CANA DE GALILÉE
mission . nous étendîmes nos tapis à l'ombre d'un superbe figuier, au pied duquel coulait un tout petit ruisseau. Les habitans nous fournirent du pain, des fruits et du fromage, repas bien modeste assurément, mais que la faim nous fit trouver excellent. Nous n'avions « point de vin » ; mais l'eau était délicieuse. Elle venait de la seule fontaine abondante qui se trouvât dans le voisinage ( à vingt pas environ de l'endroit où nous étions), et avait par conséquent été puisée à la même source qui fournissait de l'eau à la ville lorsque Notre Seigneur la visita. Cette fontaine est entourée d'un mur en maçonnerie. Plusieurs jeunes filles y prenaient de l'eau dans des cruches pour le repas du soir. Ces urnes ont environ deux pieds de haut, et sont faites avec une espèce de pierre calcaire très-serrée, qui est fort commune dans le pays*. On nous montra les ruines d'une maison qu'on nous dit être celle où se passa le miracle; mais elle n'excita pas notre intérêt au même degré que la fontaine, car celle-ci, moins périssable que la première, n'avait pas besoin de la tradition populaire pour attester son identité à nos yeux. Natbaniel , qu'on
* « Il y avait là six grandes urnes de pierre. »
20b NOUVELLE DE PARIS.
appela ensuite l'apôtre Barthelemi, naquit à Cana. C'est dans ce village qu'un des principaux habilans de Capharnaûm vint trouver Jésus pour le prier de guérir son fils qui était malade , et qu'il en recul cette consolante réponse : « Va, ton fils se porte bien. »
A partir d'ici jusqu'à Nazareth , la route serpente à travers une succession de collines crayeuses, couvertes d'arbustes. Dans tout cet espace on ne rencontre qu'un seul village. Comme nous nous étions arrêtés quelque temps à Cana, il se faisait tard quand nous arrivâmes aux portes du couvent. Elles étaient fermées; mais le gardien nous ayant reconnus, nous introduisit aussitôt, et nous nous empressâmes d'aller rendre visite à notre ami M. de Cadalvène, que nous avions laissé alité, mais dont la santé s'était améliorée pendant notre absence.
6 septembre. — Tandis que nous étions assis cette après-midi sur l'une des collines qui environnent la vallée de Nazareth, tenant à la main la Bible, et nous livrant sans distraction aux douces émotions que nous faisait éprouver cette agréable lecture, un messager du couvent vint nous annoncer les grands événcmens qui s'étaient passés à Paris. La nouvelle