I. ARCHITECTURE ROMANE
un beau monument. Avec ses deux rivaux de Pise et San Miniato de Florence, ils sont peut-être ce qu'il y a de plus original et de plus parfait dans l areliilecture italienne.
Sur la Tour de Pise, l'opinion générale depuis
Vasari a été quelle penchait par accident, par
suite d'un affaissement de terrain. Voilà qu'un
écrivain américain renverse toutes nos notions et
démontre dans un abondant et scientifique article
de XArchitectural Record (janv. 1898) que son
inclinaison est voulue. .IV renvoie mes lecteurs
qui, chiffres et preuves en main, pourront se faire une opinion fondée. J’attire du même coup leur attention sur une autre découverte du même
auteur, M. Goodyear, qui a établi que dans les monuments du moven âge les droites étaient
intentionnellement déviées, de même que dans les temples grecs. Il y a là un ordre de faits in¬
téressants :
il suffit d'v avoir été
rendu attentif
pour qu’on les recherche dans d'autres monuments.
Voilà pour nos premières heures de Pise (car nous y reviendrons) un emploi suffisant. Nous pouvons au retour nous arrêter à Lucques dont la cathédrale est du même style, mais moins pur, que celle de Pise et où San Michèle montre dans une
façade à colonnades et arcatures un sens architectonique beaucoup moins heureux. Ici la façade, comme tant d'autres en Italie, n'est qu'un placage, un mur orné sans rapport avec l’édilice. La cathé-
LA TOSCANK
dru le, le baptistère ri le campanile de Piso sont au premier rang des édifices de ce temps. Ils ont élevé le roman italien à la hauteur d’un slvle harmonieux, riche et simple. L’on retrouvera rarement de telles qualités dans l'architecture de la Péninsule: l'époque gothique que nous allons étudier maintenant en a été tout à lait dépourvue.