‹ Voyage en IcarieChapitre 2 sur 156 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

Pour nous , plus nous etudions I'Histoirc , plus nous sommes profondement convaincu que Vlnegalite est la cause generatrice de la misere et do I'opulence , de tous les vices qui sortent de I'une et de I'autre, de la cupidite et de Tambition, de la jalousie et de la hame, des discordes et des guerres de tous genres, en un mot de tout le mal dont sont accables les individus et les Nations.

Et notre conviction devient inebranlable quand nous vojons presque tous les Philosophes et tous les Sages proclamer VEgalite; quand nous voyons Jdsus-Christ, auteur d'une immense Relorme, fondateur d'une Religion nouvelle, adore comme un Dieu, proclamer la Frafermfe pour delivrer le Genre humain; quand nous voyons tous les Peres de I'l^'iglise , tous les Chretiens des premiers siecles, la Relorme et ses innombrables partisans, la Philosophie du xviii*^ siecle, la Revolution americaine, la Revolution francaise , le Progres universel , proclamer YEgaliU et la FraterniU des hommes et des Peuples.

La doctrine de VEgalite et de la FraterniU ou de la Democratie est done aujourd'hui la conquete intellectueile de I'llumanite ; la realisation de cette doctrine est le but de tous les efforts , de toutes les luttes, de tous les combats sur la Terre.

Mais quand on s'enfonce serieusement et ardemment dans la question de savoir comment la Societe pourrait etre organisee en Democratie, c'est-a-dire sur les bases de TEgaiite et de la Fraternitc, on arrive a reconnaitre que cette organisation exige et entraine nccessairement la 3 Communautt' des hie.iu.

Et nous nous batons d'jtjoutcr que cette Communaute ctait egalement proclamec par Jesus-Christ, par tous ses Apotrcs et ses disciples , par tous les Peres de I'Eglise et tous les Chretiens dcy premiers siecles, par la Reforme

PREFACE. ni

et scs sectateurs, par les Philosophes qui sont la lumiere et riionneur de I'Espece humaine.

Tous , et Jesus-Christ en tete , reconnaissent et proclament que la Communaute, basee sur I'education et sur I'interet public ou commun , constituant une assurance generale et mutuelle contre tous les accidents et tous les malheurs , garantissant a chacun la nourriture, le v^tement, le logement, la feculte de se marier et d'elever une famille, a la seule condition d'un travail raodere, est le soul systeme d'organisation sociale qui puisse realiser I'Egalite et la Fraternite, prevenir la cupidite et Tambition, supprimer les rivaliteset Tantagonisme, detruire les jalousies et les haines , rendre le vice et le crime presque impossibles , assurer la concorde et la paix , donner entin le bonheur a THumanite regeneree.

Mais depuis long-temps les adversaires interesscs et aveugles de la Communaute, tout en reconnaissant les prodiges qu'elle enfanterait , sont parvenus a etablir ce prejuge — qu'elle est impossible, que ce n'est qu'un beau r^ve, une magnifique chimere.

I La Communaute est-elle ou n'est-elle pas realisable et possible, voila done la question.

L'etude approfondie de cette question nous a profondement convaincu que la Communaute pourra facilement se realiser des qu'un Peuple et son Gouvernement I'auront adoptee. Nous avons aussi la conviction que les progres de Tindustrie rcndentla Communaute plus facile aujourd'hui que jamais; que le dcveloppement actucl et sans borne de la puissance productrice au moyen de la vapeur et des machines peut assurer Veyalite d'abondance, et qu'aucun systeme social n'est plus favorable au perfectionnement des beaux-arts et a toutes les jouissances raisonuablcs de la civilisation.

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