Thalassianthus sp
Un petit échantillon en mauvais état.
Les Actiniaires de l’Insulinde sont déjà connus d’après des collections recueillies à Amboine, à Ternate, et étudiées par Kwietxiewski (1897-1898), tout comme les Alcyonaires des mêmes localités furent décrits par Burchardt (1898-1902) et Hentschel (1902) pour Amboine, par Germanos (1896), Kückenthal (1896), Schenk (1896), pour Ternate. Malgré ces relations, qui datent de plusieurs années, et qui semblaient des plus complètes, les recherches plus récentes de MM. Bedot et Pictet à Amboine ont permis de trouver des documents complémentaires, et d’une certaine importance. Elles m’ont donné les moyens, à F égard des Alcyonaires, de signaler et de décrire une intéressante faune de Pennatulidés (1908). Elles permet-
LOUIS ROULE
tent, au sujet des Actiniaires, de rattacher, et mieux que ne l’avaient fait les auteurs antérieurs, la faune de l’Insulinde à celle de l’Afrique orientale, soit, celle des régions placées dans l’est de l’Océan Indien à celles de l’ouest. Elles procurent ainsi, quant à ces êtres, et comme on pouvait le présumer d’après les connaissances acquises sur d’autres groupes, une plus grande homogénéité à la faune de l’Océan Indien inter-tropical.
La collection, ici décrite, est restreinte. Elle complète pourtant les données fournies par Haddon et par Kwietniewski. Les travaux de Haddon sont les premiers en date. Cet auteur, soit seul, soit en collaboration avec A. Shackleton, décrit en 1891 et 1893, pour y revenir ultérieurement en 1898, les espèces qu’il a recueillies dans le Détroit deTorres. Il en compte 54, dont 1 de Cerianthides, 13 de Zoanthides, et 39 d’Hexactinides. La plupart, 40 environ, sont considérées par lui comme nouvelles.
Plus tard, en 1897, Kwietniewski décrit 4 espèces de Ternate : 3 d’Hexactinides, qu’il prend pour non décrites, et 1 de Zoanthide qu’il rapporte à un type de Haddon et Shackleton. L’année suivante, il décrit les Actiniaires d’Amboine, recueillis par Semon, et il trouve, dans cette collection, 20 espèces, dont 19 traitées par lui pour nouvelles, et 1 seule déjà connue.
Je ne puis, pour ma part, accepter en leur entier de pareilles conclusions. Tout en estimant que la faune des Actiniaires de l’Insulinde soit particulièrement riche, il me paraît bien difficile que deux collections, l’une formée à Amboine et Ternate, l’autre dans le Détroit de Torres, et prises également dans les zones d’accès facile de la région littorale, ne contiennent que des espèces différentes, ou peu s’en faut. Très probablement, plusieurs de ces noms spécifiques, même génériques, font double emploi.
La même remarque s’applique, sans doute, aux recherches accomplies, quant au même sujet, sur la partie occidentale de l’Océan Indien. Les travaux de Carlgren (1900) et de Fax
ACTINIAIRES ü’ AMBOINE
(1909) sur Madagascar et Zanzibar; ceux de Klunzinger (1877) et de Kempf (1905 ; collection recueillie par Ch. Gravier dans le Golfe d’ Aden) sur la Mer Rouge et son seuil méridional, donnent à cet égard des indications qui mériteront une révision. Pax résume ces dernières par un tableau, où il donne, à la partie occidentale de l’Océan Indien (Madagascar et Zanzibar), une proportion d’espèces endémiques d’Actiniaires égale à 63,1 °/0 ; les espèces communes avec la Mer Rouge y compteraient seulement dans la proportion de 21 °/0, et celles qui se retrouvent aussi dans les îles Indo-pacifiques pour 5,3 %*
Or, dans la présente collection, draguée à Amboine, en pleine Insulinde, et sur 7 espèces suffisamment caractérisées, 2 seulement n’ont été rencontrées encore qu’à Amboine, 2 sont communes à cette dernière localité et au Détroit de Torres, et 3 appartiennent à un cycle de formes dont les types les mieux et les plus complètement décrits provenaient de Madagascar ou de Zanzibar. Sans insister outre mesure sur de tels faits, et sans donner à cette révision critique plus d’ampleur qu’elle n’en saurait comporter, il me semble donc qu’il y ait, quant à la distribution géographique des espèces d’Actiniaires dans l’Océan Indien, une plus grande uniformité qu’il ne paraîtrait d’après les travaux des auteurs.
LOUIS ROULE