chapitre IV
Terrains jurassiques.
Tous les dépôts des terrains stratiliés, qui sur le continent prennent place après le terrain houiller, dans la série des formations, et qui constituent les groupes importants du Grès rouge (1), du terrain Permien, du Trias, et peut-être même du Lias, semblent manquer complètement à la Sardaigne. Ce hialm, qui est un des traits caractéristiques de la géologie sarde, est d’autant plus remarquable, qu’à partir des dépôts supérieurs au Lias, ou pour mieux dire, à partir de l'Oolite inférieure, nous retrouvons en cette tie une série de couches secondaires , qui oifrent un mélange de fossiles appartenants aux divers étages du terrain de l’Oolite , pris dans son ensemble.
Nous sommes bien loin de> penser que notre opinion sur cette singulière et importante lacune, soit tout-à-fait sans appel, puisque nous n’avons pas la prétention de croire que le sol de l’tle ait été tellement exploré par nous, tju’il ne puisse y rester encore des terrains à signaler; mais nous avons des motifs puissants pour penser que si jamais on parviendra un jour à découvrir en Sardaigne des dépôts d’un âge plus récent que le terrain houiller et plus ancien que l’Oolite inférieure, ces dépôts se trouveront de préférence dans la partie S-0 de l’tle; celle qui est située entre la base occidentale du groupe
Graodf lacuoc.
Terrain* à eipiui tr.
(t) Nous aurODS occasion de signaler l’exislence d’un porphyre que nous croyons rapporlej à t’epoque du Grès muge.
Indirilioiis tur ce ternin.
.Vo/rtjjAe Ârriu.
IIG CHAP. IV. — TBBBAIÜS IBBASfilQtIBS.
silurien, dont le iknte Serero est le point culminant, el la plaine du Sulcis, dite d’dnresi. C’est la seule région où certaines roches de sédiment, qui ont un aspect secondaire très-prononcé, ne nous aient pas offert les moyens de les explorer d’une manière satisfaisante; c’est pourquoi nous les signalons particulièrement à l’attention des géologues qui nous suivront dans nos recherches en cette tle.
Le terrain dont il est question, forme une bande étroite, placée au bas d’une petite chaîne dirigée N-S, qui borde la plaine d’dreii à l’est, et qui se termine vers le nord entre les hameaux de Gibbas et de Pixinas. Nous ne pensons pas que ce dépèt constitue, la véritable chaîne dont il s’agit, puisque le Soraghe de Giaragiara, qui est un de ses points les pins élevés, nous a paru reposer sur une alternance de schistes et de calcaires silufiens (t) , et qu’une autre cime de cette' petite chaîne, qui' porte le nom de Pmita qcusza, parait appartenir à un terrain tout différent du secondaire-
Celui dont nous entendons parler en ce moment, se présente sous l’aspect d’un calcaire stratifié, ordinairement compacte, de structure tantùt csquilleuse, taotùt suberistallim',d’un jaune roussàtre mélangé de rouge et de blanc, avec des veines de spath calcaire blanc. Le Noraglie ArriM, dont nous avons fait mention dans notre seconde |iartie, page 36, et qui ligure dans l’atlas des antiquités sardes, pl. V, fig, 4, est formé de blocs volumineux de ce calcaire , qui y prend la structure d’une brèche. C’est contre ce monument que fut récemment b&tie une église rurale, dédiée a Sainte Antte. En avançant vers le nord, on voit, à l’est de l’église de S. Giovanni Maxsainas, ce même calcaire former des bancs très-prononcés, et y
(I) Nous asons sisilr ce Noraghe pendant no« travaux pendesitpips, ni IS:M, nous n v sommes pliis^retourncs depuis lors.
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MOWTB DE S'*COU* CALBNTI. IP
prendre un aspect presque cristallin. On suit ce môme dépôt jusqu’auprès du hameau de Gibbas, où se trouvent des fours à chaux; là le calcaire repose sur un grès à gros grains, contenant des fragments de roches siluriennes; ’ ce même terrain parait se rattacher vers l’ouest à certains grès à petits grains, qui forment de légères ondulations du sol, entre S. Giovanni Massainas et le village de Paltnas; plus vers le nord, il se lie à un monticule qui s’élève près de la bourgade de Pirinas.
