‹ Voyage pittoresque dans le BrésilChapitre 20 sur 38 · VOY \CE PEUT TTORESOUE · texte numérisé non relu

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Publié par ENCGELMANN & C' Rue Louis le Grand N°27 À PARIS

et a Londres, chez E néclm: in, Gr af. Coimdet & C° 66, Si Martüin's Lane.

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PORTRAITS ET COSTUMES

TULATRES.

Ox sera peut-être étonné de ce que dans un cahier destiné à nous faire connaître les différens costumes des habitans libres du Brésil, nous commencions par entretenir nos lecteurs des Mulâtres; mais nous serons pleinement justifié, si l'on considère que les gens de couleur, quoique légalement assimilés aux Blancs, composent, pour la plus grande partie, les classes inférieures de la société, et que par conséquent c’est à eux qu'il faut s'adresser pour connaître le costume national. Qu'on nous permette donc quelques observations sur cette importante portion de la population du Brésil.

Sans nous occuper de nuances et de subdivisions qui ne sont d'aucun intérét pratique, et auxquelles on ne fait pas d’ailleurs beaucoup d'attention, nous nous bornerons à signaler parmi les gens de couleur trois classes principales : d’abord celle des Mulatos, qui sont issus de l'union de Blanes et de Nègres (et ici peu importe que ce soit le père ou la mère qui ait appartenu à la race blanche). En second lieu viennent les Mestizos, Metis ou Mamalucos, qui sont les enfans des Blancs et des Indiens; enfin, les Cabras ou Caboclos, nés de Nègres et d’Indiens. Le nombre de ces derniers est très-petit, et les alliances entre les Indiens et les Blancs sont aussi fort rares aujourd’hui. Elles étaient beaucoup plus fréquentes dans les temps qui suivirent immédiatement l'établissement des Européens ; car les aventuriers qui, les premiers, vinrent se fixer parmi les Indiens, manquaient absolument de femmes, et ne pouvaient en prendre d’autres. Peut-être aussi les femmes du pays étaient-elles alors d’un aspect moins sauvage et d’un extérieur moins repoussant.

Le nombre des Mulâtres est incomparablement plus grand, et il serait difficile, surtout dans la masse du peuple, de trouver beaucoup d'individus de l'extérieur desquels on püût conclure avec quelque certitude qu'ils ont point hérité de sang africain de leurs ancêtres. Quelque bizarre que puisse paraître l’assertion que nous

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(es allons émettre, c’est moins au sens de la vue, c’est moins à la physiologie qu'à la législation et à l'administration, qu’il appartient de décider de quelle couleur est tel ou tel individu; ces hommes qui ne sont pas d’un noir bien prononcé, ceux qui ne portent pas d’une manière incontestable et sans mélange les caractères de la race africaine, ne sont pas nécessairement des hommes de couleur ; ils peuvent, selon les circonstances, être considérés comme Blancs.

Il y a long-temps qu'au Brésil les lois qui excluaient les Mulâtres de toutes les

aités civiles et ecclésiastiques sont tombées en désuétude. On trouve des hommes de couleur dans toutes les branches de l’administration, dans le sacerdoce, dans l'armée, et il en est même qui appartiennent à de très-bonnes familles.

Lorsque la naissance, les alliances, les richesses ou le mérite personnel permettent à un Mulâtre d’aspirer aux places, il est rare, ou même il arrive jamais que sa couleur ou le mélange de son sang devienne un obstacle pour lui. Fût-il de la nuance la plus foncée, on linscrit comme Blanc, et il figure comme tel non-seulement dans les papiers qu’on lui délivre, mais encore dans toute espèce de négociation, et dès-lors il est apte à tous les emplois. Il serait facile de citer de nombreux exemples d'hommes

qui occupent les postes les plus distingués, et que lon compte parmi les fonctionnaires

les plus habiles, quoique leur extérieur révèle, à n’en pas douter, le sang indien ou africain qui coule dans leurs veines. Dans le pays cela ne fait aucune difficulté, et quand on en parle, c’est presque toujours pour répondre à la question d’un étranger, jamais dans un esprit de raillerie ou de dénigrement. Sous ce rapport rien ne caractérise mieux l’état des idées dominantes que cette réponse d’un Mulâtre auquel on demandait, en parlant d’un Capitao-mor (le chef d’un district), si ce Capitao m'était pas aussi Mulâtre? Il l'était, répliqua-t-il, mais il ne lest plus : era, porem ja nao he. L’étranger voulant obtenir Pexplication de cette singulière métamorphose, le Mulâtre ajouta : pois Senhor, Capitao-mor pode ser Mulato? comment donc, Monsieur, un Capitao-mor peut-il être Mulâtre ?

