CHAPITRE XXVIII
Promenade ^ chevaL
j'avais ete tellement agite toule la nuit que je n'avais pu dormir; j'etais si fatigu6, si.... je ne sais quoi, que je refusal deux ou trois propositions d'Eugene , qui voulait que je sortisse avec lui. J'etais fache de le contrarier ; mais je me sentais je ne sais quel besoin d'etre seul, et j'allai voir Cloramide au Musee, en attendant I'hcure de la promenade a cheval que Dinaise et Gorilla m'avaient propose de faire avec elles.
L'heure impatiemment attendue etant arrivee , je courus chez Gorilla, ou Dinaise et son frere ne tarderent pas a paraltre, et nous allames dix ou douze monter a cheval.
Le temps etait magnifique ; j'eprouvais une inexprimable jouissance a me trouver , pour la premiere fois depuis long-temps , sur un coursier qui me sernblait impatient du frein , et je me sentais je ne sais quelles dispositions a trouver admirable tout ce qui m'entourait.
Je trouvais charmante cette route sablee et arrosee , a travers une verte prairie , couverte de jolies cavalcades , dont les uneS allaient au pas , les autres au trot ou au galop , tandis que quelques jeunes gens divertissaient leurs compagnons par toutes sortes d'cxercices extraordinaires d'equitation.
J'avais du plaisir a retrouver le souvenir d'une de mes courses a Hyde-Parck, entre une jeune duchesse et une charmante marquise.
Je me plaisais a admirer celte jeune Icarienne qui tout-a-l'heure travaillait dans I'atelier , et qui maintenant a cheval pouvait rivaliser en elegance et en adresse avec la partie la plus brillante de notre belle aristocratic anglaise.
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Je ne pouvais me lasser d'admirer I'aplomb, I'aisance et la grace d amazones qui tOHtes etaient plus on moins jolie>
Je ne pouvais surtout me lasser de regarder tour k tour mes deux compagnes, et j'eprouvais presque autant d'orgueil que de pla.sir a me trouver entre celles qui me semblaient plus belles que toutes les autres belles. ^
J'eus quelque inquietude cependant quand je vis Corilla proposer le grand galop et nous entrainer malgre I'opposition de Dinai^e qm me paraissait moins bardie sur un cheval plus ardent- hprouvai meme quelques mouvements d'effroi qui me firent plus'ieurs lois porter la mam vers la bride de son cheval : mais je vis bientot quelle navait pas d'inquietude elle-meme, et je m'abandonnai au plaisir de voler pour ainsi dire entre deux charraantes amazones . ou plutot entre deux anges : j'etais enivre ! Mais la course finit ; et quand je me trouvai seul, je sentis je ne
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