‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 63 sur 193 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Règne animal.

Relativement à son étendue, la Sardaigne renferme QuaUrup«icj. de nombreuses espèces de quadrupèdes : je ne parlerai ici que de celles que l’on y trouve sauvages.

Le mouflon (ovis cimmon ), qu’on peut considérer Mouiion comme l’animal caractéristique de cette île, y est aujourd’hui aussi commun éju’il l’était du temps de Pline et de Strabon : il habite les hautes montagnes centrales. Je l’v ai souvent vu formant des troupeaux de cinquante individus-, je l’ai trouvé encore dans celles de la Nqrra, et* même dans les environs d’Iglésias.

On a cru 'que le mouflon de Sardaigne différait de celui de la Corse et des îles de l’archipel grec ; mais cette opinion n’est pas fondée , car il n’existe d’autre dissemblance entre ces animaux que dans la forme des cornes : celles des mouflons de Sardaigne paraissent se rapprocher de celles des béliers-, et se développer davantage en volutes.

Les chèvrcsde l’île de Tavolara ne sont nullement une cb*ms »ucspèce différente de celles qui vivent en domesticité. ',S0‘

Ayant fait deux voyages consécutifs dans cette petite île pour examiner ces animaux de près, je suis parvenu, non sans beaucoup de peines et de périls , à en tuer quelques uns. Alors je me suis convaincu qu’elles sont de la même espèce que les chèvres domestiques. 11 y en q de toutes blanches, de noires , de brunes, de rousses , de pies, été.

Enfin , la variété de couleurs et la nature de leur poil ne1 * * * * * * me laissent aucun doute sur la véritable origine de ces

chèvres, qui descendent d'animaux domestiques abandonnés jadis sur cette petite île. Elles sont remarquables par la longueur démesurée de leurs cornes (1).

‘ Les autres gros quadrupèdes de la Sardaigne sont- le cerf, le daim , appelé improprement capriolo (chevreuil), et le sanglier. Ces trois espèces ne diffèrent de celles du continent européen que par la petitesse de la taille. C’est une anomalie constante dans la plupart des quadrupèdes de l’île. Le sanglier de Sardaigne est très estimé pour la bonté de sa chair.

On a parlé des chevaux sauvages de Sant-AntioCo, mais cette race , qui existait encore il y a soixante-quatre ans (2), est maintenant tout-à-fait perdue.

Le renard, le chatsauvagc, le lièvre, le lapin, la martre, Rmird. du» sont, de même que les animaux que je viens de nommer, S“”8~^r *beaucoup plus petits (pie ceux du continent; le renard appartient à l’espèce que le prince de Musignano a désignée soùs le nom de canis melaYiogaster, dans son Iconographie de la Faune italienne ; la belette, appelée boccamele par les habitants de l’îlc , est de même regardée par le prinCe de Musignano comme une espèce particulière et distincte de. la belette vulgaire. Les autres quadrupèdes sauvages sont le hérisson, le lérot, une musaraigne et quelques espèces de rats et de chauves-souris, parmi les-

(l) Quant à la moustache dore'C que leur donne M. Valerv, voyez

ce qui a été dit ci-dessus, p. 75, note i”.

(a) Un de mes grands-oncles, qui fut vice-roi de Sardaigne ,

de 177a à 1775 , reçut en présent un de ces chevaux sauvages pris

à Canai dans file de Sant-Antioco. Cet animal était très petit, mais

svckc ; il avait le poil long et roux ; il était méchant et indomptable ;

il mourut de chagrin peu de temps après sa captivité. Je crois que

r’est le dernier cheval sauvage que. l’on ait pris dans file.

Cil AP. VI. — QUADRUPÈDES. 173

quelles M. le professeur Géné en a découvert une dont les membranes sont bordées de blanc. Le loup manque en Sardaigne de temps immémorial , ainsi que le blaireau , la taupe et plusieurs autres animaux nuisibles.

Les oiseaux les plus remarquables sont les vautours , ouam. dont on compte trois espèces, le fulvus, le cinereus et le barbatus ; le petit vautour, si commun en Égypte ( perc nopterus), paraît ne pas se rencontrer en Sardaigne (1).

Parmi les aigles, on en voit en Sardaigne un d'une Aigle», grande espèce ; comme elle a échappé long-temps à mes poursuites , je me suis toujours flatté de rencontrer en elle Y aigle impérial (Jalco imperialis) , qu’on m’a dit avoir été trouvé en Corse, et que je pouvais par conséquent espérer de trouver en Sardaigne ; mais cette belle espèce ne s’est pas encore vue en cette île; j’eus en revanche quelques individus de Y aigle royal , dont un jeune , qui mourut dans le transport des montagnes du Gennargentu à Cagliari. Les pâtres de ces régions éle- / vées le distinguent des autres oiseaux de proie.

