C. ÉMERY
Les deux segments du pédicule sont peu inégaux; le deuxième pas beaucoup plus court et plus gros que l’autre; le premier porte en dessous, en avant, une grande dent comprimée. Quelques longs poils dressés sur les tibias, plus nombreux sur les scapes.
Pheidologeton cliversus et affinis Jerdon.
Si l’on tient compte des énormes différences de taille, de forme et de sculpture qui séparent les ouvrières les plus petites et les plus grandes d’une même espèce de Pheidologeton , il n’y aura pas lieu d’être surpris de voir une seule espèce décrite par le même auteur sous plusieurs noms différents. Ce n’est que par 1 1 comparaison d’un matériel très considérable que je suis arrivé à me faire une notion exacte de la synonymie des deux espèces les plus communes, les seules, je crois, qui soient répandues sur le continent indien et qui se retrouvent sur les îles, en compagnie de plusieurs autres espèces dont l’habitat paraît plus limité1. Leur synonymie peut être formulée comme suit :
Pheidologeton diversus Jerd.
Oecodoma diversa Jerdon. Madras Journ. etc., 1852, p. 10).
Pheidole ocellifera F. Smith. Cat. Brit. Mus. Formicidæ, p. 174.
Pheidologeton ocellifer Mayr. Yerh. Zool. Bot. Ges. Wien, 1862, p. 750. Pheidologeton divemis Boger. Verz. Formicidæ, 1863. p. 30, n. 820.
Pheidole pabulator F. Smith. Proc. Lin. Soc. V suppl., 1861, p. 112.
Pheidole megacephala F . Smith. Ibid., p. 112.
Pheidologeton affinis Jerd.
Oecodoma affinis Jerdon. 1. c. p. 110.
Atta bellicosa F. Smith. Cat. Brit. Mus. Formicidæ, p. 164.
Soknopsis laboriosus F. Smith. Proc. Liun. Soc, Zool. VL 1861, p. 48.
Solenopsis calida F. Smith. Ibid. VII, 1863, p. 22.
Pheidologeton affinis Boger, i. c. p, 30, n. 819.
1 Ph. nanus Rog. et pygmæus Émery se distinguent par leur taille minusculer Ph. silenus F. Sm., par les épines de son prothorax qui lui donnent une certaine ressemblance avec un Lophomyrmex ; Ph. transvei'salis F . Sm. de Céléhès paraît être une bonne espèce. Ph. taprobanæ F. Sm. est trop petit pour être la 9 de affinis.
FORMICIDES.
Il me semble hors de doute que Jerdon a eu sous les yeux l’espèce répandue dans les collections sous le nom de ocellifer F. Sm., lorsqu’il décrivait son Oecodoma diversa. L’indication de la différence extraordinaire entre les les plus grandes et les plus petites, qui dépasse ce que l’auteur a observé chez d’autres fourmis, suffit à écarter toute incertitude. Il faut donc restituer à cette espèce son nom le plus ancien. Les Pheidole ocellifera et megacephala de F. Smith se rapportent aux maxima. Le Ph. pabulator du même auteur est fondé sur des exemplaires moyens et petits; quant à ce dernier, l’on pourrait soupçonner une espèce distincte, mais ce doute disparaît si l’on considère la coloration caractéristique des ^ minima qui conservent la couleur foncée des plus grands exemplaires et dont leflagellum est pâle, tandis que le scape est brun.
Il Oecodoma affinis Jerdon diffère du précédent, selon l’auteur, outre sa taille, par sa tête plus fortement striée et échancrée (notched) en avant et par ses mandibules dentées et striées. Ce dernier point semble, d’abord, ne pas bien s’appliquer à l’espèce comme généralement sous le nom de laboriosus F. Sm., parce que nous avons actuellement l’habitude de regarder les insectes avec de fortes loupes; mais, si l’on fait usage d’un faible grossissement, l’on peut fort bien considérer comme stries les sillons parallèles courts et profonds qui se voient sur la face externe des mandibules, près de leur bord tranchant. L’existence ou l’absence de dents dépend en grande partie du degré d’usure plus ou moins avancé. — Dans la description de VAtta bellicosa , Smith dit des mandibules de la Ç de 3 lignes de long « striated at their base and apex, » ce qui s’applique exactement à la Ç media. Mayr, qui a vu les types, a établi que cette forme appartient au genre Pheidologeton.
Il est difficile, sinon impossible, de donner une diagnose de ces deux espèces qui caractérise nettement les exemplaires de toutes les tailles; c’est ce qui a pu faire douter de leur validité.