‹ Voyage sentimental (volume 2)Chapitre 48 sur 57 · LE BOUQUET · texte numérisé non relu

LE BOUQUET

— Le reste! Monsieur, me dit — il quand je lui eus expliqué ce qui me manquait... 11 n'y avait que deux feuillets : celui-ci et un autre dont j'ai enveloppé le bouquet que j'ai donné à la demoiselle qui m'attendait sur le boulevard. — Je t'en prie, Lafleur, va chez elle, et tache de rattraper ce feuillet. — A coup sûr, Monsieur, elle l'a encore... » Et le voilà parti, leste comme un oiseau.

Il ne fut qu'un instant à revenir. Il était essoultlé, et plus abattu que s'il eut perdu la chose la

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plus précieuse. «Juste ciel! me. dit-il, Monsieur, il n'y a pas encore un quart d'heure (pie je lui ai fait le plus tendre adieu , et la volage ! en si peu de temps, elle a donné le gage de ma tendresse à un valet de pied de M. le comte.... Aussitôt, j'ai été demander mon bouquet au valet de pied... Il l'avait donné lui-même à une jeune lingère du quartier, et celle-ci en a l'ait présent à un joueur de violon , qui l'a emporté je ne sais où... — El la feuille de papier avec? — Oui, Monsieur... »> Nos malheurs étaient enveloppés dans le même papier : je soupirai; Lafleur soupira... Ah !

« Quelle perfidie! s'écriait l^alleur. — Cela est malheureux, disait son maître.

— Cela ne m'aurait pas fait tant de peine, disait Lalleur, si elle lavait perdu. — Ni à moi. Litleur, si je l'avais trouvé. »

L'on verra par la suite si j'ai ou si je n'ai [>as retrouvé ce feuillet égaré.

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