TOMBEAU J01F
A l'intérieur, deux chambres seulement sont en commu-
nication. La première, dans laquelle débouche la porte à inscription, est carrée, et munie d'une banquette qui règne sur les trois faces autres que celle dans laquelle est pratiquée J'ou-
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verture. La banquette de la paroi de droite a été largement ». »
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entaillée vers la partie voisine de la porte d'entrée, de façon à présenter une fosse capable de recevoir on cercueil. Au-dessus, et dans l'angle même , la paroi de la chambre est percée d'une sorte de petite fenêtre en plein cintre ouvrant dans la seconde chambre qui est également carrée, mais non munie de banquettes. Cette chambre reçoit le jour par une sorte de puits rond débouchant au-dessus du rocher dans l'encastrement même d'une des pyramides. Une moulure formée d'un simple plan incliné règne tout autour de la première chambre, à la naissance du plafond.
Enfin, à gauche de la porte d'entrée, et à l'extérieur, le rocher présente les restes d'un encastrement rectiligne, et tel que devrait être un encastrement destiné à recevoir un disque roulant comme celui qui venait clore le Tombeau îles Rois. Somme toute, ce tombeau est très- intéressant à étudier. Je le regarde comme fort ancien, mais comme ayant servi de nouveau à quelque riche Juif, à une époque voisine de la ruine de Jérusalem par Titus. Peut-être est-ce à celte époque qu'a été appliquée l'inscription. Dans tous les cas, celle-ci ne saurait être postérieure au règne d'Adrien, car je ne vois pas qu'il soit possible de lui assigner une date plus récente.
Au Tombeau des Juges, les mutilateurs ont fait rage. Les escaliers des chambres basses sont encombrés de pierres. La petite porte du vestibule extérieur a été complètement ruinée comme à plaisir, et le grand fronton extérieur, sans être dans un état de ruine aussi avancé, n'a pas été plus respecté pour cela. Seulement, comme il y a là plus de ciselures à briser à coups de marteau, cet honnête travail demande un peu plus de temps. Mais tranquillisons- nous, ce n'est qu'une affaire différée, et, très- prochainement sans doute, de ce curieux monument de l'art hébraïque il ne restera plus rien.
Comme le tombeau de Zacharie, dans la vallée de Josaphat, le Tombeau des Juges est criblé de noms de juifs qui seraient désolés de visiter ce vénérable monument sans le salir de leurs signatures.
A quatre heures et demie nous sommes rentrés en ville, et malgré nos caoutchoucs il a fallu, et pour cause, nous changer des pieds à la tête.
Nous sommes allés passer la soirée chez M. Moore, consul d'Angleterre, lequel avait eu la bonté de réunir à notre intention tout le corps consulaire de Jérusalem , à très-peu d'exceptions près, et les membres du clergé anglican qui habitent la ville sainte et s'intéressent à ses vénérables monuments. J'avais apporté mes cartons de dessins, et j'en ai fait les honneurs à toute l'assistance. J'ai seulement oublié de parler de l'inscription qui orne le sarcophage trouvé par moi aux Qbour-el-Molouk. Il était onze heures et demie lorsque nous avons regagné l'hôtel Hauser , et, pour la seconde fois de la journée, nous y sommes rentrés crottés comme des barbets.
48 décembre.
En6n , voilà le beau temps revenu ! Le ciel est pur, et le soleil splendide. Dieu veuille que cela dure!
Salzmann, Gélis et Gaillardot sont à la besogne. Moi, je passe ma matinée à tout combiner, avec Mohammed et Mattiah, pour notre voyage de retour à Beyrouth. Le F. Liévin, puis le Révérendissime sont venus me voir. Après midi je suis allé au Tombeau des Rois, assister, hélas! au dépècement de mon sarcophage. De là, je me suis rendu, avec Pierre, dans la vallée de Josaphat, où Salzmann complète
notre collection de photographies. Je suis rentré seul en ville par le Bab-el-Morharbeh , et, en passant sur la place du Qalâah, j'ai trouvé réunis les propriétaires des Qbour-el- Molouk, qui me cherchaient pour se plaindre de ce qu'ils n'avaient rien touché encore des trois mille piastres versées par moi entre les mains du pacha, devant le medjlis, pour leur être remises. Je les ai rassurés de mon mieux, en leur promettant qu'ils auraient bientôt cet argent.
49 décembre.
Aujourd'hui j'ai été faire ma visite d'adieux à Kourchid- Pacha, et nous avons été charmants tous les deux. A ma sortie du Serai, tous ses cavas m'ont fait la conduite, pour l'honneur sans doute, mais aussi pou? le bakhchich qu'il m'a fallu leur donner afin de me débarrasser d'eux; et de fait, aussitôt mon argent empoché, ils m'ont planté là au milieu de la rue , comme je le désirais fort.
Puis, j'ai été prendre congé de monseigneur le Patriarche et de l'excellent abbé de Quevauvillers.
De retour chez moi, j'ai pu enfin faire prix avec El-Rhouty, le chamelier de Jafla. Espérons que ses bêtes ne se feront pas attendre. Allons, voilà que le vent a encore sauté ce soir à l'ouest; gare l'eau!
20 décembre.
Ce matin, le temps est redevenu beau; Dieu soit loué! Je suis allé au couvent entendre la messe , ensuite de quoi j'ai été voir le Révérendissime, chez qui Gélis et Gaillardot sont