Il existe en Sardaigne un petit aigle, mais ce n’est pas Aigle Boum, le jalco- ncevius (aigle criard), c’est une espèce teutà-fait nouvelle, connue depuis peu sous le nom de falco Bonclli.

Ayant disséqué moi-même à Cagliari, en 1823, les deux individus qui servirent à la description de cette espèce, qui fut si justement dédiée par M. Tcmminck à mon savant ami, le professeur Bonelli, j’ai trouvé dans ,

(t) J’ai eu occasion de remarquer, pendant differents voyages que j’ai faits dans les îles de la Méditerranée , que les grandes espèces de vautours et les petites s’excluent réciproquement. En Sardajgne , ou les trois grandes espèces' de vautours dominent, ou ne voit pas le perenoptère ; je crois qu’il en est de même en Sicile; à Malte et aux îles Baléares , je n’ai vu que ce dernier, et j’ai en vain cherché les grandes espèces. •

l'estomac de chacun d’eux des restes de foulques ; j’ai ensuite découvert le nid de cet aigle, et j’ai reconnu qu’il -aime le voisinage des marais et qu’il a d’autres habitudes particulières (1). On trouve en Sardaigne l’aigle pygargue, qui niche dans les rochers de la Nurra ; le jean-le-blanc, qu’on voit à l’île de San-Pietro et le long des côtes ; enfin le milan et plusieurs petites espèces du genre Jalco. La cresserellette, qui est commune en Sicile et en Calabre, a échappé jusqu'à présent à mes recherches. Mais en revanche la Sar- Nou»*Uc «- daigne parait posséder un oiseau de proie propre à la faude faucoo. conner;e) dont j’ai pris dernièrement deux individus et des œufs sur l’écueil dit le Toro. Cette espèce, paraît nouvelle • pour la science; mon confrère M. le professeur Géné ,

auquel je remis ces oiseaux , vient de lire à l'Académie des Sciences de Turin (2) la première description de ce faucon (3), pour lequel je propose le nom de Jalco Eleonorœ, en l’honneur de la législatrice d’ Arborée, qui fait, dans sa

(i) De nouvelles observations que j’ai faites sur un grand nombre d’individus de cette espèce depuis que j’ai publié, dans le vol, de l’Académie des Sciences de Turin, un Mémoire sur les habitude^ et le changement de plumage de cet oiseau , m’ont confirmé dans mon opinion à cet égard. M. Barthélemy, directeur du musée de Marseille , a eu occasion de faire les mêmes observations'sur plusieurs individus de cette espèce, qui habite aussi la France méridionale; j’en ai vu un vivant dans le jardin public de Barcelone; on l’a trouvé aussi dans l’Afrique française; mais il n’a jamais été ** observé en aussi grand nombre qu’en Sardaigne, d’où, à ma connaissance , il en est déjà sorti plus de cent individus depuis que je l’y ai observé pour la première fois en i8a3.

(a) Séance du 5 mars i83g.

(3) Au dire du visitateur Carillo , les rois d’Aragon estimaient beaucoup les faucons de la Sardaigne , surtout de l’Asinara ; on voit près de là le Capo-Falcone ; l’île de San-Pietro, qui est près du lieu où j’ai trouvé ce oiseau , était nommée par les anciens ; Insula Accipitrum ou Hyeracon.

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' CnAP. VI. — 'OISEAUX.

Carra de Logu, défende de dénicher cel oiseau, sous peine de la prison ou de trois écus d’amende. . * '

Les autres oiseaux les- plus remarquables sont l ctour- Étournmu mùneau unicolore, qui est pour ainsi dire particulier à la Sardaigne, et les fauvettes ( sylviœ Cetti) (t) (sardoa e t conspicillata) , que j’ai découverts en 1819, et qué.

M. l'emminck a bien voulu consigner dans la seconde édition de son excellent Manuel ornithologique. Le merle et la grive sont extrêmement commun», ainsi que le’ pigeon ramier et le biset (2)/

On fait une chasse et unè consommation surprenantes de ces quatre sortes de gibier. - ;«

La canne pelièrc., ou petite outarde , et l’œdicnème , GaUimcfc. habitent les plaines et principalement le Campidano» d’Oristano, tandis que la perdrix de roche, perdix gambra, se trouve partout : cette espèce, que l’on a fort mal à propos confondue avec la perdrix rouge, est la seule de ce genre en Sardaigne > on y trouve la caille commune , qui y. est stationnaire-, majs la caille- tridactyle , le ganga et le francolin n’y ont point encore paru , quoique le cli- . . mat leur sçit très favorable.-.

