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inexplorés, ce qui produit un total de deux cent cinquante-six mille âmes, Plus tard, dans une révision de sa statistique, le savant auteur y fait des corrections et des additions qui porteni le total définitif à quatre cent vingt-trois mille deux cent vingt-neuf Indiens. Mais la différence énorme qu'il y a entre ce dernier chiffre et le premier, aussi bien que l'analyse de certains groupes, celui des Dacotats, entre autres, lequel n'a que sept mille âmes pour #rente-deux tribus, nous donnent la conviction que ce total général s'élève à peine au quart du nombre réel de la population indienne. En ceci, d'ailleurs, nous sommes d'accord avec quelques écrivains, qui en font monter le chiffre à deux millions, y compris les possessions anglaises.
Les Indiens sont divisés en nations et en tribus. On donne le nom de nation aux peuplades qui tirent leur origine d’une même souche. Ainsi les Serpents, les Comanches et plusieurs autres peuplades du Nouveau- Mexique, de Ja Haute-Californie et du Texas, sont sortis de la nation des Shoshonies. Les tribus se divisent à leur tour en bandes ou villages. qui quelquefois abandonnent leur nom primitif pour prendre celui du pays qu'ils habitent, ou de la rivière auprès de laquelle ils se trouvent. ya des tribus qui n'ont qu'un village, et d’autres en ont phisieurs. Les bandes se composent quelquefois de cent et même de cinq cents loges, wigwams où tentes. Une agglomération plus considérable de familles rendrait un long séjour dans le même lieu impossible aux tribus qui vivent exclusivement des produits de la chasse. Chaque loge coptient en moyenne dix personnes. Quant aux guerriers, le nombre varie selon la situation et la condition des Indiens. D’habitude, on en compte un sur quatre individus; quelquefois un sur cinq. Pour les tribus pauvres où entourées de nations hostiles, on n'en trouve souvent qu'un sur dix et même douze personnes, car les guerres, les chasses et les fatigues en font périr un grand nombre,
On voit aussi des confédérations formées d'une grande tribu et de plusieurs petites, que les écrivains confondent quelquefois comme si elles d'en faisaient qu'une; mais cette erreur ne pourrait exister si or les exanjnait ottentivement, car, dans ces confédérations, qui ont été formées dans un but de protection et de conservation mutuelles, on rencontre souvent des différences très-grandes de langues, de coutumes,
d'usages et de traditions. Les divisions des tribus, qui, dans le prin-
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cipe, ne faisaient qu'un seul et même peuple, ont pu se produire de différentes manières. Dans une guerre ou une grande chasse, il a dû y avoir des partis plus ou moins considérables d'individus qui auront été séparés du corps principal, et la réunion offrant ensuite trop de difticultés et de dangers, les fractions se seront établies dans les contrées où elles trouvaient de la sécurité et des ressources. Malgré cette scission, les langues et les traditions historiques et religieuses se sont perpétuées dans les familles. C'est ainsi qu’on reconnaît que les Chippeways ne sent qu’une fraction des Algonquins. Les Assinniboins offrent la même parenté avec les Sioux, et plusieurs autres peuplades se trouvent dans le mème cas. Une autre cause non moins réelle de cette division, c’est le caractère d'indépendance absolue des Indiens; rien ne lie entre eux les membres mêmes d’une tribu et ne les oblige à vivre ensemble; faisant enfin la part de l'instinct de conservation, ils se seront décidés à se séparer pour chercher une nourriture devenue bientôt rare dans un pays trop habité.
Quant aux tribus dont le nom s’est perpétué jusqu’à nos jours, elles sont encore en très-grand nombre. Il est vrai que la plupart sont presque éteintes et qu'elles se bornent à quelques familles; néanmoins, il en reste beaucoup qui ont conservé leur puissance, leur prestige, leurs traditions, leurs mœurs et leurs usages. Nous terminons ce chapitre par la nomenclature des tribus de l'Amérique du Nord, qui nous sont connues soit par l’histoire, soit par nos voyages personnels, soit par les rapports des trappeurs et des voyageurs sur l'autorité desquels en peut compter.