Ce monticule port» le nom de Monte de s'Acqua ralenti u. (mont de l’eau chaude), à cailse d’une source thermale qui surgit à son pied oriental, dont nous n’avons pu mesurer la température, faute de thermomètre; et qui paraît sortir du point de jonction du calcaire avec la roche trachyti((ue. Ce calcaire, dans lequel il^ious fut impossible de trouver des fossiles, est compacte et il se distingue au premier coup d’œil du calcaire du mont Mnrceci voisin, qui appartient au système silurien (I). Celui dont il est maintenant question, présente tous les caractères d'une roche secondaire. Ce mont parait former la partie septentrionale de la bandé de terhain que nous envisagerions volontiers comme d’une origine bien plus récente que les terrains siluriens. Quoique assez récemment, c’està-dire dans les années 1846 et 1852, nous ayons fait expressément deux excursions consécutives dans ces localités, pour éclaircir nos doutes sur ce terrain, toutes nos recherches pour y repeontrer des fossiles furent in-* fructueuses; c’est pourquoi nous nous abstiendrons d’en parler davantage, et nous nous bornerons à signaler oette curieuse bande à l’attention des géologues qui visiteront nie de Sardaigne après nous. ^
(I) Voyei ci'dcsius, pigi* S7.
de i'Âcqua catenti.
CRAr. IV. — TBRMINS IgJMSftlOCBft.
Monte Zari.
Sa runipoftiüoii.
Fossile».
Banc principal.
Groupe île tOolile inférieure.
Parallèlement à la bande que nous venons de signaler, on voit surgir à l'ouest de la même plaine d'ire», une autre petite chaîne, dirigée comme celle-là, du sud au nord , dont la hase occidentale est baignée par les eaux du golfe de Palmat; elle porte le nom de Monte Zari. Cette pélite chaîne, ainsi isolée, peut avoir trois milles géographiques de longueur, sur un demi mille de largeur; sa plus grande élévation ne dépasse pas 200 mètres d'altitude telle se termine, au nord, par une petite baie connue sous le nom de Porto Botte et. au sud, par un promontoire dit Putita tli Monte Zari et par le Porto Pino.
La roche dont se compose le Monte Zari est un calcaire qui , en général , est compacte et d'un blanc jaunâtre D I ; elle renferme quelquès points spathisés blancs, qui paraissent dus à des restes d'encrinites. En plusieurs endroits, cette même roche contient des rognons de silex brun. Les fossiles y sont très-rares B 2, et ce n'est qu'avec beaucoup de peine, quê dans trois excursions successives,, faites récemment en cette région, nous parvinmes à recueillir les espèces suivantes.
Belemnites sulcatiis Blainv. — B. sp. — Avicula Münsteri Brn. — Lima Hector d'Orb. , pl. E, lig 2. — L. sp. nov., 6g. 3. — Pecten Cejihus d’Orb.? — P. tegulariut Mgh. , 6g. 4 b. •P. disciformis Schlibl. — Ottrpa obliqua Lk., 6g. 4. — Terebratula omithocephala Sow. — Pentacrinus vulgaris Schlt. — P. pentagonalit Gldf.? — Serpula? sp.
Ce qu'il y a de remarquable, c'est le gisement de ces fossiles, et surtout de YOstrea obliqua, que nous n'avons rencontrée que sur les plus hautes rimes de cette petite chaîne, où furent placés deux signaux géodésiques par les ingénieurs du cadastre. Ce fait singulier provient probablement de la continuation d'un même banc fossilifère tout le long de la crête la plus élevée, qui court du sud
8B0VPB BB L'OOLITB MOfENNB. 1 19
au nord, ainsi que toute la chaîne. En effet, la stratification de tout ce calcaire peut être regardée comme dirigée N-S. A la partie la plus méridionale de ce mont, les bancs de cette roche sont fortement redressés; ils prennent une teinte de gris bleu&tre 3 ; ils sont recouverts pu^ des assises de grès quaternaire, également très-disloqiq^s, ou bien 'par des . dunes d’un sable jaunâtre , que nous regardons également con\me quaternaire, ainsi que nous le' dirons ci-après.
