CHAIRES
Cm
Morale |
Théologie . ...
Ecriture-Sainte et langues orien-
laies ]
Dogmatique et- histoire ecclé-
i, siastique 1
Droit canon 1
Droit
Lois civiles 2
Institutions canonicâles 1
CS
Institutions civiles 1
Matière médicale et botanique. . I
Médecine ....
Médecine (héorico-pratique.... 1
'Chirurgie
Chirurgie théoriro - pratique et anatomie
Mathématiques t
Philosophie . .
Physique..,.,.. ... t
Logique et métaphysique 1
Ethique.. »
Chimie générale et pharmaceu-
tique. ’.
Eloquence latine
Éloquence italienne
Professeurs ex-
Droit
TR AORDIN AIRES.
Médecine
Total •.
Les établissements attachés à l’université de Sassari, sont : t°. Une bibliothèque, quf a un bibliothécaire et un assistant i ■2°. Un cabinet de physique avec un directeur et un mécanicien ; .
3*. Un laboratoire de chimie avec un directeur.
Le vicc-protomédicat dépend aussi de l'université, qui a également une chapelle.
CHAP. VII. — UNIVERSITES.
Nous avous déjà dit que les deux conseils respectifs sont Magùtntdn appelés magistrati ; ceux-ci. sont spécialement chargés défaire observer exactement les statuts de l’université et d’informer le gouvernement de la marche des éludes et des abus qui peuvent s’y introduire, ete. ,
La commission royale des éludes , instituée par un billet Commi.iion
. , « • royale des élu-
royal de 1 824 , est composée de quatre adjoints au magis- 4«. trato , qui doivent . assister à toutes les séances de ce dernier, et y ont voix délibérative. Ces quatre adjoints doivent aussi, dans certains cas, se réunir séparément; ils constituent alors une commission spéciale chargée ,^ojt de préparer les matériaux pour les discussions à porter aux séances générales-, soit de traiter divers points qui leur sont particulièrement confiés : par exemple, ce qui regarde les écoles normales i etc.
La commission des éludes a de plus le pouvoir de prendre des décisions dans les affaires qui exigent une détermination prompte, et dans tout ce qui fconcerne la discipline et la convocation des écoles inférieures. Elle doit cependant en référer à la première assemblée générale du magistrato, et lui communiquer même les délibé- . rations qu’elle .a prises.
Les préfets des facultés sont nommés ou confirmés tous Préfet, les six ans par le roi , et choisis parmi les membres de leurs collèges, d’après les informations du magistrato. Ils président à tous les examens , soit publics , soit privés , et soumettent au magistrato les objets qui exigent des décisions f supérieures. "Pour tout le reste , leurs attributidns et leurs devoirs se rapportent aux diverses branches des sciences auxquelles ils sont attachés. ,
Le censeur, qui est également nommé par le roi pour six C*meurd« ans, doit particulièrement surveiller l’exécution des statuts et règlements de l’université, " •
L’assesseur a la connaissance de tous les différends qui Askmw.
LftMtM
scolastique.
Grades.
Carrier*
ccclétuuliquc
Barreau.
peuvent s’élever entre les élèves, ou bien entre ceux-ci et les personnes qui leur louent des chambres, les librai- •
res, etc. : il est'èln, tous les trois ans, parmi les membres du collège de Droit , et confirmé par le roi.
Chaque faculté a son collège, qui, d’accord avec les professeurs, confère les grades publics; les docteurs de collège proposent fies difficultés sur les thèses que les candidats présentent ; elles sont fournies à ceux-ci par les professeurs, qui les ont tirées de leurs cahiers.
Pour être reçu dans un collège de faculté , excepté ceux de Chirurgie et des Arts, H faut subir un examen public d’agrégation, après lequel le candidat est admis avec l’agrémeilt du collège et la permission du magistrato.
La langue Latine est la langue scolastique des deux universités; l’italienne est cependant employée dans les leçons de médecine et de chirurgie.