Il y a au Brésil des régimens de milice entièrement composés de Mulâtres, et dans lesquels on ne recoit pas de Blancs; en revanche la règle s’oppose à ce qu’on

admette aucun Mulâtre dans les régimens de ligne. Mais les raisons que nous avons

exposées plus haut, y en introduisent beaucoup, même parmi les officic ce qui

a lieu d'autant plus fréquemment que ce sont précisément les familles riches et considérées, celles établies depuis long-temps au Brésil, qui se sont le plus mélangées de sang africain, sans que cette circonstance ait le moins du monde porté préjudice

à leur noblesse, à leur dignité, à leurs prétentions aux grades militaires. Pendant

( 29 ) que le Brésil était encore sous la domination portugaise, il régnait à cet égard une jalousie prononcée entre les familles les plus anciennes du pays et les nouveaux venus de Portugal, qui se prévalaient d’un sang plus pur et d’un teint plus blanc pour appuyer des prétentions que la fierté brésilienne répoussait avec raison.

Les mariages entre Blancs et femmes de couleur sont très-fréquens dans les classes moyennes et inférieures, et n’ont rien de choquant ; on voit même de ces unions dans les classes plus élevées. On ne s’en formalise que quand une femme blanche

d’une famille riche et considérée épouse un homme d’une couleur tr

- foncée ; encore ces unions sont-elles moins un sujet de blâme que d’étonnement.

Un fait qu'on ne saurait nier, c’est qu'au Brésil le public se montre beaucoup plus tolérant pour ces mariages qu'on ne l'est généralement en Europe et dans les mêmes classes de la société à l'égard des mésalliances. Néanmoins est chose fort naturelle qu'un Blanc de bonne famille préfère $’allier à une femme blanche; car les femmes de cette couleur et le sang européen ont toujours l'avantage, et forment une espèce d’aristocratie; mais cette préférence n'existe qu’en ce sens que, toutes choses étant d’ailleurs égales, la couleur foncée et le sang africain doivent céder le pas. Du reste, un Blanc de distinction se déciderait tout aussi difficilement à s'unir à une femme blanche de basse classe, qu’à prendre une femme de couleur.

Les femmes mulâtres se distinguent par leur amabilité et par les avantages du corps

et de l'esprit. Les embarras qui résultent des passions qu’elles inspirent, et des obs-

tacles élevés par leur naissance, amènent souvent des unions d’une espèce très-sin-

gulière. Qu'un homme considéré éprouve de l'inclination pour lune d'elles, il arrivera souvent, si des considérations de famille empêchent de l’épouser, qu'il la prenne chez lui. Elle demeurera des années entières à la tête de son ménage, ce qui n’empêchera qu’elle ne recoive et ne rende les visites que lui font des femmes mariées et même les plus estimées. Quelquefois le mariage ne se fait qu'après plusieurs années et quand cette liaison a déjà produit beaucoup d’enfans. Si d’impérieuses raisons contraignent Fhomme à prendre une autre femme, il donne une dot à sa Mulâtre, qui trouve facilement un mari de sa couleur et de son état; car on la regarde comme une veuve, et point du tout comme une femme de mauvaises mœurs. Quelque chose que l'on puisse penser de ces unions, d’après les préceptes ordinaires de la morale et les idées européennes, lopinion publique les tolère au Brésil, sans y attacher aucun blâme, et même l’expé-

rience a prouvé que le plus souvent elles sont heureuses pour les deux parti

ans

compromettre en rien leurs relations sociales. Ordinairement les femmes mulâtres

font preuve envers leur ami d’une grande fidélité, et sont capables de soins assidus,

