup Je riz etdesucre àCliangbüï ; le Fo-kien y eiiv«»ie aussi ce dernier article dont la demande est très<cunsidéral>le. Le sucre de première qualité \uut de o piastres à 5 't/2 le picul, ou de À4 fr. î)0c. à 49 fr. 40 c. les-lOO kilojj.
I. i deuxieme qualité, de 4 piastres 1/2 à 5 piastres le picul.
La troisième, de 5 piastres 1/2 à 4 '1/2.
I.c bois de sapan revenaità 5 fr. 28 c. les lOOkilojj. et le poivre, à 48 c. le kilog.
La vente de» bolotliuries, des nids d'birondelles et des ailerons do ro(|uins, est très-considérable à C.liang-lial, mais elle est presque entièrement entre les mains des Chinois. Les nids de première qualité coùtentliO piastres le catty ou 82 Ir. 70 c. le kilo(T. ; les secondes qualités, 20 piastres le catt y et les troisièmes, 2 piastres.
Les fjrands articles d’exportation de Chang-haï sont la soicjjréjje et le ibé. Kn 1844, il est sorti de ce port, eomme l'indiquent les états du consul aiqjluis, 4,814 balles de soie. Canton en a fourni, la même année, à l’étranper, 4,900 balles.
En 1845, l'exportation de la soie de Cliaufr.baï s’est élevée à 19, 812, 225 fr., tandis qu’elle n’a été que d’environ 11 millions à Canton.
Le prix des qualités supérieures de soies {{réges, dites soies de Nankin Tsa-ili, offre à Cliang-ba'i un grand
DigitizGd by Coo"l'
ovanlo{je sur celui de Canton. Tandis qu’il était, sur ce dernier marché, de 510 piastres le picul, soit dod,58^ fr. les -100 kilos , à la fin de 4845, il ne dépassait pas, à Chang-hai, 460 piastres le picul, ou 1, 152 fr. les 400 kil., ce qui établissait une différence de 441) fr. ou de près de 40 p. 0/0 en faveur de ce port, La seconde qualité, ou Taï-sam, y était cotée 440 piastres le picul (5,952 fr. les 400 kll.), et à Canton, 450 piastres le picul (4,042 fr.). La troisième qualité valait a Chang-hai 420 piastres le picul (5,772 fr. les 400 kil.). Le bas prix auquel ce port fournit un dos articles de retour les plus importants, déterminera probablement, avant peu, le commerce étranger, à ne plus acheter à Canton de soie grége de qualité supérieure, et à s’en approvisionner sur le marché le plus voisin du centre de production. - Quoique Chang-hai n'ait point exporté, jusqu’à ce jour, de tissus de soie en Europe et en Amérique, il est probable que , quand les artisans du pays seront parvenus à connaître le goût des étrangers, à se conformer à ses exigences , à adopter dos dessins convenables cl à donner à leurs étoffes la largeur requise, ce port, si voisin des grandes cités de Nankin, de Sou-tcliaon etdcHangtchaou, où se fabriquent les plus belles soieries delà Chine, enlèvera également à Canton le privilège de fournir seul aux contrées lointaines pour environ 8 millions de fr. par an de cet article. Quant à présent, il ne s’en exporte point du nord de la Chine sous pavillon étranger. r • . V-‘p£
aïo
L’expoi'üition des lliés qui, en -1844, ii'a\ail été à Chang-liai que de 559,514 kilos et de i , (i77,875 fr., s'y est élevée, en 4845, à 44 ,568,050 fr., ce qui forme à peu près le huitième de l’exportaliou deCantun.
Les négociants anglais considèrent Cliang-liaï comme appelé, par sa position géographique, à devenir aussi le grand inarclié des thés. En effet , les deux provinces du .\gan-ouai et du Kiang-sôu , dans lesquelles la culture du thé a acquis un développement immense, sont placées de manière à fournir ce produit à bien plus bas prix au port de Cliang- haï , que Canton ne peut l’obtenir du Fo-kien , et surtout d nord de la Chine.