Les grades sont donnés au nom de l'archevêque, qui est chef de l’université :'ce sont, pour la théologie, la jurisprudence et la médecine : le baccalauréat ,. la licence et le doctorat (laurea). Pour les arts, c’est encore le grade de bachelier. Les étudiants en chirurgie doivent subirdes examens, au bout desquels ils sont qualifiés maîtres en chirurgie.
La carrière ecclésiastique étant jusqu’à présent celle qili offre à la jeunesse sarde les résultats les plus prompts, le» plus lucratifs et les plus faciles à obtenir, est naturellement la plus sùivic; le nombre des élèves en théologie surpasse ordihairertient celui des autres. J’ai déjà parlé du degré d’instruction auquel ils parviennent. *
Les ressources que les légistes trouvent en Sardaigne et la considération dont ils jouissent font que le nombre des étudiants en droit est le plus fort après celui des théologiens : il sera bon d ajouter à ce qui à été dit des jurisconsultes qn’en donnant de jitstes éloges à leur savoir, on
CflAP. VU. < — ÉTUDIANTS EN DROIT.
o’a entendu parler que de ce qui regarde le droit romain , les lois du pays et les décrets de la cour de Rome.
Si le nombre des élèves en droit est considérable et Médicim. même prodigieux, par des raisons tout-à-fait inverses celui ties élèves. en médecine et en chirurgie est trèfc borné.
Peu de villages en Sardaigne ont des médecins; dans quelques uns, on trouve des chirurgiens, et la plupart n’ont que des- officiers de santé, dont les connaissances ne s’étendent guère qu’à la saignée et aux petites opérations chirurgicales. Ils sont pour l'ordinaire salariés par les communes, et s’ils se rabaissent à faire, dans leurs villages, l'office de barbier, ils n’ont pas moins la prétention de s’élcver à la profession de médecin , qu’ils exercent impunémènt, en dépit des lois et au-grand préjudice des habitants. Leur arrogancç (1) est en raison directe de leur ignorance et de leur misère : aussi , lorsqu’un médecin se présente dans un gros village pour y exercer sa profession , il a bientôt à combattre ces barbiers et ces chirurgiens, qui lui déclarent une guerre opiniâtre, et qui finissent bien souvent par le menacer d'un epup de fusil ; de sorte que le docteur est alors contraint d’abandonner la campagne et de rentrer dans la ville. Voilà pourquoi les cités abondent en jeunes médecins qui restent oisifs, tandis que les campagnes en sont dépourvues. ,
Depuis quelques années cependant, le gouvernement a de
cherché à remédier à ces désordres par l'institution des médecins de district. On a formé dans l’île un certain
(i) A l’appni de cette opinion, je citerai seulement ce qui' est arrivé à M. le professeur Moris , auteur de la Flore de Sardaigne. Voyageant dans l’intérieur de l’île, il s’arrêta dans un des principaux villages, où il eut besoin du ministère d’un de ces barbiers: celui-ci , l’ayant reconnu pour médecin , ne voulut recevoir aucun salaire, disant qu’entre confrères les services doivent être réciproques et gratuits. ...
Chirurgie.
Pharmacie.
nombre de districts composes de plusieurs communes, et à chaque district on a alloué un médecin dit tnedico di conduit a ; il, a un salaire fixe payé par les communes de son district, et il est tenu de s’y rendre au besoin , et dè faire en outre des tournées fixes; il est également chargé do vaccin. Chaque province a sa junte , qui dépend de-la junte primaire établie à Cagliari, ou de la junte supérieure de Sassari , pour le cap de ce nom (1).
La chirurgie a été jusqu’à présent si peu considérée en Sardaigne qu’un jeune homme d’une famille honnête se croirait déshonoré de s’y adonner, de sorte que sa vocation-n'était déterminée que jrar le défaut de moyens pécuniaires ou intellectuels. Le soin qu’a pris le gouvernement d'envoyer du continent de bons professeurs de chirurgie et d'encourager cette branche positive de l’art de guérir semble déjà porter des fruits.
La pharmacie n’est pas en Sardaigne dans un état bien prospère : une grande partie des médicaments , même les plus simples, sont encore tirés de l’étranger, et les principales pharmacies de l’ile se fournissent à Gênes, à Livourne et à Naples. Cependant, depuis quelque temps, on commence à mettre à profit diverses productions du sol , telles que la graine de rjcin , la digitale pourprée , la gentiane , etc.
