CHAPITRE III
Langue. »
, Origine de langue.'
Carnet ère la huçuc.
i» La langue sarde est composée de différents dialectes qui peuvent se réduire à deux, celui de Cagliari et celui de Logudoro. Appartenant incontestablement à la grande famille des langues romanes, cet idiome peut même, sous quelques rapports, prendre place parmj les dialectes italiens.
Il est bien plus harmonieux que le piémontais , le génois , le milanais , et que les autres dialectes du nord de la Péninsule, et se rapproche davantage du sicilien, du napolitain et du romain.
•i* •• Tous les mots de la langue sarde finissent par des voyelles ou bien pai* une des deux consonnes s.. et t, caractère quelle tient du latin , dont elle a retranché les autres terminaisons moins agréables ; mais si elle a conservé une grande quantité de mots de celte langue ,(1), et peutêtre plus que tous les autres dialectes qui en sont dérivé».,
(i) Parmi les phrases et le» mots de- la langue latine qui n’ont pour ainsi dire souffert aucune altération dans le sarde, nous citerons : Va mihi duos panes ; Columba mea est in domu tua ; cras , Veus, menrn, etc.; d’antres mots n’ont perdu que la finale m au singulier, mais ils prennent une s au pluriel : tels sont domu , cenlu , papa, tantu, loru ; plusieurs enfin n’ont subi que le changement des lettres v en b, et l en d ■■ au lieu de villa on dit bidda ; au lieu ■de ventre, on dit beniri-, de sorte qu’on peut egalement appliquer . aux Sarde» ce bon mol de Scatigcr si connu :
qutltus vivere est Irdtere.
CUA1*. Ht. t- JLANGUK. ' 199
eUceu a, moins que tout autre, conservé les caractères grammaticaux. - ^ ‘ '• .
Elle n’a de temps simples que le présent et l’imparfait-, tous les autres sont composés à l’aide des verbes auxiliaires. Elle manque de parfait défini , auquel elle supplée par le plus-que-parfait, qui par -conséquent joue deux rôles dans cette langue. ■ • . - ,' *•
Le futur sc compose du yerbe- auxiliaire (tvoir avec Fui l’infinitif, précédé. de la préposition «: l’on dit hap' a fcriri, hap’. a liggiri; littéralement , j’ai à écrire, j’ai à (ire, pgur j’écrirai, je lirai.
Cette particularité, dont on trouve les analogues dans ' l’allemand, l’anglais, le "grec moderne et dans d’autres' langues, paraîtra moins singulière à ceux qui pensent que le futur des Italiens et des Français a passé par la même forme pour arriver à celle qu’il a maintenant. Selon cette opinion, ‘On aurait d’abord dit : en italien, amar ho, amarhai, amar ha, amar avemo , ensuite amaro , am(trai, amar à , amarenio, et enfin amero, arriérai, amcrà, nmcremo, et en français’ aimer ai, aimer as , aimer a, aimer avons , ou ons, etc., avftnt que de dire aimerai , aimeras , aimera, aimerons, etc.
Quelques écrivains ont cru reconnaître dans la langue sarde une grabde quantité de mots dérivés du .grec. Quoique la plupart de ces étymologies soient forcées et quelquefois absurdes, il reste pourtant une quantité suffisante de ces mots (1) poûr faire conjecturer que le grec a