Voici maintenant une esquisse de la plaine d'Ar«n et du Monte Zari dont il vient d’être question.
Fig. 19.
A Neragke di Giaragian ; B EglÎM de 5. jinn» et Noraghe jdrriu; C signal da Monte Zari; D Plaine d’uireei; g granité; t terrain silurien; c calcaire d’aspect secondaire; c' calcaire jurassique du Monte Zarif c"banc calcaire à silex ; g grès et sables quaternaires.
Autres dépôts dt l’ Chiite inférieure.
Maintenant, pour retrouver un terrain analogue à celui du Monte Zari, il faudra remonter vers le nord, presque toute la cête ôccidentale de la Sardaigne; et ce n’est qu’à quatre milles géographiques avant d’arriver à la ville d’Algliern que l’on peut rencontrer un calcaire compacte d’un blanc jaunâtre, altéré et pénétré par des veines de calcédoine, ou bien induit d’une couche mamelonnée- de cette substance D 4. Le lieu dont il est question, porte le nom de La Speransa, qui est celui d’une petite église rurale voisine ; il est connu dans le pays pour ses belles
Calcaire
de La Speraftta.
130 CHA». IV. — TEBBAINH lUBABSiOllES.
calci-doines concrélionoes on forme de stalactites, ou stratifiées et par ses géodes de calcaire spathique cristallisé D 5. Toutes ces substances ne sont pas, à ce qu'il parait, contemporaines du calcaire en question; nous , pensons qu elles datent de l’époque de l’apparition des
trachyles anciens, qui dans cette région sont très-développés. La roche calcaire continue à se mo^rer presque sans interruption tout le long de la céte, et elle constitue le sol sur lequel est bâtie la ville A'AIghero.
Ko.hr A’Mfhfro, Le point le plus propre pour bien étudier cette roche, est tout-à-fait contre la mer, au sud du bastion </ef/o SperoMc c’est un calcaire compacte, gris-cendré, contenant des rognons et des veines de silex brun /> 6, 7; ses bancs, fortement redressés et presque verticaux, sont dirigés N-S comme ceux du Monte Zari, avec lesquels ils ont la plus grande amdogie de com|>osition, surtout par les fossiles qu'ils renferment et nous dirons même par l'extrême rareté de fossiles. Effectivement, c'est avec la plus grande peine que nous sommes parvenus à recueillir en cet endroit (|uelqucs débris de coquilles et de polypiers imparfaitement conservés, restés en saillie sur le rocher battu par les vagues et décomposé par les agents atmosphériques. '
FoifUri. Parmi cés fossiles nous noterons la Lima Hector d'Orb.-, pl. E, fig. 2. — L. duplicata Dsh. — L. sp. nov.? fig. 3. — Pecten Lacazei Ilaim. — P. disciformis SchUbl. — Ostrea obliqua 4. — Penlarrimts basaltiformis MUll.?— Endeo sp.
Il pst éertain, qu'avec un si petit nombre de fossiles, assez mal conservés pour la plupart , il y aurait de la témérité à vouloir assigner au calcaire de la ville d’AIghero une position géologique certaine; mais nous observerons que ce calcaire, accompagné de silex brun, prend tous les caractères de celui du Monte Zari; et que parmi les huit espèces de fossiles que nous avons recueillies , quatre d'entre elles ont déjà été trouvées dans cette dernière localité Mious ajouterons que ces mêmes fossiles paraissent de nouveau dans
K. CIOKGIO DR Lt \L'DR«.' ^ lil
une région voisine, dont nous allons bienlAt nous occuper, et qui se trouve placée sur le prolengemeut d'une ligne qui, tirée du sud au nord sur la carte, joint le Honte Zari au Honte di S. Giorgio, en passant par AlgJtern, où la direction des couches calcaires court dans le même sens. x ^ ■
Le terrain dont il est question, cesse de se montrer Monte -tunne ' lorsqu’on quitte la ville A'Alghero; à peine il continue un''^°”*' ,
peu vers le Honte Aguese, qui est formé d’un calcaire blanc-jaunâtre que nous penchons fortement à regarder comme crétacé plutôt que jurassique. Nous avons à plu- ’ î »
sieurs reprises (t) parcouru en tous les sens cette colline; . * il noüs fut impossible d’y trouver la moindre trace de fossile, ainsi querlans le calcaire du .tfon/e CorWa voisin; mais nous avons des puissants motifs pour croire que les calcaires de ces deux monticules doivent de préférence être rapprochés de celui d'OImedo, dont il sera question dans le chapitre suivant et qui appartient sans aucun doute au terrain à hippurites.