O) Le P. Cetti ayant parle le premier de 1 'àsignolo di fui me., qn’il n’a pas décrit, mais que j’ai reconnu bien distinctement comme , ' t*,.

une espèce différente du rossignol, ordinaire, j’ai cru m’acqüitter d,’un dqvoii; bien juste envers ce naturabstc. en luî dédiant cette ‘ espèce ; je l’ai fait doutant plus volontiers que, la' disjinction qu’il a faite des deux rossignols, dans son ouvrage intitulé Iferelh di Sardegna , lui a valu d’injustes reproches de la part d’un auteur* qui l’avait suivi , et même un peiT trop fidèlement, dans tout le resta -,

dé son ouvrage. ■" . . * • ^

(a) M. Mimaut a été induit en errehr sur le nom de tidus ou tidoni, qui serait donné en Sardaigne aux variétés de biset, de ramier ét de palombe ; le» Sardes , qui connaissent le biset sous Jç nom de 1 columbu aresti (pigeon sauvage), lie donnent celui de tidoni qu’au . * vrai ramier. . . • * . ’• • . ....T

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«76 LIVRE II. — JIB9GMPTION l'IIVSIQUE.

Parmi 1rs nombreuses espèces tl oiseaux aquatiques (fue Filmants* possède la Sardaigne,, le Ramant (p/urnicoptcrus ruber)

. . mérite cerlalnemènt une mention particulière. Il émigré en grande partie vers la lin de mars, pour reparaître constamment dès la moitié d'août c’est alors que, du haut du bastion qui sert de promenade aux habitants de Cagliari * pn voit arriver d’Afrique des volées de ceS magnifiques oiseaux. Disposées comme celles des canards sauvages, en bandes triangulaires, elles se. montrent d'abord comme une ligne de feu dans le ciel folles s’avauccnl dans l'ordre le plus régulier; à la vue de l’étaug voisin , qu'elles reconnaissent pour leur ancien domaine, elles ralentis- . sent leur marche et paraissent un instant immobiles dans Jepairs; puis, traçant* par un mouvement lent et circulaire,

* . une spirale conique renversée, ellos atteignent le terme de leur émigration. Brillants alors de tout l’éclat de leur parure flamboyante, çt rangés sur une même ligne, ces oiseaux, offrent un nouveau spectacle et représentent très bien une petite armée en ordre de-bataille, qui ne laisse rien à désirer pour l'uniformité st la symétrie ; niais le , spectateur doit se contenter; pour le moment, de çontem- * ; pler de loin cette colonie. paisjbje : ihalheur à lui s’il ose abordef l’étang dans cette saison, funeste!

Aulrr. nUrtux 9 Par un contrasté aussi singulier que, Constant , aux flamants, venus des région s australes, succèdent de fort près les. oiseaux du No^d : le mois d’octobre est à peine commencé que .les -cygnes, les oies et des milliers de cafards arrivent en Sardaigne comme à un rendez-vous général. On distingue surtout le cygne sauvage , l’oie sauvage, les c'apards sifflçur, siffleur buppé, couronné, etc. : tous viennent peupler les étangs salés de l’île et animer leurs ondes. . (1) •

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*•) Le canard cohrotmé, qnoîqnc pen commun, niche dans l’île, ainsi qu« le canard tadorné. . • ' 1

aqua(i<|ari.

CHAP. V!. OISEAUX. 17t.

. C’est également à la même époque que paraissent en plus graud nombre les différentes espèces de hérons, parmi lesquelles on distingue la grande et la petite aigrette, le héron cendré , le pourpré, le crabierde.Mahon, le blongios, le butor et le bihoreau-, les grèbes; les. cormorans et les foulques sont également très nombreux en hiver; .on trouve encore dans- les roseaux qui bordent les marais la brillante poule sultane (le porphyHon des anciens) ; j’en ai chassé plusieurs et même possédé une en vie. >,

La Sardaigne ne tonnait pas les vipères ni les autres Rrptilc. serpents venimeux; on y trouve seulement les coluber viridi-jlavus , flavescetis et hippocrepis , ainsi que les natrip viperina et cetti : cette dernière espèce , qui paraît très rare, n’y a été trouvée que dans ces dernières années par M. le professeur Gêné, qui en a donné une description dans des Mémoires de l’Académie des Sciences de Turin (I). La grenouille comestible',- très commune en Corse, manque entièrement à la Sardaigne , elle y est remplacée par un discoglosse que les Sardes redoutent beaucoup.

