‹ Voyage pittoresque autour du monde [microforme]Chapitre 43 sur 50 · PAR M. ADELBERT DE CHAMISSO · texte numérisé non relu

PAR M. ADELBERT DE CHAMISSO

] ss groupes d'iles basses dont le grand Océan et la mer de lFnde sont parsemes dans le voisinage de l'Equateur, sont le couronnement de montagnes soumarines, dont la formation singuliere el moderne semble appartenir à l'époque du globe à laquelle nous vivons.

Ces montagnes s'élancent à pie du sein de l'abime: la sonde. dans leur prodimilé, ne trouve point de fond: leur cime forme des plateaux submerges qu'une large digue, élevée sur leur contour, convertit en autant de bassins, dont les plus étendus semblent être les plus profonds. Les moindres se comblent entierement el produisent chacun une ile isolée, tandis que les plus vastes donnent naissance à des groupes d'iles disposés cireulairement et en chapelets sur le récif qui forme leur enceinte,

Ce récif, dans la partie de son contour opposée au vent,

Séleve au-dessus du niveau de la marée basse, et présente ,

1 J'ai eu l'houneur de li communiquer à M Evres, et elle été imprimée dans Les Nou

velles Annales de Voyages de MM Eyries et Malte-Brun. 109 numéro, 1801 CHonis

au temps du reflux, limage dune large chaussée qui unit entre elles les iles qu'elle supporte. C'est à cette exposition que les iles sont plus nombreuses, plus rapprochées plus fertiles: elles occupent aussi de préférence les angles saillants du pourtour: le récif est au contraire, dans la partie de son contour située au-dessous du vent, presque partout submergé, et pirfois il y est interrompu de maniere à ouvrir des détroits par lesquels un vaisseau peut, comme entre deux moles dun port. pénétrer dans le bassin intérieur à la faveur de la marée montante, De semblables ports se rencontrent ausst dans a partie de l'enceinte que des angles saillants et des ile protegent contre l'action des vents et des flots.

Quelques banes isolés Sélevent ea et la dans Fintérieur du bassin: mais ils n'atteignent jamais le niveau de la marée basse.

Le recif presente, comme les montagnes secondaires. des couches distinctes et paralleles de diverses épaisseurs.

La roche est une pierre calcaire composée de fragments ou de détritus de THithophytes et de coquillages agglutinés par un chnent d'une consistance au moins égale à la leur. Le uisement est où horizontal ou légerementineliné vers intérieur du bassin: ot observe dans quelques-unes de Ces couches des MIAasses de madiépore considérables, dont les intervalles sont remplis par de moindres débris: mais ces masses sont constamment brisces, roulées; elles ont toujours, avant que de faire partie de la roche, été arrachées du site ou elles ont veucte. D'autres couches, dont les éléments de mème nature ont été réduits en un gros sable, présentent une espece de gres calcaire grossier. La plus exacte comparaison ne laisse aucun doute sur Fiden- Uté de cette roche et de celle de la Guadeloupe qui contient les anthropolithes. Cette mème roche forme les soi-disant ré-

cs de corail qui, dans les mers équatoriiles, bordent fré-

DE 1 quemment les hautes terres, et de leur pied se plongent et se perdent sous les eaux. sans opposer aux flots ces murailles escarpées qui caractérisent les iles basses.

La crète de la digue opposée à FOcéan est fréquemment couronnée de brisants, de blocs de Pierre renversés et amoncelés, contre lesquels se rompl limpétuosite des flots. Le dos de la digue est, dans pres d'un tiers de sa largeur, balavé, et pour ainsi dire poli par Peflet des vagues qui v déferlent ; il offre vers l'intérieur une pente douce qui se prolonge sous les eaux tranquilles de la lagune, et Sv termine le plus souvent par un escarpement subit: quelquelois cependant les couches de la roche forment, dans le bassin intérieur, comme de larges eradins, et cest à cette particularité que lon doit les fonds d'ancrage que Fon trouve à l'abri des iles au vent. On rencontre ca et la, sur le talus du dos de la digue qui regarde le bassin extérieur, des quartiers de roche roulés semblables à ceux qui, sur la crête, arrêtent la haute mer: est dans ces blocs que lon remarque les plus grandes masses continues de madrépore. Les eaux déposent, sur le talus du côté de la lagune, un sable calcaire semblable a celui dont se composent les couches de roche d'un moindre erain, et dans le bassin intévieur la sonde rapporte généralement ce même sable,

Les polvpiers vivants croissent, selon leur genre où leur espece, où dans le sable mouvant, ou bien attachés au rocher: et les cavernes que lon rencontre dans le récif, sur Les bords de la lagune, offrent la facilité de les observer. Partout où les vagues se brisent avec violence, une espece de nullipore de couleur rougeatre incruste la roche, et est à cette singulière végétation animale qu'est due la couleur qu'a généralement le

récit vu de la hauie mer au temps de la marée basse.

Des sables déposés et amoncelés sur le talus du récif, vers

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le bord de la lagune, forment le commencement des iles; la Végétaion Sy établit lentement. Les iles plus anciennes et plus riches qui, sur une longueur indéterminée, occupent la plus grande largeur du récif, sont assises sur des couches de roche plus élevées que le dos de la digue submerge à la marée haute. Ces couches ont en général une inclinaison marquée vers Pintérieur du bassin: le prolil qu'elles présentent du coté de la haute mer est d'ordinaire masqué par une couche inclinée en sens contraire: cette couche, composée de plus gros fragments de madrépore, esUsouvent rompue et les blocs renversés en sont épars ct el l1 Des couches d'une formation récente. come posees d'un sable plus menu, et alternant avec des couches de sable mobile, semblent, en quelques endroits, revètir Les rivages des iles, et surtout leur rive intérieure que baïignent les eaux de la lagune, Sur une base de roche Seéleve, du coté de la haute mers un rempart de madrépores brisés et roulés qui forme li ceinture extérieure des iles. Quelques arbustes

Scwvola NKœnigt, Tournelortia Sericea croissent sur ce sol picrreux el mouvant: ils y forment un épais taillis, et opposent leurs branches entrelacées et leur épais feuillage à l'action du vent. Derricre cet abri, Fintérieur des iles en est la partie la plus basse, fa plus fertile, liimieux boisée: on + rencontre des fonds mareccageux et des citernes naturelles: la bisiere intérieure au bord de la lagune offre un sol sablonneux plus élevée, et cest bi que Fhomme habite sous les cocotiers que lui-méome a plantes.

Il est à CeInarquer que des groupes d'iles basses de cette formation, situées à quatre ou ci] degrés de distance des hautes terres volcaniques, ressentent les secousses dont cellesei sont agitées.

Fai traite de la formation des iles basses avec plus détendue

dans les Mémoires que Jai eu l'honneur de présenter à S. Ex. NL. le comte Rormanzoft. lesquels formeront le Lroisieme volume : ? sl: : ‘ , s 4 de la Relation du Voyage de M. de Kotzcbue. Aotzebue’s Reise beschrcibuns 4 FE Bemerkungen und ÆAnsichten von {delbert

von Chanusso.

Da. Aouiserr pe Cuauisso.

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