RELATIONS EXTERIEURES
Mais le grand principe d'Icar etait aussi de se meler le moins possible des affaires de nos voisins, de les laisser a eux-m^mes, de ne ricn faire pour accelerer chez eux retablissement de la Communaute, convaincu qu'Icarie etait le pays oil I'essai pouvait le niieux reussir au profit de toutes les Nations , et craignant que de mauvaises tentatives dans d'autres pays ne compromissent 1 experience icarienne.
L'une des plus vives recommandationsdTcar a done ete de nous occuper exclusivement de nos propres affaires , jusqu'a ce que la Communaute fut parfaitement organisee chez nous.
Loin de pousser nos voisins a precipiter leur marche progressive, nous avons use de notre inlluence pour engager leurs chefs a modercr leur ardeur.
Et noire inlluence etait grande ; car nous n'avons jamais eu la pensee d'une conquete : nous n'avons pas meme voulu accepter la reunion d'un petit Peuple enclave dans nos frontieres naturelles, qui s'offrait a nous ; et ce n'est qu'apres ses vives instances , repctees pendant plusieurs annees , et avec le consentement spontane de nos autres voisins , que nous avons accompli ses voeux , en declarant que nous ne consentirions a aucune autre adjonclion.
Nous nous sommes contentes d'alliances etroites , de relations amicales etfraternelles, d'echanges commerciaux , de bons offices de tout genre , et d'un Congres annuel pour facililer nos operations communes, surtout relativement a nos Colonies.
Mais aujourd'hui nous sommes assez forts pour appliquerpluslargement notre principe de fraternite, etjenedoute pas que tousmes concitoyens ne soient disposes a faciliter partout Tetablissement de la Communaute. C'est dans ce but que nous avons pris recemment plusieurs mesures pour attirer les etrangers chez nous ; c'est aussi dans ce but que Valmor vient de proposer, dans son assembles populaire, d'agrandir I'hotel destine a les recevoir.
Mais il faut que les etrangers s'aident eux-m^mes ; et je vols av( c grand plaisir I'idee de notre jeune ami Eugene , comme j'ai vu avec grand plaisir I'arrivee de milord.
Reunissez-vous, discutez, discutez, et m^me associez-vous si vous pouvez! oui,tSchez d'organiser une grande associa<io7i d'elrangers de tous les pays en faveur de la Communaute ; ct si vous y parvejiez, je vous garanlis Tappui d'Icarie ; jene negligerai rien,du moins, pour vous le procurer.
302 PREMIERE DfiUBfiRATION
Entendez-vous done avec vos compagnons, pour qu'ils veuillent se reunir et deliberer sur vos projets ; moi je me charge de vous obtenir une salle pour vos reunions.
Ces paroles si bienveillantes et ces promesses si flatteuses de la part d'un ancien ami d'lcar , venere dans Icara etdans toute I'lcarie (car nous apercevions chaque jour denouvellespreuvesde la veneration qu'inspirait le grand-perede Valmor), donnerent tant d'esperances a Eugene et lui firent tant de plaisir que nous crumes qu'il allait en perdrela lete.