au point de faire honte aux unions consacrées par la loi et sanctifiées par l'Église. = Les alliances entre les Blancs et les femmes mulâtres sont fréquentes, en raison surtout de ce que les parens de couleur, quand ils sont aisés, marient très-volontiers leurs filles à des Blancs, sans trop s'arrêter au désavantage de leur position sociale. Aussi les jeunes gens d'Europe, quand ils ont un extérieur agréable et quelques notions du commerce, contractent facilement des mariages riches avec des femmes de couleur. On remarque dans tout cela une tendance constante des couleurs foncées, à rapprocher leur postérité de la couleur blanche : c’est ce qui donne la clef de beaucoup de choses qui pourraient être pour l'Européen un sujet d’étonnement.

Après ces observations sur les Mulâtres du Brésil, nous passons aux costumes,

au caractère, aux mœurs des habitans des diverses provinces, et il ne sera pas né-

cessaire de répéter que par Brésiliens nous entendons, une fois pour toutes, nonseulement les Blancs nés au Brésil, mais tous ceux qui, pour un motif tel quel, sont regardés comme Blancs; enfin, pour ce qui concerne les classes inférieures, il faut y ajouter la plupart des Mulâtres.

IL serait difficile de peindre en traits prononcés et généraux le caractère national des Brésiliens ; d'autant plus difficile qu'ils commencent à peine à former une nation. Ils participent, en général, aux traits principaux du caractère portugais. D’un

autre côté, l’on voit les classes élevées, et surtout dans les ports de mer, renoncer

à ce qu’elles ont d’original, pour s’'adonner à limitation des mœurs anglaises, imitation qui ne peut tourner beaucoup à l'avantage des habitans, et qui malheureusement n’est propre qu’à déguiser la faiblesse et l'absence de solidité sous des exigences et des formalités de tout genre. Ces mœurs d'ailleurs supposent un degré de civilisation qu’elles ne donnent pas : de plus, elles restreignent la manifestation et les développemens des dispositions naturelles dont les peuples méridionaux sont si richement doués, et; le plus souvent, elles les rejettent comme étrangères au ton de la bonne compagnie.

S'il y a peu de différence à cet égard entre Lisbonne et Rio-Janeiro, il en est autrement des classes inférieures : celles-ci peuvent seules être appelées du nom de peuple. En effet, rien chez elles n'arrête les développemens du caractère natio-

nal; car elles se distinguent à Rio-Janeiro et dans les environs des classes inférieures

du Portugal, ou du moins de la capitale du Portugal, par leurs manières plus ouvertes , et elles ont une plus grande activité. Tout à Rio-Janeiro est plus animé, plus bruyant, plus varié, plus libre. Dans les parties de la ville habitées par le peuple,

la musique, la danse, les feux d'artifice, donnent à chaque soirée un air de fête, ec si

dans les paroles qu’accompagne la mandoline, si dans les conversations bruyantes des groupes il n'y a pas ni beaucoup de vigueur ni beaucoup de délicatesse, on y remarque du moins de l'esprit et de la raison. Le peuple des autres villes maritimes, par exemple de Bahia, de Pernambouc, ressemble, il est vrai, à celui de Rio-Janeiro; mais il y a moins de légèreté dans les habitans de ces villes, surtout dans ceux de Pernambouc. Ceux-ci ont plus de penchant à s'attacher à un sujet quelconque, à s’y livrer avec passion et de toute leur ame ; aussi paraissent-ils à la fois plus impétueux et plus grossiers.