Un phyllodactyle^ une notopholis, une espèce de lézard du genre Podacris , le gongyle- ocellé , connu des indigènes sous le nom de tiligugu ; le gecko des murailles , l’hétnidactyle verruculeux, le cr’apcau vert, la rainette, deux salamandres aquatiques et trois tortues composent jusqu’à présentée reste de l’Erpétologie de l’île.

La tortue de mer se rencontre surtout le long dei'CÔtes baignées par la mer Tyrrhénienne ; la tortue de terre est très abondante dans l’île de l’Asinara; j’en ai vu. d’une grosseur remarquable dans la presqu’île deFigari.

Parmi les amphibies les plus remarquables , nous citerons les deux espèces de phqques rnonaeti et vitulina, qui habitent principalement le$ cavernes marines des en- ; > -* 1 — : ; ' ■ . -

Poitsoni.

Mulluiquci.

Ioj«cI«.

Sco/pion.

% Tarmtulr

virons de Dorgali et d’Orosei. On en voit quelquefois à Sant-F.lia, près de Cagliari, à l’île de San-Pietro et sur les rochers de laM'urra, qui sont battus par les vagues. Les îlots du Catalane, ou Coscia-di-Donna , et ceux idu Toro et de la Vacca sont presque toujours habités par ces animaux. • - •

Parmi les poissons d'eau douce , on remarque la truite', qui y est très estimée; l’alose, qHi remonte le Tirse jusqu'à Fordungianus , où elle est connue sous le nom de sà,boga, et l’anguille, qu’on pèche en quantité dans lés rivières , mais surtout dans les étangs salés. On trouve' encore dans ces derniers plusieurs poissons fort délicats, dont les plus estimés sont les muges. • • •’>

La mer de Sardaigne est également très poissonneuse , surtout dans les parages de l'île de la Madalena , où Je fond , qui est granitique et exempt de vase, paraît attirée de préférence une grande quantité d'espèces , telles que lès murènes, les soles, les sparcsT les loups et autres. Le golfe de Cagliari est également riche en poissons. las thon , l'anchois et la sardine sont l'objet de pêches particulières. • • y '

Les mollusques et les coquillages de .terre', d'eau douce et de. mer, s’y trouvent en très grande abondance;' plusieurs espèces de ces animaux: sont nouvelles pour la science et particulières à l’île, . • • ’• ■ ■> t * .

. Mous diviserons i.ci. les insectes de la Sardaigne en nuisibles , incommode (, et inoffensifs. . '

Pariai les premiers ; nous citerons le scorpion : il ne diffère en rien de ceux que l’on trouve en Italie ; il ne paraît pas cependant bien dangereux. La tarentule de la Sardaigne y porte le nom d ’argia ou qrza; mais ce nom est appliqué noti seulement à la plupart des grosses araignées, et principalement à la mygale jbdiens Çiÿ alck.), à la Ijcosa tarant ola et au theridion 1 3-guttatum (Lal.j, mais encore

ChAP. VI. —.'INSECTES. 179

aux mutilles femelles. Quant aux distinctions que les Sarrdes font entre Vargia bdgadia (vierge), Vargia cojnda (mariée), et Vargia viuda (veuve), elles paraissent se fonder sur la différence des espèces plutôt que sur les différences d’âge du même inseéte > ainsi qu’on a ,1a simplicité’de le croire. Les paysans d’Iglésias appellent argià bagadia toute fejnelle du genre Mutille , argia cojada le theridion i3-guttalum, argia viuda la mygale fodiens , et parfois la lycosa tarantola; mais dans d’autres parties de l’île , ces noms , à l’exception du premier, qui paraît constamment désigner un mutille, sont appliqués tantôt èil’une, tantôt à l’autre des espèces que nous venons de citer. . , '

On exagère d’urie manière étrange dans l’île les conséquences de la morsure ou de la piqûre de ces insectes, surtout en ce qui regarde les mutilles et les theridions ; cependant l’on y croit opiniâtrement, et parirti les différents remèdes que l’on est en usagé de faire à ceux qui eh sont mordus ou piqués, on compte celui de les mettre dans un four passablement chaud , de les enfoncer dans le fumier, ou de les faire danser jusqu’à épuisement de forces , remèdes dont il sera parlé ci-après.