Ce n’est pas absolument la capacité et la bonne volonté qui, jusqu’ici, ont manqué aux pharmaciens sardes, puisque plusieurs d’entre eux ont fait de très bonnes études sur le continent;- mais , rentres dans leur patrie épuisés par des sacrifices pécuniaires , dépourvus des moyens nécessaires pour y monter un petit laboratoire , et enfin privés pendant long-temps d’encouragement, la
(i) V oyez ci-après, chap. 8, Junte primaire pour le vaccin et Condotle mediche. ‘
CUAP- Vil. lUAKfflACIE. ' , 341
plupart ont été forcés de renoncer à faire des préparations qui devenaient ruineuses pour eux, et de se borner, comme de simples marchands, « la vente des drogues,
Le protomédicat, compose) d’un premier médecin et de cinq autres, choisis parmi lcS professeurs ou les membres des collèges de médecine et de chirurgie , siège à Cagliari ; il rédige, avec l’approbation du magistrato des "études, les règlements qui concernent l’exercice de la médecine , de la chirurgie et de la pharmacie ; il fixe , avec l’intervention' des syndics des apothicaires, les taxes des médicaments; il est également chargé de l’inspection des pharmacies, drogueries, etc.
Les drogues et les médicaments qu’on introduit dans l’ile ne peuvent être admis ni exposés en -vente sans la visite préalable et la permission du protomédicat : dans le cas où çes objets sont de mauvaise qualité, on les brûle publiquement.' • f • •
Sassari a un vice-prolomédieat , qui dépend de Cagliari ; plusieurs autres lieux de l’île ont des établissements subalternes chargés des memes fonctiôns, et qui relèvent également du protomédicat de la capitale.
Les chaires de chimie instituées depuis 'peu dans les deux universités doivent apporter de grands-changements à l’état de la pharmacie; il serait pourtant à désirer que les personnes chargées de les pourvoir de ce qui leur est nécessaire pussent se pénétrer 'de l’importance de cette science, que plusieurs Sardes confondent encore avec l’alchimie, tandis qu’elle exerce ailleurs une si heureuse influence sur la médecine, l'agriculture et les arts. Il est temps que l’on se dépouille en Sardaigne d’une quantité de vieux et funestes préjugés , qt que l’on y considère les sciences comme étant toutes utiles et également recommandables.
• Les cabinets de physique de Cagliari et de Sassari cont-
Protométluat.
Chimie.
Physitju#*
Histoire
naturelle.
BiLUothcqucs.
Colleges des jésuites*
Ecoles pics.
mencent à être mieux pourvus qu’ils ne l’étaient dernièrement; ils ont cependant un besoin urgent de voirdeur dotation augmentée et d’étre fournis de ce qui leur est encore indispensable pour que les élèves puissent profiter des découvertes les plus importantes dont cette belle science a été enrichie dans ces derniers temps.
La chaire d’histoire naturelle de l’université de Cagliari ne date que de deux ou trois années; le professeur auquel elle est confiée est également directeur du musée royal d'histoire naturelle et d’antiquités. Cet établissement’, assez riche en minéralogie, en zoologie et en objets antiques, est dû à la munificence du roi Charles- Félix, mais surtout au zèle infatigable de son premier créateur et directeur, feu M. le major chevalier de Pruner, qui y sacrifia son avancement militaire, et on peut dire toutes ses ressources et celles de sa famille.
Il y a une bibliothèque publique à Cagliari et une autre à Sassari : ce sont des établissements particuliers à ces deux villes. Dans leur état actuel , ils ne peuvent être utiles qu’aux personnes qui étudient la théologie et l’ancienne jurisprudence; mais quiconque cultive les sciences modernes ne peut y trouver de grands secours.