Les habitans des provinces de l'intérieur et du sud sont bien différens de ceux des provinces du nord et de la côte. C’est ce que l’on remarque principalement chez les Paulistes et les Mineiros, ce qui n'empêche pas qu'il n’y ait encore des divergences locales d’affaires et de mœurs, qui modifient à leur tour le caractère provincial. Le commerce extérieur de la province de San Paulo n’est pas aussi animé que celui de Rio-Janeiro; elle est moins peuplée que les provinces maritimes, et Santos même, sa capitale, n’a pas une aussi grande masse de population. Il en résulte que le peuple proprement dit est, à l'égard de l’ensemble des habitans, dans une proportion beaucoup moindre qu'ailleurs, et qu’on trouve dans les classes inférieures plus de réflexion, plus de dignité individuelle. Une franchise qui devient souvent de la rudesse, un sentiment d'honneur accompagné d’une: grande susceptibilité, à laquelle se joint assez fréquemment un esprit méfiant et vindicatif, enfin, de l'audace, de la force physique, de l'adresse et une infatigable activité pour toutes sortes d'entreprises, tels sont les caractères qui dès les premiers temps de la colonie ont distingué les Paulistes du reste des habitans.

L'histoire de San Paulo est, sous bien des rapports, la partie la plus essentielle de celle du Brésil. L'amour des Paulistes pour la liberté fit naître de nombreuses contestations, tant entre eux qu'avec le gouvernement que la métropole avait établi dans ce pays. Au seizième siècle cet esprit d'indépendance prit de tels développemens qu’on y vit pendant quelque temps régner des formes toutes républicaines. Les historiens portugais ont fait aux Paulistes une fort mauvaise réputation relativement à leur esprit de trouble et d’insubordination, réputation que d’ailleurs ils ont bien méritée par la cruauté avec laquelle ils s’attachèrent à poursuivre et à détruire les Indiens, et à paralyser les efforts bienfaisans des jésuites.

Il est des faits qui donnent à l’histoire de San Paulo un grand intérêt, et qui justifient l’orgueil que les Paulistes fondent sur leur origine : telles sont leurs entreprises hardies contre les Indiens ou contre d’autres ennemis, par exemple contre ceux de la

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(Sa)

colonie de Faubaté, ou bien contre les Espagnols du Par:

aguay; telles sont encore les

expéditions avantureuses de petites troupes guidées par des chefs audacieux, à travers

les déserts de l'intérieur, pour y chercher l'or et les pierres précieuses. Ces faits ex- 30E y

pliquent en même temps plusieurs traits de leur caractère.

L'esprit entreprenant des Paulistes s'exerce maintenant dans un cercle plus paci-

fique : cette ardeur qui les poussait vers lor et les diamans que renferment les montagnes lointaines de Minas, de Goyaz et de Cujaba, s'est tournée vers la cul-

ture d’un sol fertile, qui est situé sous le climat le plus doux de la terre; ils s’ap-

pliquent aussi à l'éducation des bestiaux. Toutefois de nos jours encore on ren-

contre des Paulistes dans presque toutes les parties du Brésil; ils y sont colons,

ou cherchent fortune par tout autre moyen: On les regarde aussi comme les meil-

leurs soldats du Brésil, et dans la dernière guerre de Buenos-Ayres leurs régi-

mens de milice ont soutenu cette réputation. Il ya dans le caractère et dans les

mœurs des Paulistes bien des choses que lon peut expliquer par le mélange du sang espagnol; en effet, il est arrivé dans leur pays plusieurs émigrations des colonies que cette nation a dans le voisinage: c’est ce qu'atteste cette multitude de noms espagnols usités dans cette province. De là une grande simplicité dans les mœurs et dans les besoins de la vie, l'absence de luxe, même dans les classes élevées, surtout en ce qui concerne les meubles et la batterie de cuisine; de là enfin cette cordialité qui règne dans la société. La musique, la danse, la conversation y remplacent les cartes, qui sont au premier rang des plaisirs dans la plupart des autres villes du Brésil, où l’on se conforme sur ce point aux habitudes portugaises et anglaises, tandis que les Paulistes ont conserv é les Tertullas d’Espagne.