Voici d'abord une vue générale des monts' calcaires Vue ;;rtiéralr. des environs d'AIghero, que nous avons prise dans le temps, du sommet de Seala IHccada, sur le chemin de Yillamii'rt Montelerine.
a ville A’jdlgheroi b Monte Dogtia; e Monte det Timidone; d Tour Je La Peijiiaj e Tour du Giglio; f entrée du Porto Conti; g Cep
(I) Non» y finie» encore une excursion tout exprès en juin 1855.
üorm
Direction
et inclinaÎKiD dei couches du Monfe Doglm.
ISS CHA*. IV. — TEUAIN8 IGBASSIOUBS.
de la Cacciaf h extrémité lepteDlrionale du Porto Conli; i étang DtUe Ptschtere; k Mont du Caporone i Ut monta traohytiqaea de la Scala Piccada , au aud A’Àlghero.
Groupe de l'Oolile moyetine.
Lorsqu'on sort de celle ville pour aller v^rs le nord, les yeux de l’obscrvaleur se portenl sur un raonl conique , qui s’élève au-dessus de lous ceux qui l'entourenl vers l’ouesl el qui domine la plaine vers l’csl; c'est le MotUe Doglia ou d'Oglia b, sur lequel nous élablimes dans le lemps notre signal Irigonomélrique, à une allilude de i35 mèlrcs. Pour s'y rendre, on parcourl en premier lieu le bord de la mer, le long d’une plage sablonneuse , bordée à l’esl par un grand élang, dit deile Peschiere i: cel étang communique avec la mer et en ce lieu se trouve un pont d'une longueur considérable. Sitôt que l'on a dépassé ce pont, on rencontre un terrain rocailleux, formé do. calcaire compacte, d’un blanc jaunâtre, dans lequel nous n'avons pu rencontrer de fossiles: mais sa parfaite identité et sa concordance avec le calcaire du Monte Doglia, qui est tout près de là, l’indiquent comme jurassique.
Pour arriver de l'extrémité du pont au pied du Monte Doglia , on peut suivre deux chemins , un par l'est, l'autre par l’ouest; en prenant le premier, on parvient, au bout d'une demi heure de marche en plaine , à la base orientale du mont el on reconnaît bientôt que les couches, dont il se compose, sont dirigée^ du NO au SE, avec une inclinaison au SO; si, au contraire, on arrive au pied occidental du Monte Doglia par la plaine qui le sépare de Porto Conli, on voit les couches de cette montagne, tout en conservant leur direction normale NO-SE, s’incliner au NE ; de façon que tous ces hancs prennent une inflexion vers l'axe central de la montagne , ou pour mieux dire, en bateau; comme on peut le voir dans la igurc SO, page 121 ci-dessus.
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MOirrii GBB».
La niasse principale, qui est en nitlme temps la partie ii>ue ciioiie. supérieure du mont, se compose du même calcaire compacte blanc-jaunâtre, que nous avons déjà signalé à la sortie du pont; il est eu quelques points un peu oolitique D* < ; les fossiles y sont rares et difiicilemeut déterminables; nous y avons cependant rencontré des Kérinées et d’autres coquilles que nous croyons maintenant pouvoir rapporter au terrain jurassique.
Sur les deux versants, est et ouest, du Monte Doglia, c^t couleur inférieurement 'aux couches calcaires, on voit paraître, surtout du ctité de Porto Conti, un ^és stratifié, violacé eu lie-de-vin; ce grés est quartxeux, argileux et micacé; il forme toute la plaine qui s’étend à l’ouest tout le long de la mer. C’est dans les bancs de ce grès, que. nous recueillimes l’échantillon D* i de notre collection. Cette roche se voit à découvert tout le long du rivage; elle supporte la tour abandonnée de Porticcuolo.