Il n’existe actuellement en Sardaigne que deux collèges proprement dits, qui sont tous les deux entre les mains des PP. jésuites ï un est à Cagliari sous le nom de Colleggio Reale, l'autre à Sassari sous celui de Colleggio Canopoleno. Il est superflu de parler du genre d’instruction et du mode d’éducation qu’on y reçoit , puisque tous les collèges des jésuites sont organisés d’après le même mode , qui est assez connu. Ils sont indépendants du magistrat des études , et n’qdmettent, comme ailleurs , que les enfants qui ont atteint l’âge de dix ans accomplis.
Les pères des écoles pies, établis dans les villes de Sardaigne , et principalement à Cagliari et à Sassari, y en-
CllAI’. Vlly..—- ÉCOLES PIES. 343
soignent les humanités jusqu'à ki rhétorique. incltisiycmeiil ; de là, les jeunes gens passent aüx universités.
(jn décret du 24 juin1824 établit dans toutes les villes pl ngrmnWs.
villages de Sardaigne des écoles élémentaires sous le nom d'écojes normales (scuole normal i); d'après l’institution-, on 'doit enseignai dans ces écoles la lecture et 1,’éerilure , le catéchisme de Véglise romaine, les premiers principes d’agriculture et d’économie rurale, également en, forme de catéchisme. Les maiu*s\ -qui doivent être choisjs dé préférence parmi les ecckéûasliqucs des vijlages , et, ^’il se peut, parmi les vicaires £vLce parrochi) , soûl nommés par l’intendant de, la provipce, sur la proposition du curé et du syndic du lieu. 11^ sont salariés par les communes , ou bien on leur alloue un .terrain dont le produit puisse
équivaloir aux appointements assignés.
Si les personne^. chargées de veiHer$ur l’enseignement de ces écoles eussent fait rigoureusement observer ce qui est prescrit, et si lqs maîtres se fussent bornés à l’enseigne mefit de lajangue italienne, les avantages d’une semblable institution toute philanthropique ne seraient pas * ' douteux, puisqu’elle répandrait dairs la «Hisse inférieure l'instruction qui lui est nécessaire, sans, la, détourner des occupations agricoles et manuelles ; mais par la manie qu'on a laissée prévaloir d’y enseigner le latin', il en résulte ' qpe les parents, qui préfèrent voir leurs 61s les aider dans les travaux des champs que de les perdre pour toujours (car un jeune paysan qui dit du' latin nc-reéte plus à la charrue), ne les envoient pas à l’école ;.et dans le cas con- 4raiiV.* le but n’est pas atteint, car les. campagnes, 'au lieu de s'instruira, sç dépeuplent déjeunes gens qui, grâce à des éléments bién imparfaits et souvent faux de la langue de Cicéron, soflt envoyés, non sans de graves sacrifices pécuniaires, dans les villes ,^où ils vont grossir le nombre
Majol
des étudiants des écoles publiquos, pour en sprlir ordinairement plus vjcietix qu’jnsjruits.
Il est à désirer qu’on rappelle les maîtres des écoles . normales à l'esprit d’une institution dont les avantages doivent 'être d’apprendre à lire et à écrire à la classe du peuple (l),;-et d’épargner à deux qui* sont destinés aux universités la perte de.lampset les difficultés que leur faisait éprouver leur ignorance de là langue italienne. Comme les rudiments de la langue latine sont écrits en italien , ces jeunes gens étaient obligés de ralentir leurs études pour se familrariàcr avec cette dernièré langue, ou d’employer beaucoup de temps pour les étudier toutes deux à la fois,- ou enfin d’àppTèndré l’une par l’autre ces deux langues également étrangères pour eux. Les écoles normales aplaniraient cçs difficultés", .puisque les jeunes gens devraient sortir de leurs, villages avec üne connaissance de la langue italienne suffisante pour comprendre leurs livres de -classe. • . •> i
Il me reste à parler d'une classe d’étudiants sur laquelle l’opinion publique e£t partagée, c( que les étrangers jugent en général bien plus défavorablement qu’elle ne le mérite peut-être-: il es’t question des majoli. On désigne à Cagliuri sous ce nom les jeunes gens venus des villages de l’ihtérieur qui, n’ayant pas . les- moyens de subsister dans la capitale , où ils font leurs études , entrent
[}) Les principaux villages de Sardaigne ayant jusqu’ici été privés de tonte instruction primaire, l’on peut aisément s’imaginer qne le nombre des habitants qui savent lire est très borné: aussi toutes les affaires qui doivent se traiter par voie de correspondance soiitclles entièrement entre les mains de deux ou trois individos: ceux-ci, abusant souvent de la confiance des panvres ignorants qui ont recours à eux, brouillent tout, fomentent les discordes, etenfin sont une des principales causes -des dissensions dont lliè est depuis si long-temps le malheureux théâtre.
