ASPECT DE LA GALILÉE
Le pays que nous avons traversé aujourd'hui se compose d'une succession de plaines étroites qui, à partir du Jourdain , s'élèvent successivement les unes au-dessus des autres. Le sol est partout un terreau noir, profond et entièrement exempt de pierres; sous un pareil climat, il parut, à nos yeux non initiés, capable des productions les plus variées, si une main industrieuse prenait la peine de le cultiver. Ce qu'il y a du moins de bien certain, c'est que le produit serait plus que suffisant pour récompenser au centuple le laboureur, des soins même les plus légers. Depuis que sommes entrés dans la Galilée, nous avons été particulièrement frappés de la merveilleuse fertilité du sol, des sites charmans qu'on rencontre, et qui contrastent d'une manière si frappante avec les rochers arides de la Judée. Comme je l'ai déjà fait remarquer, il semble que le « souffle de la colère de Jéhovah se soit appesanti d'une manière toute particulière sur cette dernière contrée, et qu'il ait desséché le territoire de la fille de Sion. » Mais ici où les faveurs de Dieu sont si multipliées, personne ne vient les mettre à profit. Cette contrée est inculte et presque déserte. L'historien du peuple juif, après avoir
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décrit la fertilité naturelle du sol, fait de ce pays un tableau bien différent de son état actuel. La Galilée comptait alors une population nombreuse, brave et industrieuse. « Elle était admirablement cultivée, et l'on aurait eu de la peine à trouver un pouce de terrain improductif. » Elle était couverte de villes et de villages. La moindre de ces villes renfermait une population de quinze mille âmes. Dans les deux seules petites provinces de la Haute et de la Basse- Galilée, on put rassembler une armée de cent mille combattans. A quelle cause donc peut-on attribuer le changement qni s'est opéré à cet égard, si ce n'est à la conduite oppressive des gouverneurs envers les babil ans de celte partie de la Palestine?
En descendant de la montagne dans la plaine, nous traversâmes un vaste champ où croissaient plusieurs espèces de chardons; quelques uns atteignaient la hauteur de quatre à cinq pieds. La chaleur, encore très-forte aujourd'hui , nous empêcha d'en cueillir un plant ; mais je crois qu'ils ont été décrits par le savant naturaliste Haselquist, qui a visité ce pays.
Un peu avant d'arriver au village de Turon, nous traversâmes un chaume que les moines appellent