• Au bas du 'versant oriental du Monte Doglia, les bancs s< cogunuauoo. calcaires arrivent près du niveau de la plaine; mais en fouillant avec attention le sol au milieu des broussailles
qui le recouvrent, op finit par reconnaître, aussi de ce côté, l’existence du grès violacé, que nous avons déjà signalé à la base occidentale du môme mont.
Au reste, le même grès reparaît bientôt plus au nord, du ir.c«ra. à quelques milles de là, au pied d’une colline, dont la stratification est très -tourmentée, dite Monte Géra (ou Gim», et même Zera)\ ce grès est de couleur lie-de-vin à sa base, comme au Monte Doglia et à Porticcuolo; mais il devient presque blanc dans ses bancs supérieurs. Il est alors très-quarlzeux , faisant pourtant effervescence avec les acides. En quelques points, il est moucheté de petites taches brünes et il renferme d’assez gros fragments arrondis de quartz blanc 0* 3.
Les bancs calcaires, qui forment la partie supérieure du Monte Géra, son^ analogues à ceux du Monte Doglia voisin; en quelques points, ils passent à un calcaire com-
Calcairr
•uperpub^.
134 CH4P. IV. — TBBUmS iVB.VSSIQCBS.
paclR jaiinàlre, conlenanl des espi^ces de pelils noyaux arrondis, qui scrablenl au premier abord des grains d'oolilo; mais ils pourraient, au contraire, être des traces de corps organiques O* 4. • ties couches calcaires étant fortement tourmentées en zigzag, nous n’avons pas pu relever leur véritable allure; en général, elles paraissent aller NNE- SSO et incliner au S8Ë.
Monte Timidone. Au fond du golfe de Porto Conli, sur la rive occidentale, s’élève une montagne conique, dont les formes sont à-peuprès les mêmes que celles du Monte Doglia et qui parait faire partie d'un même terrain. Malheureusement, ses fossiles, qui sont déjà fprt rares, Sont -très -difficiles à
. extraire de la pierre, qui est un calcaire compacte, d’une
extrême dureté. La coquille la plus -importante que nous y avons rencontrée se trouve dans un banc, presqu'au bas de la colline, à 200 pas vers l’ouest, d’une bergerie placée près des ruines romaines d'un lieu dit Santa Imbenia: c’est toujours la méjne Lime, qui parait être la L. Hector d'Orb. et que nous venons de signaler au Monte Zari et à Alghero; npus la retrouverons bientôt aussi au Monte di S. Giorgio de la Nurra. Nous rencontrâmes en outre en cet endroit une Acteonina, dont le mauvais état (‘mpêche de reconnaître l’espèce et que nous reproduisons dans notre pl. A', iig. 1. Au-dessus de ces assises fossilifères du Timidone, on ne voit plus que des banCs d’un calcaire jaunâtre, plus ou moins compacte D*5 qui vers le sommet du mont devient oolitique D* 6. Du côté de l’ouest, M. Devecchi a cru observer que ce terrain repose sur le. grès violacé, ce qui complète l'analogie de composition de cette montagne avec le Monte Doglia et le Monte Géra; et ce qui parait décider la question sur l'àge géologique de’ce grès, que pendant longtemps nous avons regardé comme crétacé.
Torre di Spaftna. Le grès violacé de Porticcimlo D* 2, continue à se
Monte Caimrone. , , • i « • »
montrer tout le long de la côte,^squ aux ruines des tours de Porinferro cl de Spagna : du pied do celle-ci , il change
MOKTE GAPOBONB. S. GUWGIO DE LA NOBBA. 195
un peu de couleur cl il prend d'abord une teinte d'un violet plus foncé, d'où ressortent de petites taches d'un blanc de lait, dues à des paillettes très-fines de mica blanc D*l; plus loin, ce même grès passe à une vraie anagenile quarlzeuse et ferrugineuse, tantét à petits éléments D*S et larilél à noyaux d'un certain volume, parmi lesquels le quartz roulé, teint d'oxkle de fer, joue le principal réle. Ces anagénites slralibécs forment le mont du Cajwrone, qui peut avoir 400 mètres d'altitude. Le quartz roulé se trouve en abondance dans ce conglomérat; il provient fort probablement des nombreux filons de celle roche, qui traversent les schistes anciens de VArgentiera et du Mmile Forte , contre lesquels le Caporone est adossé.
