‹ Voyage en ItalieChapitre 15 sur 18 · Page XIX · texte numérisé non relu

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La dernière note du carnet est consacrée à cette arrivée à Lausanne, en juillet 1739. — Sainte-Beuve l'a utilisée, au troisième volume des Porîrails lilléraires, dans l'étude sur Pascal.

« Je courus à Lausanne, où j'étais six jours après avoir quitté Bome. Le lendemain de mon arrivée, au matin, j'allai à la classe de M. Vinet pour l'entendre, — une pauvre classe de collège, toute nue, avec de simples murs blanchis et des pupitres de bois. Il y parlait de Bourdaloue et de La Bruyère. L'Ecossais Erskine (le même qu'a traduit la duchesse de Broglie) était présent comme moi. J'entendis là une leçon pénétrante, élevée, une éloquence de réflexion et de conscience. Dans un langage fin et serré, grave

à la fois et intérieurement ému, l'âme morale ouvrait ses trésors. Quelle impression profonde, intime, toute chrétienne, d'un christianisme tout réel et spirituel! Quel contraste au sortir des pompes du Vatican, à moins de huit jours de distance! Jamais je n'ai goûté autant la sobre et pure jouissance de l'esprit, et je n'ai eu plus vif le sentiment moral de la pensée. »

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