CÉSARÉE
C'est là que saint Paul fut conduit après avoir été arrêté à Jérusalem ( Act. xxm, 31.) On trouverait vraisemblablement ses ruines sur les rives de l'ancien Kanah « ou torrent des roseaux » qui, descendant des montagnes de la Judée, court se jeter dans la mer près de Césarée. Ce torrent séparait autrefois la tribu d'Ephraïm de celle de Manassé. Ce canton est également traversé par plusieurs autres ruisseaux qui descendent des montagnes; mais ils n'ont de l'eau que pendant l'biver. Ce pays, jadis si renommé pour sa fertilité, est aujourd'hui peu peuplé et mal cultivé.
3[août. — Au point du jour, nous nous trouvâmes en vue de Kaiserich, anciennement Césarée ; et comme nous apercevions une grande quantité de ruines, nous désirâmes descendre à terre. Comme le vent commençait à tomber, le reiss y consentit volontiers, mais il eut soin de nous faire accompagner par plusieurs matelots, car ce, lieu paraissait lout-à-fait abandonné.
Cette partie de la cote étan t exposée à la furie des ouragans qui soufflent de l'ouest, et le port de Césarée n'offrant aucun abri naturel aux bâtimens, ou avait construit une espèce de jetée formée d'im-
<2\-> CKSAHKE.
inenses quartiers de pierres enfoncés dans la mer à plusieurs toises de profondeur. D'après ce qui reste aujourd'hui, il paraît que, partant du midi, et décrivant un circuit à l'ouest, elle formait un môle semicirculaire dont l'ouverture était au nord. À l'extrémité sont les restes d'une vieille forteresse , dont la construction nécessita des travaux et «les dépenses considérables , qui dénotent une civilisation trèsavancée et font supposer un commerce étendu. En débarquant, nous parcourûmes une vaste étendue de terrain occupé par les ruines de l'ancienne cité. Un mur peu élevé , construit en pierres grises, et bordé lui-même par un fossé desséché, entoure entièrement ces ruines. Les décombres et les herbes qui les cachent empêchent d'en distinguer la nature et le caractère. La guerre et ses terribles suites semblent avoir eu une part plus active dans leur destruction que la main lente du temps. Toutelois, les restes de deux aqueducs courant du nord au midi sont encore visibles. Celui qui se trouve près de la mer est supporté par de hautes arches : celui qui est situé au-dessus à l'ouest mène ses eaux le long d'un mur peu élevé, par un conduit voûté d'environ cinq ou six pieds de largeur. L'eau est
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abondante et d'excellente qualité, et l'on me dil que les petits bâlimeos du pays s'y arrêtent souvent pour y faire leur approvisionnement. Il ne paraît même pas que cet endroit soit autrement fréquenté ; car il se trouve éloigné de la roule actuelle. Ces ruines ne sont plus habitées aujourd'hui que par des serpens , des scorpions et des lézards en grand nombre, et aussi, nous dit-on, par des sangliers *. Mous n'y rencontrâmes pas ua seul être humain qui pût diriger nos pas , et cependant celte ville fut à une époque la métropole de la Palestine et le séjour d'un proconsul! Elle fut bâtie vingt-deux ans avant Jésus-Christ, par Hérode-le- Grand qui la nomma Césarée , eu l'honneur de l'empereur Auguste, son protecteur. On l'appelait Césarée de Palestine pour la distinguer de Césarée Philippi, plus anciennement connue sous le nom de Panéas. On la nomma plus tard Colonia liavia, en conséquence des privilèges que lui accorda Vespasien, qui en fil une colonie romaine. Avant sa fondation par Hcrode , il existait dans cet en-
* « La ville sans défense sera désolée, el les habitations seront abandonnées. Le bœuf y viendra pailrc et s'y reposera. »