DANSE
sur les theatres, comme celle des hommes n'est pas la meme que celle des femmes.
Apres les enfants, un jeune homme dansa seul quelques minutes, puis deux ensemble, puis trois, puis tous les jeunes gens diviscs en groupes.
II en fut de meme des jeunes Giles, dont les unes s'accompagnaient avec des castagnetles, et d'autres avec divers instruments.
Plusieurs vieillards, hommes et femmes, executerent des danses de caractere quifirent beaucoup rire.
On valsa ensuite des valses de differentes especes : mais les hommes valsaient avec des hommes et les femmes avec des femmes, les maris ayant seuls le privilege de valser avec leurs epouses. Je croyais d'abord qu'il y aurait peu de valseurs ; mais tous les garcons valserent ensemble, toutes les jeunes fiUes egalement, et beaucoup de maris avec leurs femmes ; et cette variete produisait un effet charmant.
Enfin ladanse devint generale, confondit tous les &ges et tousles sexes, et presenta le spectacle le plus anim6.
La salle de bal se trouvant vis-a-vis le restaurant populaire, celui-ci avait envoye, pour rafrakhissements , des fruits et des licjueurs que tous les Icariens aiment beaucoup et qui furent presentes aux meres par les petits gargons et aux peres paries petites filles, commcngant toujours par les vieillards.
— II parait, dis-je a Gorilla et a Dinaise, que vousaimez tous beaucoup la (|anse : vous n'avez sans doute pas des bals comme a Paris et a Londres, des bals parliculiers dont le principal merite est de reunir tant de monde, meme inconnu, que les derniers arrives restent a la porte ou sur rescalier; tandis que les premiers, entasses dans des salles etroites, s'ecrasent les pieds ou s'etouffent sans pouvoir danser.
— Nous ne sommes pas aussi fous, repondit Gorilla : nous dansons rarement dans nos salons, et seulement quand deux ou trois families intimes se trouvent reunies ; et nous ne dansons alors que pour avoir le plaisir de danser ci notre aise.
— Mais nous dansons souvent ici, ajouta Dinaise , parce que chaque mariage amene un bal comme celui-ci pour toutes les families de la rue de chacun des epoux et pour toutes les autres families unies avec les leurs ; et comme il n'y a pas de rue oil il n'y ait annuellement huit ou dix manages, vous voyez que chaque famille a huit ou dix bals de noces chaque ann6e. Nous avons