t.’IIAP. VII. M AÏOLI.
chez, dès particuliers de la classe raoyenno , où ils sont en quelque sorte domestiques. Ils ne reçoivent aucun salairo en argent, mais ils sont nourris et logés, et n’ont d’autres dépenses à faire que celles de leur habillement. Le maître de la maison est tenu de laisser aller lé majolü à l'école, et do lui accorder le temps nécessaire pour étudier.
Quoique ce dernier fasse réellement un véritable service ménial , il est cependant d’une condition bien différente que les domestiques salariés : aussi le public établit-il une grande distinction entre eux et le raajolu. Le vol qu’il commettrait dans la maison ne serait pas considéré comnte vol domestique.
Les principales fonctions de ces majoli sont d’aller au marché le matin , de faire quelques commissions dans là journée, et de- porter la lanterne le soir, lorsque les maîtres vont en sbirée ou au théâtre : ils ont le milieu du jour à peu près entièrement à eux -, ils l’emploient à suivre lés leçons de l’école, et à les repasser lorsqu'ils rentrent au logis. . ■ •
Comme le logement qui leur est assigné dans les maisons où ils sont reçus nJest pas toujours le plus clairni le plus commode pour étudier, ils vont bien souvent s’éta^ blir sotis le vestibule : aussi rien n’est plus singulier pour Uil étranger à qui cet usage est inconnu et qui passe dans la rue, que de vpir ces jeunes gens se promener en long , et en large sous les entrées des maisons , ou bien plantés derrière la. porte , y repasser leurs leçons pendant des heures entières. Quelquefois, lorsque les majoli accompagnent léurs maîtresses' à l’église ou en visite,. ils les-attendent paisiblement, assis sur le seuil de la porte, leur - 1 *
livre ou leur cahier à la main, charmaqt ainsi leur ennui • avec la grammaire, et régalant les oreilles des passants de l’harmonie des.conjugaisons latines, qu’ilâ répètent à haute voix.
L'on n’est pas d'accord sur la véritable origine du root' majolu : quelques personnes le font dériver de l'épithète mariolu . mot napolitain dont le sens n'est pas très flatteur; pourtant il serait quelquefois assez applicable à certains écoliers de cette espèce. D’autres pensent qu’il est tiré do leur vêtement , dont la partie principale est un surtout , plus ou moins long, mais presque toujours muni d'un capuchon : or, selon la dernière opinion , ce capuchon est leur caractère distinctif, et on le compare à la trémie de forme conique nommée majolu (1), que l’on place en Sardaigne au-dessus des petites meules à âne , et d’où tombe graine à graine le blé à moudre.
Les majoli peuvent fréquenter les écoles inférieures dans leur costume ordinaire ; mais ils doivent le déposer pour prendre la soutane ou l’habit bourgeois sitôt qu’ils entrent à l’université. Alors commence pour eus un service plus relevé , puisqu’ils se placent dans les maisons en qualité de précepteurs, pour enseigner les éléments d'arithmétique ou des langues latine et italienne. Ils ont dans ce cas la nourriture et le logement , et de plus le temps nécessaire pour étudier. Étant ainsi à même de continuer leurs études et de suivre les cours académiques, ils embrassent la carrière ecclésiastique ou prennent leurs grades dans quelque faculté; et, comme leur ancien état n'apporte aucun obstacle à leur avancement , il leur est pennis d’aspif-er à toutes les places et à tous les honneur^ auxquels l’étude et le mérite peuvent conduire. . .
