‹ Voyage scientifique dans l'Archipel MalaisChapitre 33 sur 97 · L. ROULE · texte numérisé non relu

L. ROULE

lières, qui se recourbent, se dressent et se soudent, portant toujours leurs polypes, de manière à construire une colonie massive.

Observations sur la diagnose. Cette forme nouvelle s’écarte des représentants ordinaires du genre Clavularia par la disposition de sa membrane basilaire. Pourtant une telle conformation n’est pas de règle constante, et plusieurs exemplaires ne la montrent pas. Chez ces derniers, la membrane demeure continue, entière, et appliquée au support ; l’allure est celle que l’on observe d’habitude chez les Clavularia .

Aussi pourra-t-il paraître excessif de créer un genre nouveau pour une structure sujette à variations. Tel n’est, pas mon avis, et je partage entièrement sur ce sujet l’opinion de Y. Pelage et Hérouard (6) à l’égard de leur genre Hicksonia , dont mention est faite plus loin. La valeur réelle d’une forme ne se mesure pas seulement à sa disposition matérielle, mais encore à sa signification propre. Or, celle-ci est considérable. Se montrerait-elle seulement comme indication passagère, elle n’en a pas moins une grande portée biologique. On ne doit pas la méconnaître, car il s’agit ici d’un type de transition, établissant le passage des colonies étalées en surface aux colonies dressées en hauteur. Pour restreinte et variable que soit cette structure, elle mérite de se retenir, et de se fixer par un nom. Elle a, dans la réalité, une importance égale, sinon supérieure à celles d’autres genres, établis à demeure, et qui ne valent que par là. Qu’elle corresponde à un rappel fortuit des conformations ancestrales ayant accompli jadis le passage, ou qu’elle consiste en une variante nouvelle, préparant une évolution à venir, Pachyclavularia a vraiment sa valeur personnelle, digne de figurer dans la nomenclature.

Je regrette que l’état des échantillons ne m’ait pas permis de les étudier à fond. Autant qu’il me fût possible de m’en assurer, et je reprendrai ailleurs ces notions, l’épaisseur de la membrane basilaire, et celle des polypes, sont du fait de la mésoglée, forte et consistante ; sur ce point Pachyclavularia se rapproche de Sic-

ALCYON AIRES d’aMBOINE

reosoma Hickson (16) et de Hicksonia Delage et Hérouard. Ces trois types placent leur aire de répartition dans les régions Indo- Pacifiques. Il serait à souhaiter qu’un zoologiste pût les examiner en détail, d’après des échantillons complets et vivants.

Diagnose différentielle. Si Pachyclavularia se place à côté d eStereosoma et d’ Hicksonia , elle en diffère d’autre part, et ne se confond pas avec eux. Chez Stereosoma, la membrane basilaire reste étalée en surface. Chez Hicksonia , certains exemplaires, imitant en cela quelques variations de Pachyclavularia, demeurent étalés, mais d’autres se dressent en hauteur. Seulement, chez ces derniers, l’accroissement dans le sens transversal ne se manifeste point à la façon de Pachyclavularia ; il se fait grâce à l’élongation des polypes, facilitée par la production de tubes connectifs, mettant en relation, à plusieurs niveaux, les cavités gastriques. En outre, Hicksonia est un Stolonifère, tandis que Pachyclavularia appartient à la catégorie des Membranipodes. Hicksonia se présente comme variante orientée vers les Tubiporides, Pachyclavularia comme variante dirigée vers les Sympodides et les Alcyonides.

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