‹ Voyage en Italie et en SicileChapitre 92 sur 126 · LA JURISPRUDENCE · texte numérisé non relu

LA JURISPRUDENCE

de la confusion de droits féodaux et de droits ecclésiastiques qui se mêlaient à tout, les juges, dans le doute, décidaient toujours en faveur des Jîdei'couwiis et de la causa pia. A ce chaos judi- - ciaire, succéda le Code français qui fournissait des règles constantes et uniformes. Bien qu'inapplicables assez souvent, elles assuraient au moins la publicité des débats, qui se faisaient en langue vulgaire, au lieu du latin barbare en usage auparavant; et, dans les causes criminelles, elles prescrivaient la confrontation des témoins et une décision motivée, rendue en public dans un court délai. La précieuse institution du jiuy criminel était alors trop peu enracinée en France même, trop peu d'accord avec les mœurs du pays et l'état moral des Français , pour qu'ils songeassent à la donner aux Italiens , à qui elle allait plus mal encore; aussi n'eurent-ils point de jury, mais ils eurent d'ailleurs la même organisation des tribunaux qu'en France. Les gens de loi ne s'étaient pas moins perfectionnés que la loi elle-même, sous le point de vue moral; ils abandonnèrent la manière de parler vaine et déclamatoire qui leur était familière , et commencèrent à plaider logiquement aussi bien que légalement, et à insister sur l'application littérale des lois. La différence de l'ancien état de choses au nouveau, à l'égard de l'administration de la justice, fut si bien sentie, que, même à présent, I. 19

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