Plusieurs de ces majoli sont, de nos jours, recteurs, chanoines, avocats, médecins, notaires, etc.; quelques uns même sont parvenus jusqu'aux premières charges de la finance cl de la magistrature : dans cette dernière car- — - — : — — — ;
(i) Voyèi page -j3(), le moulin qui sc trouve dans le teste. Vnyez arissi un majolu écolier, PL 1U ,/îg.'i5.
CHAP. vn •— H A JOLI. • 3*7.
rière surtout , les hommes qui ont le plus brillé et joui de
la plus grande considération par leur savoir ont presque tous commencé par être majoli.
Du reste , abstraction faite du premier période de service , qui n’est réellement pas brillant1, les majoli ne sont là que ce qu’ailleurs sont les pédagogues qui , désirant suivre leurs études dans une grande ville , se placent dans les màisons aisées , y sont nourris et logés , et donnent également des répétitions aüx enfants. D’ailleurs, il est bon .
de faire observer que la pauvreté seule oblige les habitants des villages à recourir à une telle ressource , sans laquelle plusieurs personnes de talent et de mérite auraient été complètement ignorées. •* >
L’isolcmtfnt de la Sardaigne, sa faible populatiQn, l’état Projeta»
. , , ,, nion des deux
peu florissant des deux universités, et le peu d espoir wùterùtéi. qu’elles prospèrent à l’avenir à cause de l’insuffisance de leurs revenus, ont depuis long-temps suggéré l'idée de les réunir; mais des raisons .également puissantes (1) se sont jusqu’à présent opposées à ce projet, et paraissent y mettre un obstacle difficile à surmonter. Etranger à cef esprit de parti qui divise les habitants des deux caps , jé m’abstiendrai d’entamer une semblable question, qui d’ailleurs m’entraînerait dans des digressions inutiles ; cependant je crois qu’il est bon de faire observer que la théologie et le droit peuvent être étudiés avec fruit partout où les écoles ont un nombre suffisant de professeurs et de bibliothèques bien fournies , mais qu’il n’èn est pas ainsi de la médecine et de la chirurgie, parce que ces deux sciences font constamment des progrès. Or, comme
(i) Celle qui semble la meilleure est le droit de propriété ,de la ville de Sassari , qui , avec ses propres fonds, a fondé son université, et qui a toujours fait des sacrifices considérables pour la soutenir et améliorer sa position.
• on ne peut se flatter en Sardaigne de pouvoir fournir également les deux universités de tout ce que l’étude de ces deux sciences exige de nos joi«£, il en résulté que la réunion des deux écoles en une serR université est inévitable, ou que, faute de moyens nécessaires , l’étude des deux branches de J’art de guérir laissera toujours beau- ' coup à désirer.
On se convaincra surtout de la nécessité de cette réunion si l’on considère le petit nombre d’élèves que- ces deux facultés fournissent dans chaque université, et si on le compare aux dépenses que doit exiger la fondation des écoles et des laboratoires de chimie , des cabinets de phy- . sique , d’un théâtre anatomique , qu’il faudrait créer et en-
.tretenir dans chacune des -deux villes pour l’instruction ‘ préliminaire et accessoire de ce petit nombre d’élèves.
. La formation d’une seule école de médecine , dans là capitale de l’île , offrirait de grands avantages saps nuire beaucoup à l’université de Sassari , dont les revenus seront toujours insuffisants pour qu’elle se pourvoie de tout ce qui est nécessaire à l’étude de l’art de guérir. Les fonds de cèttè université, qui jusqu’à ce jour ont été appliqués à l’enseignement de la médecine et de la chirurgie, serviraient à former des bourses en faveur des Sardes du nord- qui se disposeraient à suivre ces-études. L’augmentation des revenus , employés à un seul établissement ; le séjour de l’école dans le lieu le plus peuplé de l’île, et qui par conséquent offrirait plus d’occasions de faire des ob- • scrvations cliniques et de disséquer des cadavres, pré-
sentent plusieurs avantages qui ne pourraient être mis çn balance avec quelques intérêts locaux..
Arpenteurs. Je ne saurais terminer ce chapitre sans témoigner le désir qu’on établisse en Sardaigne la classe des arpenteurs , qui lui manque entièrement, et qui deviendra tous les jours plus nécessaire à mesure que la véritable pro-%