Lorsqu’à la fin de décembre 4845, les cours de (hilton étaient de 4 6 taëls 4 8 mèces le picul ou de 2 fr. 04 c. le kilo de thé noir dernière qualité , de 26 taëls 28 mèces ou 5 fr. 52 c. le kilog. de bon congou , et de 5 fr. 40 c. le kilog. de pacho supérieur , les sortes inférieures de thé noir valaient à Chang haï :
Le MoU'bi l4 piaâtret le picul, l Tr. 25 c. le kilog.
J.e Tin*8ing*bai.. . . 22 — — 1 fr. 117 c. —
Le Hu-baou . , . . — — .'i fr. 05 c.
les Mipéi ieui'e^, telles que :
LeCoiig-fou,üii Congou,
première qualité.. . 40 — — 3 fr. 59 c.
Quant aux thés verts, le hyson, qui valait à Canton 4 fr. 87 c. le kilo, se payait, à Chang-haï, de 50 à 80
DlylüZC
CH1>G-IUÏ.
piastres le pioiil, ou de 2 fr. 09 c. à 7 fr. 14 c. le kilo, suivant la qûulilé.
Le YuuDg'hysoil \alui(,à Caiituiij 3 fr. 10 c. le kil., et à Chaug*hai, de
2 fr. âO c. à 3 fr. 37 c.
Le Hysou-skiii|àCantou, 2 fr. 03 c., à Cliaug-Iiaî, 1 fr. 08 c. h 1 fr. 60 c. Le Touankay, — 2 fr. 67 c., — 1 fr. 79 c. à 2 fr. 69 c.
Le Guitpowdcr, — 5 fr. 49 c., — 2 (r. 87 c. à 7 fr. 14 c.
L'Impérial, — 4 fr, 22 c., — 3 fr. 69 c. à 2 fr. 87 c*
Aces coui's, le thé qui constitue souvent un retour avantageux, comme la soie, pour les négociants européens établis à Chang-hai, leur faisait perdre environ 25 p. 0;0, en raison des bas prix auxquels il se plaçait en Angleterre, et de ceux des tissus de colon servant de payement ou d’élément d'échange en Chine.
Toute opération commerciale doit être envisagée, à Chang-hai, sous deux rapports, la vente et i’uchat ; car elle n’est presque toujours qu'un échange, dans lequel la perte apparente ou le bénéfice nominal ressortont de la première partie du marché, est souvent amplement compensée par le bas prix ou annulé par la valeur élevée de l’article exporté. Il en résulte qu’il ne peut réellement y avoir aucun cours fi.xe à Chang-hai, le prix effectif de toute vente dépeiulant entièrement de celui des articles de retour, qui est très-variable. Ainsi l’on voit des courtiers chinois vendre aux marchands du pays des draps à quelques cents meilleur marché qu’ils ne les ont achetés ; mais ils se récupèrent amplement sur les prix des marchandises chinoises qu’ils prennent en
ccliangc. l.os mêmes loii({-clolhs, les mêmes cliiiitzes, peuvent se vendre, un même instonl, n des prix bien différents, suivant ceux dos thés et des soies.
La méfiance des indigènes et la difficulté qu’ils éprouvent à se familiariser avec les usages commerciaux des Anglais, ont obligé ces derniers à avoir recours h l'entremisc de marchands cantonais, qui sont venus s’établir comme courtiers à Cbang-liaï, où leur présence sera probablement encore longtemps nécessaire. On a vu de ces agents d’affaires y arriver sans fortune, acquérir, en quelques mois, une importance et une position commerciale immenses, et renouveler, en quelque sorte, dans le nord de la Chine, l'institulion des anciens hanistes de Canton, en se portant garants de la solvabilité des petits acheteurs du pajs. Alom, le plus notable des quatre ou cinq grands courtiers cantonais de Cliangbaï, s’établit, en ^8d4, dans cette ville, ou moyen d’une avance de 8,004 piastres que lui fit une gronde maison anglaise. Un on après, son magnifique entrcjiôt renfermait pour plus de 5 millions de francs de calicots, de thés et de soies. Un ^84o, il faisait une faillite de plusieurs millions, dont tous les journaux d'Europe ont rendu compte.
Après la soie et le thé, les Anglais n’exportent guère de Cliang-boï que du gypse et de l’alun. Ce dernier article y valait, en 1845, cent. lekilog.(2 cent, de plus qu’à Ning-])o), et le [u emier, 4 fr. 48 c. les 100 kilog.