La sauterelle, dévastatricè des moissons, fait souvent siui^Um. de grands ravages dans l’île, surtout dans la province d’Iglésias et de-Gallura. J’ai en occasion de voir des étendues de plusieurs lieues où lès champs en maturité étaient tellement dévastés qu’on ne voyait plus que les tiges des . .

céréales : les fedilles et les épis avaient entièrement disparu sous la dent vorace de ces animaux , réunis par myriades. • ' ' *

Les lieux proches de la côte et des marais abondent en cousins; mais de tous les fléaux de ce genre, celui qui Cou»i« «t m’a paru le plus insupportable , c’est l’énormè quantité de rut” puces dont lés habitations et les rues fourmillent pendant

plusieurs mois de l'armée’: aussi, dans la plus grande partie de mes courses , j’ai toujours préféré coucher e’n pleine 'campagne que d’entrer dans les habitations et même dans les cabanes des bergers. • . t< ( '

Parmi les insectes non nuisibles, nous distinguerons a brille ri pa. d'abord V abeille, qui est assez répandue : elle paraît devoir être rapportée a 1 apis ligustica de M. Spinola; on trouve , dans les montagnes des papillons assez rares et curieux , tels que le jasius et quelques espèces décrites par M. Bonelli, d’après les envois que je lui «avais faits (I), desquelles il faudra ën ajouter une nouvelle récemmehl * trouvée par M. le professeur Géné , et décrite par lui sous

le nom d'hospiton. Plusieurs autres coléoptères et hémiptères de l'ile ne paraissent pas avoir été jusqu’à présent trouvés ailleurs. •

M. le professeur Géné a cru pouvoir observer, à la suite de quatre voyages consécutifs qu’il a faits en Sardaigne, que l’entomologie de cette îlej quoique riche dans son ensemble, présente des lacunes qui méritent d’ètre signalées. Le genre Mylabris paraît y manquer entièrement , où s’il existe il est bien peu répandu , puisqu’il a échappé jusqu’ici aux recherches de tous les naturalistes qui ont visité l’île à différentes 'saisons. Le groupe des lcucoméliens et le genre Mclitaea n’ÿ paraissent pas exister non plus. M. (2ëné pense qu’on peut en «attribuer . la cause à la marche tardive de la végétation el au dessèchement subit de la plus grande partie des graminées, des solanées et des plantaginées, dont la plupart de ces

Observa lions generales.

(i) Sous les noms de vanessa ichnusa, argynis cyrene , sntyrus aristœus, S. jolaus, S. tigellius, S. norax. ( Mémoires de r Academie royale des Sciences de Turin pour l'arinc'c 1894.') y oyez , pour ces noms, comme pour celui A'hospUon, l’Aperçu historique eu tète de ce volume. '

'• CIIAP. VI..— 7 INSECTES. . 18t

insectes se nourrissent: ce dessèchement a lieu bien souvent dès la moitié, de juillet, et il est alors complèji En • revanche,, la Sardaigne est très riche en insectes qui témoignent de la présence des plantes légiiminepses, des composées, des éricinées, des tamariscinées , etc., etc.,

Il faut encore ajouter à’ceux-ia les insectes qui aiment les sables du littoral et les terrains salés.

Les coraux, les polypiers et autres productions marines 7x»Vi.jta sont en assez grande abondance dans les parages de la * * Sardaigne ; je ne m’étendrai pas cependant sur ce sujet , n’ayant pu en faire l’objet de recherches spéciales : a#' *

reste , les indications que je Viens de donner sur ce qui appartient au Tègnc animal en Sardaigne sont, suffisantes pour ce volume. - . f 1

Je ne m’occuperai pas d'avantage de la zoologie sarde . dans mes autres publications sut l’îlc en question , et «i quelques personnes sont tentées de voir en cette détermination l’intention de manquer aux engagements que j’ai pris il y a- quelques années (.1) de consacrer un volume . , aux animaux de la Sardaigne,. je les prie de considérer - • que je cède la plume à une personne plus compétente que . ' moi en. pareille matière. Mon savant confrère M. le professeur Géné étant sur le point de publier une faune oom-'. * plète de l’île , fruit de quatre voyages consécutifs qu’il y fit par ordre du roi , çt de ses laborieuses recherches , hj science gagnera ^ous tous les rapports à oette renonciation, que je fais avec le plus grand plaisir en faveur d'un collègue dont j’ai ph apprécier le mérite.- " . • .

(i) y oyez p. 4 de l’Introducfion de la -première édition de c«. même volume, faite en 1826

VIN nu LIVRE- SECOND.

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