‹ Voyage en Terre Sainte [microforme]Chapitre 1 sur 19 · LE SAINT SÉPULCRE · texte numérisé non relu

LE SAINT SÉPULCRE

Le 10 décembre 1879, je partais de Naples pour la Terre-Sainte en compagnie 4e deux prêtres canadiens (1). Mon but n'était pas tant d'aller vénérer ces lieux consacrés par la présence et les humiliations de l’'Homme-Dieu, que d'acquérir une connaissance plus parfaite de sa vie, afin de pouvoir ensuite mieux expliquer le saint Evangile à mes enfants spirituels.

Quoique, dans ce petit ouvrage, j'aie mentionné à peu près tous les lieux célèbres de la

(1) MM. G. Gaudin, curé de Saint-Valentin, et J. M. Emard, secrétaire de Mgr Fabre,

Terre-Sainte, je me suis moins attaché à la description du pays, qu'aux grands événements dont il fut témoin.

J'ai divisé l'œuvre en chapitres qui tous s’enchaînent et serviront, je l'espère, à jeter une plus grande lumière sur la vie de celui qui est la Voie, la Vérité et.la Vie.

Un seul a été donné au public, le premier, que j'écrivis à la demande d'un vénérable prêtre de Lowell (Mass) pour le profit de ses écoles. Il traite principalement de la naissance et de l'enfance de Jésus-Christ, et sert d'introduction au deuxième, Jésus-Christ en Galilée, au troisième, Jésus-Christ en Judée, et à ceux qui suivent.

Cet opuscule sur la Terre-Sainte vient de paraître en anglais à Burlington, et s'écoule avec une rapidité assez remarquable. Je me suis dit qu'il serait utile de le publier en français, et qu’il serait bien reçu par lesenfants du Canada, qu'ils résident au pays natal ou aux Etats-Unis, et voici mes raisons fondées sur des faits.

Lorsque notre petite caravane arriva à Beyrouth, en Syrie, après un long et fatigant voyage à cheval depuis Jérusalem, nous allàmes demander l'hospitalité aux Révérends pères de la Société de Jésus qui y ont un établissement magnifique. Leur collège, leur infirmerie,

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leur église, sont tout ce qu’on pourrait désirer de mieux même dans une grande ville d'Eurcpe ou d'Amérique. Or, je me rappellerai toujours comment nous fûmes reçus : ‘“ Entrez, messieurs, nous dirent gracieusement les Rév. Pères, vous êtes chez vous.” Nous fûmes traités non-seulement comme des enfants de la maison, mais encore comme si nous en eussions été les propriétaires. Et c'est là vraiment la signification de l'accueil de ces bons religieux. Nous eûmes bientôt compris le sentiment de reconnaissance qui avait inspiré ces paroles de bienvenue.

Le collège de Beyrouih a été construit exclusivement à l’aide des ressources recueillies aux Etats-Unis et au Canada. Plusieurs de mes lecteurs se rappellent les Révérends Pères de la Compagnie de Jésus, qui vinrent quêéter au Canada pour la construction de cet établissement. Leur succès fut admirable. Or, remarquez-le, voici le motif qui allait au cœur des Canadiens. Les Révérends Pères avaient promis de célébrer la messe pour leurs bienfaiteurs sur le tombeau de Notre-Seigneur à Jérusalem.

‘ J'ai donc pensé que les enfants du Canada, étant aujourd’hui ce qu'ils étaient il y a quelques années, accueilleront avec bonheur ce petit livre, où ils trouveront sur les lieux habités on

visités par Notre-Seigneur Jésus-Christ, des dé {aïls exacts qu'ils trouveraient difficilement ailleurs. Si le pèlérinage qui est ici décrit en partie a été si agréable, je le dois aux deux bons compagnons de voyage que me procura Monseigneur de Montréal, lorsque je me trouvai à Rome avec lui (en décembre 1879), me préparant à entreprendre le pèlérinage de Jérusalem, mais n'ayant encore aucun compagnon sur lequel je pusse compter.

Un fait analogue à celui-ci vient de se passer à Burlington. Partout en effet où existe l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ, là se trouve aussi l'intérêt pour les lieux saints. Au mois de février dernier, un de nos missionnaires se trouvait à Rome (M. D. OSullivan), où 1l avait passé l'hiver. En lisant les encouragements donnés aux pèlérinages de la Terre-Sainte par notre grand Pape Léon XIII, j'eus la pensée d'envoyer notre prêtre à Jérusalem comme représentant des catholiques de son pays natal. La pensée ayant été communiquée à quelques personnes, on recueillit dans peu de jours les noms d'environ 2,000 souscripteurs, qui tous voulurent contribuer à la réalisation du projet. Le bon missionnaire est parti pour la Terre- Sainte comme notre représentant. Il a dû se

PRÉFACE. g

trouver à Jérusalem durant la semaine Sainte et placer sur la tombe du Christ les noms de tous ceux et celles qui avaient ainsi voulu donner au Sauveur de leurs âmes une marque de leur amour et de leur reconnaissance.

Si mes deux compagnons de voyage lisent ces notes, ils se rappelleront avec plaisir une particularité de notre pèlérinage, ils se rappelleront le calice de Léon XIII. Lorsque j’eus l’honneur d’offrir mes hommages au grand Pontife et de lui parler de mon départ pour la Terre-Sainte, départ qu’il avait bien voulu autoriser, il me parla avec tant d'enthousiasme de ce saint pèlérinage et du projet qu'il avait formé jadis de le faire luimême, que je me hasardai de lui demander un calice dont nous nous servirions pour dire la messe à son intention dans les saints lieux.

Cette demande un peu trop hardie de ma part, il voulut bien l’accepter, et le lendemain le calice fut consacré par lui. (Ce fut un de mes compagnons qui en fit usage le premier à Bethléem, la nuit de Noël. Ce calice, nous nous en sommes servis dans tous les autres sanctuaires pour y offrir le Saint Sacrifice à l’intention de Léon XIII.

Ainsi donc les Papes, les Evêques, les fidèles du monde entier, aiment la Terre-Sainte, théâtre

de la naissance, des travaux, de la mort et de la gloire du Rédempteur. C'est assez vous dire, mon cher lecteur, que vous simerez ce petit livre. Parlez-en à vos amis et dites-leur qu'il est publié dans le but de venir en aide aux orphelins de nos bonnes sœurs de la Providence. Parmi ces orphelins, il y en a sans doute quelques-uns qui vous sont unis par les liens du sang. Ils sont tous les amis de notre Sauveur, l'ami des enfants, qui ne veut pas qu'un seul d'entre eux vienne à périr.

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