Les différences qu'on remarque entre le caractère des habitans de Minas Geraes, appelés Mineiros, et celui des Paulistes, sont grandes; elles pourraient étonner, surtout si lon considère que pour la plus grande partie la première de ces provinces a reçu sa population de San Paulo. Cependant ces différences s'expliquent au moyen

de l'arrivée d’aventuriers de tous les pays. L'immense abondance de l'or de Minas Geraes, le gain facile que présentait autrefois ce métal, ne pouvaient manquer d’amener deux conséquences assez fâcheuses pour le caractère des Mineiros, l'oisiveté et la prodigalité, qui marchent accompagnées de toute sorte de déréglemens. Il faut ÿ ajouter d’autres circonstances d'un très-mauvais effet : l’affluence de vagabonds de toutes les parties du Brésil, les prohibitions d'exportation de l'or et des diamans audelà des limites de la province, etc. Il est résulté de tout cela beaucoup de tromperies,

de crimes et de violences : il ne faut donc pas s'étonner si le peuple de Minas Geraes

(35) n'a pas une très-bonne réputation. La décadence de l'exploitation de l'or, en rejetant une grande partie de la population vers l'agriculture et l'éducation du bétail, opérera un changement salutaire dans le caractère du bas peuple.

Dans toutes les parties du Brésil les costumes ont conservé quelque ressemblance avec ceux que porte le peuple dans la métropole et en Espagne. N éanmoins l'influence des modes de France et d'Angleterre se fait sentir dans les provinces maritimes et à Rio-Janciro, car le Brésil n’a point encore de fabriques, et sous le gouvernement portugais il était défendu d'en établir.

A Rio-Janeiro les hommes portent des vestes courtes de toile ou de coton, de

longs pantalons avec des ceintures de soie de diverses couleurs, puis le chapeau à

larges bords et de forme conique, que l'on a emprunté au Chili, enfin la capa (le

manteau) à la maniè

e espagnole. Dans la capitale le vêtement des femmes est sou-

mis à l'empire variable de la mode. Cependant elles ne changent volontiers ni létoffe ni la couleur de leur robe, qui le plus souvent est d’atlas noir. Le noir est aussi la couleur du voile, sans lequel ordinairement aucune femme ne sort: elles ont des fleurs très-fraiches dans les cheveux et à la ceinture, et portent une toile légère, appelée pannuelo , ou bien une guirlande dont les couleurs variées adoucissent ce que leur robe a de trop sombre.

Les duègnes âgées ont toujours la tête couverte d’un mouchoir, et sont revêtues d’une mantille, pour laquelle on prend le plus ordinairement des étoffes de couleur claire. Les costumes des provinces de la côte ne diffèrent que fort peu de ceux-ci. Plus on s'éloigne des ports de mer, plus il y a de simplicité. La mantilla devient d’un usage plus général : un chapeau de feutre rond et à plumes prend la place du voile tant à San Paulo qu’à Minas, et comme le climat plus tempéré nécessite des vêtemens plus chauds, on voit dans l'intérieur de leurs maisons les femmes revêtues d'un surtout

de toile légè

souvent cette redingote est remplacée par la simple toile que portent les Négresses, et que lon met en manière de schal.

Les costumes qui ont le plus d'originalité , sont ceux des hommes de Minas et de Goyas, et surtout ceux des tropeiros chargés de la conduite des mulets. Leur tête est couverte d’un grand chapeau de feutre gris, à retroussis ; leur camisole et leurs

culottes sont brunes; leurs bottes, d'un cuir flexible, viennent jusqu'à moitié de la

cuisse, mais on peut les rabattre. Pour complé r cette mise, ajoutez-y un grand manteau, qu'on ne rejette pas par-dessus l'épaule, mais qui présente une ouverture pour ÿ

passer la tête. Ce qui relève encore le grotesque de cet acoutrement, c’est une ma-

nière bizarre de s’armer; ce sont des cannes à épée, de longs fusils, et tout lattirail

(34) de selle qui rappelle la chevalerie; puis de lourds étriers et des rubans de diverses couleurs, noués à la crinière des chevaux.

Il est encore une chose digne d’être décrite, c’est le costume des campagnoles, qui sont habillés de peaux de bêtes des pieds jusqu’à la tête, et qu’on voit répandus

s campos de Goyas et de Minas. Nous y joignons un chasseur des forêts

dans les vas

de Mattogrosso, revêtu de sa cotte-de-mailles, et nous terminons ce cahier et cette

division par un dessin qui représente une famille de pêcheurs indiens domiciliés ;

nous ayons vu ces conducteurs audacieux des jangadas le long de la côte de Bahia

à Pernambuco.

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