Les bancs du Caporone sont Irès-inclinés au SE (t). Ces s<‘par*iion
,, . »• deui bsiMiiif.
depots formaient apparemment le fond dune baie, Oiù s'accumulèrent le.s débris de la roche schisteuse paléozoïque, contre laquelle ils sont appuyés. C'est au pied de la petite chaîne transversale qui va du cap de \’Argonliera au Afoute Forle dans la direction 0-E, que viennent se perdre les terrains secondaires du bassin lïAlgItero-, mais sitôt que l'on arrive au versant septentrional du Monte Forte, on no tarde ' pas à les revoir, tels- qu'ils se trouvent au sud de ce barrage schisteux; ceux-là consli-, tuent le groupe secondaire du bassin de. la Nurra orientale.
A peine on entre dans le territoire de S. Giorgio de la S. Giorgio
.. . , , ... it , de la ynrra.
Nurra et dans la petite plaine, avant d y arriver, on voit un calcaire bleuâtre qui renferme en abondance l’Oslrea obliqua , celte même coquille du Monte Zari et du rivage di'Alghero, avec quelques autre» fossiles caractéristiques du même terrain. Mais le point le plus important de toute celle région se trouve tout près (Je la bergerie (OtàW,
(I) Voyez k, 6);. 90, paf(e |9I ci-deMD(.
r^lcaire
Banc
k t^rébratulet.
1)6 CHAP. I?. — TBIKAINS lOmASSIQOES.
S(asio) d'André de Roraa (1), qui est placée sur la limite du schiste phyllade B 79 et du calcaire secondaire. A peine an sort de cette habitation, en se dirigeant vers le NE, on rencontre d’abord, à la base de la colline, un calcaire gris-bleuAlre.
Les bancs de ce calcaire /)* 9, que l'on trouve à 100 pas, tout au plus, de la bergerie, contiennent quelques fossiles analogues à ceux d’Alghero et même du MonUt Zari; parmi ceux-ci nous citerons VOsIrea obliqua Lk., que l'on peut regarder comme la coquille caractéristique de ces terrains dans l'Ile. Elle est associée, en, cet endroit, au Peclen Cepliut d'Orb.'?, au Peclen disciformis SchUbl., et à la Lima Hector d’Orb.. Ces • bancs sont dirigés N-S; ceux qui leur sont superposés deviennent plus jaunâtres; ces derniers renferment aüssi la Lima Hector d'Orb. , mais cette coquille est tellement adhérente à la pierre, qu’il nous fut impossible d’en extraire des exemplaires convenables; on y rencontre une autre espèce de peigne, dont l’individu recueilli est indéterminable, mais qui nous a paru le même que celui pris au Monte Zari. Tous ces fossiles ne sont visibles que sur la surface de la roche, lorsqu’elle est attaquée par l’influence des agents atmostphériqiies; ce qui rend difficile de les avoir entiers.
Au-dessus des bancs en question i on finit par en rencentrer un, qui est formé d’un calcaire compacte grisjaunàtre 1 0 ; celui-ci est pétri de térébratules. La décomposition de la pierre a détaché une quantité de ces fossiles, qui se trouvent épars sur le sol, dans un état plus ou moins parfait de conservation. Ce banc coquillier est plutôt remarquable par le nombre que par la variété des
(t) Il ne rani pas confondre l’Oriie d’André de Roma avec celui de son frère Angustin , qui est placé à 300 pas de là plus au nord et près duquel M. de’ Vecchi,-a rainement cherché en 1849 le banc à térébratules que nous lui avions signalé.
