‹ Voyages aux Iles FeroëChapitre 11 sur 26 · HE · texte numérisé non relu

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trouve dans tous les villages. Une petite église du modèle uniforme, peinte en blanc, donne sa tache claire et, au fond, près de la maison du médecin entourée d'un jardinet, une magnifique cascade se précipite dans la rade de plus de 30 mètres de hauteur.

En rade, se trouve un yawl aux formes très fines : c’est le « Dauntless », ancien yacht anglais acheté par les Féringiens pour faire la pêche. La mâture a été diminuée et la voilure coupée d’une façon qui paraîtrait ridicule si l’on ne connaissait le temps qu'il peut faire dans ces régions. Westmanhavn est un centre pour ces orands yawls de pêche, et c’est pour eux qu'a Êté construit un slip à vapeur.

Le 13 août, après avoir exploré les environs, nous prenons la vedette qui, malgré ses 7 nœuds, remonte à srand’peine le courant du Westmanhavn fjord et nous débarquons sur les rochers de l’île de Waagge. L'ascension est très pénible et,dès que nous sommes à 300 mètres de hauteur, des bancs de brume à chaque instant nous enveloppent, ne nous permettant pas de voir à dix pas devant nous. Il n’y a pas de sentier, mais de ci de là quelques cairns, et nous allons de l’un à l’autre, traversant d’incroyables paysages de désolation, côtoyant d’effrayants précipices. Enfin, nous atteignons le sommet du versant et, dans une éclaircie de brume, nous

|apercevons en bas le grand lac de Sorvaags Wand qui

se déverse par une chute d’eau dans la pleine mer. Nous rentrons à bord après une descente mouvementée et nous allons faire une visite au médecin, visite

forcément courte, puisque, chose anormale dans ce

pays, il ne parle aucune langue étrangère.

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Pendant cette ascension, nous n’avons pas rencontré un seul habitant : il faut que le temps soit vraiment abominable et rende la mer impraticable pour qu'un Féringien passe par la montagne, et encore lui faut-il un cas de force majeure, comme la nécessité d'aller chercher le médecin. Mais, par contre, nous avons aperçu des quantités innombrables de moutons : il en est ainsi dans toutes les îles. Ces moutons constituent une des richesses du pays; qu'ils aient été, comme le veut la légende, importés par des pirates normands pour se créer un point de ravitaillement ou qu'ils y soient venus autrement, leur nombre dépasse 200.000. Ils vivent entièrement à l’état sauvage, pourvoyant eux-mêmes à leur subsistance, sans abri aucun, été comme hiver. Durant cette dernière saison, ils maicrissent terriblement et mènent une existence misérable : mais, en été, ils trouvent dans le gazon féringien une abondante nourriture. Nous avons vu que les villages et les terres cultivées sont entourés de hauts murs pour se défendre des moutons affamés qui détruiraient tout.

Ces animaux sont d’une agilité extrême, absolument comme des chèvres, se perchant sur les endroits les plus escarpés, sautant d’un rocher à l’autre, etc. Leur vivacité est telle que, même en prenant de grandes précautions, il nous a été impossible d’en photographier un.

Chaque habitant en possède environ un cent, et il les reconnaît aux encoches de nombre et de formes difiérentes qu’on leur fait aux oreilles. Vers le mois de juin, les habitants d’un ou de plusieurs villages, souvent de l'île tout entière, se réunissent pour construire de grands

enclos ; ils se dispersent ensuite avec leurs chiens dans la montagne : une véritable chasse a lieu alors, remplie de péripéties, car les moutons affolés se réfugient dans les endroits les plus escarpés, les plus inaccessibles. Finalement, le plus grand nombre est rabattu dans l’enclos et on arrache leur laine. Mais que les âmes sensibles se rassurent : cette opération n'est nullement douloureuse ; la laine, à cette époque, est prête à tomber et, si on ne l’enlevait pas, le mouton s’en débarrasserait

lui-même en se frottant aux rochers. On les relâche ensuite dans la montagne.

Le mouton, aux Féroé, est bête à tout faire : 1l donne sa laine pour fabriquer le national «wadmel » et les gros bas, sa peau pour les chaussures, sa viande pour la nourriture, etc. En outre, depuis quelque temps, M. Lutzen cherche à faire faire avec cette laine des tapis comme en Norvège et les résultats sont déjà satisfaisants. |

Toute la nuit, l’homme de quart pêche de prodigieuses quantités de miorues; mais, lorsque Magnus Heinessen s’en mêle, avec un calme et une habileté extraordinaires, il bat tous les records.

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De Westmanhavn à Klaksvig.

Le 14 août, il vente très fort du S.-E., par grosses rafales tombant de la montagne. À 3 h. 1/2, nous hissons la voile de cape et cherchons à appareiller ; mais les rafales trop violentes nous poussent à terre et, le cou-

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