‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 43 sur 193 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

:*rv '«s;-.

Des Eaux.

l'ieuvcs. Si le nom de fleuve peut être donné à quelques unes des rivières de la Sardaigne , le Tirse, ou Fiume d’Oristano, est la seule qui puisse y prétendre, quoique les habitants ■JW. du pays en comptent quatre. Le Tirse a sa source dans les montagnes granitiques de Buddusù,eteouleausud, au pied . des monts du Gocceano, passe près de Sedilo, où il est con- , iidérablement augmenté par les eaux du Marghine et de la Barbagia-Belvï, puis, prenant sa direction vers l’ouest, il s’avance lentement par une pente extrêmement douce , partage dans cette partie la Sardaigne en deux portions à peu près égales, et se jette dans le golfe d’Oristano, après avoir arrosé le territoire de cette ville.

Ce fleuve était connu anciennement sous le nom de Tirsus ou Tçrsus. Pansa nias , Drodore de Sicile, Plolémée et d’autres écrivains en parlent. , .

Le Flumcndosa ( Sœprus ) est plus impétueux que le Tirse; il sort des montagnes de la Barbagia, appelées Correboi (corne de bœuf), et du territoire.de S. Cosimo de Lanusei, coulant d’abord au sud, puis à l’est, dans une direction opposée à celle du Tirse^ il traverse souyenl d’étroits précipices et se jette près de Muravera dans la mer Tyrrbénienne. Dans lç temps de ses crues, qui sont fréquentes, il cause de grands dommages, mais en revanche il dépose un limon d’une, extrême fertilité.

CogUnu. La rivière la plus considérable est ensuite celle de Co-

flumeodou.

en AI*. H. — PIBOVES.

for -

ghinas, que l’on croit être le Termus dePtolémée. Après avoir parcouru la partie septentrionale du centre de l’île, elle va se décharger dans la mer de Corse , non loin de Castel-Sardo. Quelques auteurs croient reconnaître dans cette rivière le Thermus de Ptoléméc; ils pensent que ce nom provient des eaux thermales qui sortent sur

ses bords et dans sort lit même au pied du Castel-d'Oria; /

d’autres n’admettent aucune différence entre le Thermus et le Temus , qui est indubitablement le suivant.

Le Fiunte di Bosa, ancien Temus , n’a pas un cours Fina*^j*ou' bien étendu ; cette rivière est cependant assez, considérable lorsqu’elle arrive à un mille au-dessus de. la ville de Bosa; là , elle devient navigable jusqu’à la mer; ses bords sont couverts de la plus riche végétation et surtout d’une quantité d’oliviers.

Quoique la petite rivière qui débouche près de Porto di pwi<>- Torres, sur la côte du nord, ne soit pas très forte, elle mérite pourtant d’étre citée, soit à cause du pont romain qui la traverse près des ruines de l’ancienne Turris Lilnssonis, sçit parce qu’elle conserve un filet d’eau pendant que la plus grande partie des autrés sont déjà entièrement

fl

a sec.

- Il est bon d'observer que la plupart.de ces fleuves ou-* rivières, mais le Tirse surtout, sont actuellement remarquables par une diminution bien constatée de leurs eaux • • dans les temps ordinaires et par des inondations jusqu’ici inconnues dans les temps d’orage; on doit en chercher la cause dans la continuelle destruction des lieux boisés faite par le moyen des incendies, et dans la cultivation toujours . croissante de certains terrains à pente forte qu’un intérêt agricole bien entendu devait toujours laisser en friche. Les eaux pluviales n’étant plus retenues sur les montagnes et sur les lieux très inclinés, par les arbres, les arbustes et leurs racines , se précipitent par torrents, entraînant' avec

elles les terres qui vont combler et exhausser graducllcment le lit du fleuve. Le tarissement des sources étant une conséquence évidente de la dénudation des montagnes , il en résulte que les eaux des fleuves diminuent dans les temps ordinaires, et que, ne pouvant plus arriver à la mer avec une force suffisante pour y apporter leur limon , elles le déposent dans leur lit, qui s'exhausse ainsi dans la même proportion que les eaux diminuent et que les montagnes * s’appauvrissent de végétation .

Quant aux torrents et aux ruisseaux qui descendent en grand nombre des montagnes centrales de l’ile et. pendant sept à huit mois de l'année, portent leurs eaux à la mer ou les versent dans les rivières principales , il est inutile d’en parler ici.

Kim ihrrmaiM Les c'aux thermales et minéralessont abondantes en Sardaigfie, mais malheureusement les insulaires, loin d’imiter l’exemple des Romains, qui avaient formé plusieurs établissements de bains, ont laissé perdre une partie des sources, et à peine reste-l-if quelques vestiges des monu- ■ ments antiques. On s’ést fort peu occupé d’obtenir une

analyse exacte des eaux minérales, quoique plusieurs .• sources soient assez fréquentée^ en été par les habitants

- . des environs ; mais l’affluence des malades est due plutôt à la célébrité ou à la tradition de quelque guérison acci- • . dentelle qu’aux conseils des gens de l’art. C’est pourquoi

les opinions sur les vertus des diverses sources sont peu précises et même contradictoires , ce qui produit des résultats fâcheux. • ' . . - ,

On peut citer parmi les sources les plus remarquables ■ celles de Sardara et de Fordungianus, qui sont chaudes et salines ; celles de Villacidro ou de l’Acquacotta , qui • contiennent de l’iode; celles de Bene tutti, qui apparem-

ment tirent leur nom de leurs propriétés bienfaisantes et variées; celles de' Codrungianus, qui. 'Sont froides pt aci-

C1IAI’. il.. EAUX MINÉRALES. 109

ilulées (1), et qui ont beaucoup d’analogie avec les eaux de Recoaro dans le Vicentin ; celles de Dorgali, de Casteld’Oria et de Sant-Antioco, etc.

Je crois faire une chose agréable et utile aux habitants de la Sardaigne en présentant ici un aperçu des principales eaux minérales de leur île ; je le dois en grande partie à la complaisance de M. le docteur Cantu (2). J’ai pris raoi-méine sur les lieüx , avec les précautions requises , les échantillons dont il s’est seryi pour ses opérations analytiques (3). .>f' /

. • \ *• * Analyse des principales eaux . thermales et minérales de' . F île de Sardaigne, par M. le professeur Cantu et autres chimistes.

t /Y. D. Les lettres T. A. expriment ici la teinpératuré de l'eau eo degrés *de Réaumur, et rrllc» T. B. la fempérature de l'atmosphère peu- *

* dant r«b>etvatiou.

Page 1