FER ET 6TF8E. tfl
fossiles qu’il renferme, puisque toutes les espèces que nous y avons recueilli à plusieurs reprises, semblent se réduire aux suivantes ; Terebralula omithocephala Sow. — T. punclata Sow. — T. simplex Buck. — Rhynchonella eoncinna d’Orb. — fl. letraedra d’Orb. — et parasite sur cette dernière, la Diastopora verrucosa M. Edw.
Les couches supérieures à ce banc ne nous ont plus fourni de fossiles, malgré nos plus soigneuses recherches; elles passent, vers le somme( du mont, à une oolite jaunâtre/)* 11, à grains moyens, identique avec celle que nous avons signalée au Monte Timidone.
Sitèt que l’on a dépassé la bergerie de Roma, on rencontre un lien dit Monte Rosso, où sé trouve effectivement une butte de cette couleur,. -formée de schistes modi&és et fortement teints d’émaflte rouge. Près de là, dans un autre monticule dit Monte Aslenûni, on rencontre un amas considérable de fer oxidulé; mais le grès couleur lie-de-vin ne tarde pas à se montrer, formant une longue bande, dirigée également N-S; c’est dans cette bande, et dans cette même direction , que paraissent au jour, par-d par-là, plusieurs amas de gjpse.
Ce gypse y est fort impur; il est pénétré de fer, et ordinairement colorié de- rouge ou de gris-sale; en suivant avec attention la ligne de jonction des schistes anciens avec le grès vineux, on rencontre souvent de semblables indices de gjpse; cela se voit surtout en un lieu dit Maccia de Spina, non loin du Monte Rosso en question. Le fait le plus remarquable que présente cette traînée de dépùts gypseux, dirigée, comme nous Venons de le dire, du N au S, c’est qu’elle correspond à un autre gisement de gypse semblable, que nous signalerons ci-après aux Gessiere ■ du cap délia Caceia et qui a également la même ' allure.
Lorsque du Monte Rosso, près de S. Giorgio, on suit la route que nous venons d’indiquer, vers le nord, en laissant à droild les moqts calcaires et à gauche les masses
Baoc d*ooU(«.
Fer el gjpftc*
I^ilorc d« ce S7p»e.
Conlinualion du srèt violacf*.
CAAP. IV. — TBUAI.VS 1URAS8IQ11E8.
lïH
sdiisleilses do la Narra maritime, ou ue cesse de marcUer sur lo^ grès violacé, qui iinil par consliluer la base occidentale d’un mont isolé, dit di Santa Giusia. Ce monticule conique, sur lequel nous avons placé notre signal Irigonométrique , nous a présenté une répétition de la base occidentale du Haute Doglia, comme le démontre la figure suivante.
ji schistes «(iiiirions ? g couleur lie-de-vin- r calcaire lilancjaunàfrc, non ^(>58i^l^^re■
CompoMtinn Lorsqu’on se rend sur le mont en question , par la bertrrmiui. [Ovile] , dite- Sposada (ou Sa J^osatla) , on marche sur les schistes pendant toute la descente, au bout de laquelle se trouve un petit vallon, dont les parois opposés forment le versant occidental du Monte di Santa Giusta; ce versant se compose d’une roche arénacée ou d’un grès grossier, formé de grains de quartz réunis par un ciment calcareo-argilleux; il se décompose facilement, car il est friable: s^ couleur varie du rouge lie-de-vin au gris et même à un blanc sale. C’est absolument ce que nous avons signalé h la base du Monte Géra, page 1^3 ci-dessus; mais la particularité du grès de Santa Giusta, , c’est de renfermer des fragments de schiste et même
d’une roche analogue au granité; ce qui fait voir clairement qu’il est postérieur aux schistes de la Nurrn. Lé
MO»TK ELV*. UO:«TB AlVMV. 139
calcaire , qui recouvre ce grès , prend l’aspect de celui que nous avons déjà signalé en allant d’ÀlgItero au Monte Duijtia; il est cependant plusr clair; sa couleur la plus générale est d'un blanc tirant sur. le jaune. Il se présente en bancs assez épais, inclinés vers l’est, de façon que tout le versant oriental du mont est forme de roche calcaire, dépourvue de fossiles.
