‹ Voyage pittoresque autour de mondeChapitre 21 sur 34 · PAR A. VALENCIENNES · texte numérisé non relu

PAR A. VALENCIENNES

Les Guillemots sont des oiseaux qui habitent les mers du cercle polaire. Il en est trois espèces qui , se rapprochant de nos côtes pendant Ihiver, sont connues des naturalistes par les différentes couleurs du plumage que l’àge ou la .saison leur font prendre. Leurs mœurs aussi ont été bien étudiées. Les pattes de ces oiseaux sont si courtes, que lorsqu’ils sont assis sur le haut des rochers ou des falaises, elles sont à peine visibles. Les Guillemots ne quittent ces hatiteurs que pour descendre vers la mer, oii ils poursuivent leur nourriture avec ardeur et une étonnante facilité ; ils plongent très-longtenqts, et s’aident de leurs ailes sous l’eau pour atteindre le poisson. Ils nichent par bandes, sans faire aucun apprêt pour leur nid, déposant leurs œufs dans les trous des rochers. La femelle pond un seul œuf, très-gros proportionnelleiueat à sa taille; cet œuf est oblong, très-pointu, marqué de grandes taches noires , sur un fond verdâtre ou bleuâtre. M. Choris a vu et dessiné ces trois espèces de Guillemots dans la partie septentrionale du Grand-Océan, vers les îles Aléoutiennes. Buffon en avait décrit deux; l’une est le Guillemot commun, {Una T mile Lath. ) dont il a donné la figure dans ses planches enluminées, sous le n° qoS ; elle est très. exacte, et représente

l’oiseau avec son plumage d’été ; la seconde espèce , qu’il nomme le petit Guillemot noir [ Uria Gijile lath.), est très-exactement décrite; mais la figure 917, qu’il y rapporte, est celle d’un autre oiseau , connu des voyageurs sous le nom de Colombe du Groenland, et qui a servi de type au genre Cephus de M. Cuvier (i). M, Tennninck, dans son Manuel d’Ornitbologie , 2™ édition, a mieux fait connaitre la troisième espèce. Le Guillemot à gros bec ( Uria Brunnichii Sal>. ) observé dans la baie de Baffin , jiendant le voyage du capitaine Ross, avait été mentionné par M. Sabine dans son Mémoire sur les oiseaux du Groenland. M. Tennninck, savant ornithologiste, a discuté la synonymie de ces trois espèces, avec une exactitude qui ne laisse rien à desirer;il a rapporté cbacune des citations confondues partons les auteurs systématiques , non seulement à chaque espèce séparément, mais encore à cbacune des différences de plumage <pie présente le même oiseau, selon l’âge ou la saison dans laquelle il a été tué. Je ne donnerai qu’une deseription très-courte de ces esjièces , et j’en ferai connaitre une que l’on doit aux recherches de M. de la Pylaie , pendant son séjour à Terre-Neuve. M. Choris en a fait le dessin, pour le joindre à ceux qu’il a rapportés de sou voyage aux iles Aléoutiennes.

(i) Cuv., Reg. anira. tom. i , pag, 5io.

LE GUILI.EMOT A CAPUCHON.

Planche XX.

Uria Troile Lath.

LIrla corpore ex fusco-nigro, pcctore abdomineque niveis; rostro levi, gracili, nigro.

( Le Guillemot. Bull', pl. enl. go3. )

Cet oiseau, de la taille d’un canard, a i5 ou i6 pouces de long; la tète, le cou, et les parties supérieures du corps, sont d’un brun-enfuiné ; la poitrine et le ventre sont d’un blanc pur; les côtés de l'abdomen sont tachetés de flammes brunes sur un fond blanc.

Les ailes, longues de 7 pouces, sont brunes, marquées d’une petite tache blanche, formée jiar la réunion de l’extrémité blanche des pennes secondaires; le bec est tout noir, lisse, plus faible et plus long (pie dans l’espèce suivante; sa longueur est de 2 pouces 7 lignes; le tarse, long de i pouce 7 lignes, est d’un brun-jaune; les doigts sont de la même couleur; celui du milieu a la même longueur que le tarse; les ongles sont noirs.

Cette espèce est commune sur nos côtes pendant Thiver, et on la voit quelquefois sur nos grands lacs.

(ij Temm. Man. (l’ornith.; a® édit., tom. IT.

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