‹ Voyage scientifique dans l'Archipel Malais (volume 2)Chapitre 89 sur 218 · L. JOUBIN · texte numérisé non relu

L. JOUBIN

Chiroteuthis Picteti il sp.

{PI. VIII et IX.)

Diagnose. Animal elongatum , serai pellucidum , acummatmn. Caput pro magnitudine corporis parvum, cylindricum, oculis salis magnis ; brachia et tentacula ut in Chiroteuthis Veranyi d'Orbigny, sed cupulce extremitatis tentaculorum non spherulam nigram ferunt. Pinnœ non terminales , rotundatce , in dorso conjunctœ; corpus longe sub alis extensum. Œadius tenais cujus partes latérales in medio coalescentes et recurvce tubulum formant, apertura ovata, superiore, obliqua apertum.

J’ai reçu de cette espèce deux échantillons malheureusement en fort mauvais état, malgré la fixation dans Pacide picrique. Dans les deux exemplaires la tête et les bras étaient séparés, au niveau de la base du siphon, du reste du corps, de sorte qu’il était difficile tout d’abord de se rendre compte à quel corps appartenait chaque tête. A quelques indices j’ai pu cependant reconstituer les deux animaux entiers.

Ces deux Céphalopodes devaient avoir une forme et un aspect des plus beaux lorsqu’ils étaient vivants. Ils sont plus élancés et de dimensions plus élégantes que le Chiroteuthis Veranyi d’Orbigny, et surtout que le Chiroteuthis lacertosa VerriU; d’après ce que j’ai pu constater sur ces animaux conservés dans l’alcool, le corps était absolument transparent, bleu, à reflets irisés verts et jaunes sur la tête, principalement dans le voisinage des yeux. Des taches rouges et violettes étaient certainement apparentes sur les bras, comme on peut en juger là où les chromatophores ont été conservés.

Malheureusement la déchirure du corps au niveau du siphon a détruit la plupart des viscères, de sorte qu’il est à peu près

CÉPHALOPODES DAMBOINE.

impossible de se rendre compte, dans leur état actuel, de la disposition des organes.

Ces deux échantillons n’étaient pas de même dimension, bien que très grands tous les deux. J’ai figuré le plus petit des deux en entier, et donné un simple contour du sac viscéral avec la nageoire de l’autre, sensiblement plus grand. On peut se rendre compte par ces deux dessins (PL VIII et fig. 2, PL IX) que la forme de la région abdominale est un peu différente dans les deux types ; c’est peut-être une variation sans importance , ou bien cela tient à une différence de sexes ; je ne puis rien affirmer relativement à ce dernier point, n’ayant pu constater la nature des glandes génitales que sur le plus grand des deux, qui est une femelle; elles étaient complètement absentes dans l’autre. En tout cas, sur aucun des deux animaux je n’ai trouvé trace d’hectocotylisation.

A part cette différence entre les deux abdomens, la tête et les bras étaient absolument identiques dans tous leurs détails, et ce qui sera dit de l’un se rapporte à l’autre.

Avant de décrire ces animaux il est nécessaire de dire que je n’ai trouvé, parmi les Céphalopodes actuellement connus, aucune autre espèce qui s’y rapporte. C’est bien évidemment un Chiroteuthis ; mais à première vue il est certain que ce n’est ni Ch. Bomplandi Verany, ni Ch. Veranyi d’Orbigny. On ne peut non plus les rattacher à Ch. lacertosa Verrill;ils en diffèrent par la forme du corps qui, dans l’espèce d’Amboine, est prolongé au delà de la nageoire, par un abdomen cylindrique, qui manque dans Ch. lacertosa ; la plume est aussi bien différente dans les deux espèces, de même que la forme du corps et des bras.

Ce qui se rapproche le plus de notre espèce, c’est le fragment de plume décrit par Hoyle dans son Beport du Challenger; mais, là encore, il y a des caractères différents dans les deux cas, ce qui fait que l’espèce innommée de Hoyle, et dont il n’a d’ailleurs pas vu autre chose que des fragments de la plume, ne doit

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