Celle-ci éontinue à se montrer au nord de ce mont; éllè forme des gibbosités peu élevées au-dessus de la plaine, dont la plus considérable est celle du Monte Elva; Cette butte se compose d'un calcaire blanc jaunâtre., que, faute de fossiles, nous ne saurions placer dans le terrain jurassique ou dans la formation crétacée.
En revenant du Monte Elea vers le sud, on arrive bientôt à Ja base du mont le plus élevé de toute cette eontréc, qu’on nomme Monte Aivaru; ce nom parait une corruption de Mous Allfus ou Alvm. Il peut. avoir 2a0 mètres de hauteur au-dessus de la plaine, qu’il domine vers l'est; « il « est, dit M. de’ Vecchi, très-allpngé dans le sens N-S, « «t du côté .opposé il ne présente qu’un petit nombre de « contreforts; ceux-ci sont peu élevés et ils n’altèrent U pas la parfaite régularité de la montagne dont ils déa pendent. Dans le. sens du méridien, au contraire, on << voit se rattacher au .Monte Airaru des monticules plus Il jiclits qui se perdent dans la plaine alluviale, s'élen- 0 dent à scs pieds et prennent l'aspect de petites émi- « nences détachées de la masse principale: tel est le « Monte Elva dont nous venons de faire mention.
« De cette manière, le Monte Aivaru, avec ses contee- « forts, constitue une véritable petite chaîne, longue et de U peu de largeur , dirigée dans le sens du méridien , qui U est aussi la direction que nous avons observée daus les Il calcaires du Monte Zari et A'AIghero. Sa configuration. Il en général ,,se distingue et même s’écarte de celle que Il présentent pour la plupart les masses calcaires de l’tle ; M tandis qite ces .dernières sont presque toujours nues et
MohU Btvm.
MoiUe AU'aru.
Scs formos.
130 CHAP. IV. — TEBRUV» III1ASSM)IIE=.
Cl liïises, avec des formes élancées el hardies, le .tfon»e « dirani est, au contraire, remarquable par sa forme basse « el un peu arrondie ; cl il n esl pas entièremenf privéci de végélali'on. Celle physionomie esl d’ailleurs commune « à la pUqiarl des monlagnes calcaires de la Niirra el (I des environs û’ Alghero (dont nous avons donné une K esquisse dans noire ligure 20, page lîl).
Dirertion « Le Honte Aivaru, examiné même de loin, se récond. .« couch... ^ éminence formée de masses successives'
« calcaires qui, sans êlre elles-mêmes slraliliées, con- « senenl dans leur allure générale un parallélisme par- « fail, ce qui esl une nouvelle preuve de l’exislcnce de « la slraliticalion qui devait séparer ces masses, lorsque « des causes quelconques les onl soulevées. Leur direcci lion varie du N E, c’esl-à-dire elle va à-peu-
« près N -S, -en Icnanl compte de la déviation magnécilique; celle direction esl à-peu-près conoordanle avec « celle de l’axe du mont; l’inclinaison des couches esl diu rigée vers Vouesl. . '
Manurr a Ces dcux circonslances sont cause , que si l’on parit r.ipiorccr. ^ Airaru dans le sens de sa plus grande
« longueur, l’on fohle, pour ainsi dire, presque toujours « les mêmes bancs, tandis qu’on peul faire une section M géologique de celte montagne en la gravissant, à comcc raencer par la base du versant oriental, pour descendre ic ensuite vers le pied occidental, n Diirér^c, En traversant la montagne, de celle manière . M, de’ Vecchi y a rencontré quatre qualités de roches, savoir: le grès* couleur lie-de-vin, que nous avons vu dans une position analogue au bas oriental du Honte Doglia, el dans üne situation que nous dirions symétrique , au pied occidental du Honte di Santa Giusta; sur ce grès sont trois variétés de bancs calcaires: un calcaire compacte un peu ferrifère, gris-bleuâtre ou jaune-roussàtre; un calcaire uii peu oolilique,'à grains plus ou moins fins Z)* 12; el su-*périeurement, un calcaire compacte un peu scoriforme, qui