‹ Voyage scientifique dans l'Archipel MalaisChapitre 56 sur 97 · L. ROULE · texte numérisé non relu

L. ROULE

tincts. Groupes de polypes orientés transversalement par rapport à l’axe longitudinal de la colonie, et disposés sur deux rangées symétriques et longitudinales. Dans chaque rangée, les groupes inférieurs comprennent des polypes incomplets, et les supérieurs des polypes bien développés, disposés en grand nombre sur 2 à 5 rangées. Ces groupes s’insèrent directement sur la tige. Pas de lames véritables. Pas de calices, ni de spiculés.

Observations sur la diagnose. La description précédente dénote que ce genre appartient à la famille des Yirgularidés. Son allure générale est celle d’une Virgularia , notamment celle des espèces, telle V.juncea Pall. par exemple, dont les lames sont courtes et petites ; mais l’absence totale de ces lames, ou leur présence à l’état rudimentaire, créent en sa faveur une distinction appréciable.

La privation de lames tendrait à faire placer cette forme nouvelle dans le genre Svava , créé par Damelssen et Koren (5) pour des exemplaires recueillis dans les mers arctiques. Mais les polypes de Svava possèdent des calices ; ils ne s’assemblent, dans chaque groupe, qu’en nombre restreint. Les deux tj'pes, malgré leurs évidentes affinités tenant au défaut de lames, offrent donc des dispositions dissemblables, et leurs différences dépassent celles qui séparent habituellement des espèces. Il convient, par suite, de créer pour cette forme un genre nouveau, et de donner à ce genre un nom, Svavopsis, qui précise les relations.

Svavopsis n’est représenté, dans la collection d’Àmboine, que par un exemplaire. Il peut sembler excessif d’admettre, en pareil cas, une telle création nouvelle. Pourtant, il importe de considérer, ici comme au sujet de Pachydavularia (voir plus haut), non seulement la stricte valeur taxonomique, mais encore la valeur biologique. Svavopsis et Svava établissent la transition des Pennatulidiens privés de lames à ceux qui en possèdent. Ils ont, comme les premiers, une tige lisse et entière ; mais ils ont déjà, comme les seconds, leurs polypes assemblés en groupes séparés,

ALCYONAIRES d’aMBOINE

distincts, disposés suivant une symétrie bilatérale. Qu’il s’agisse de conformations vraiment fixées, dont le hasard des recherches constitue la seule rareté, ou de variantes accidentelles, leur signification n’en est pas moins considérable, et se doit exprimer par un signe patent.

Svava et Svavopsis marquent de façon précise le passage des Junciformes aux Penniformes. Ils se rattachent de près à Virgularia; ils ont, comme ce dernier genre, les groupes inférieurs composés de polypes petits, incomplets, Les auteurs nomment, chez Virgularia, ces groupes inférieurs des « lames rudimentaires » ou se servent de termes équivalents. Ces expressions sont inexactes, 'car les polypes de ces groupes s’attachent directement à la tige ; les lames véritables font défaut. Les différences surviennent à l’égard des groupes supérieurs. Ceux de Virgularia sont montés sur des lames véritables, courtes chez les espèces du type V. juncea , plus amples chez les autres ; tandis que ceux de Svava et de Svavopsis continuent à s’insérer immédiatement sur la tige, conservant ainsi une disposition semblable à celle des groupes inférieurs, et montrant par là une conformation comparable à celle des Juncines.

Un autre genre de Pennatulidiens, Stephanoptikim L. Ptoule (89), recueilli dans l’Océan Atlantique, sur les côtes du Maroc, par le « Talisman, » accomplit aussi, en son sens, une transition de cette sorte. Mais le passage y est réglé de façon moins précise, car les étapes de l’évolution sont moins nombreuses et moins voisines.

Diagnose différentielle. Les affinités les plus étroites de Svava et de Svavopsis vont donc vers Virgularia, puis, par là, vers Halisceptrum Herkl. et les franches Pennatulides. Mais Svavopsis montre aussi quelque ressemblance avec Lygus Herkl. Les groupes des polypes sont presque opposés, car leur alternance s’indique à peine: ceci établit une relation entre les deux genres.

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