‹ Voyages d'un fantaisiste Vienna--Le Danube--Constantinople--Chapitre 51 sur 122 · PARISIEN ET ROUMAIN · texte numérisé non relu

PARISIEN ET ROUMAIN

mode ; tandis qu'à Bucharest on s'amuse franchement. Le coffre est bon, selon l'expression, le cœur aussi et le reste à l'avenant. Le Parisien est égoïste, il veut s'amuser, mais pour lui seul. Les Roumains se mettent à plusieurs et ne s'envient pas leur plaisir; mais cette frénésie pour les jouissances matérielles, cette fièvre brûlante, cette activité dévorante qui absorbe, sans compter, les bals, le jeu, les soupers, les orgies, les fêtes et tout ce que peut rêver l'imagination la plus sardanapalesque, qui jette les louis sans compter, cet éternel mouvement vers la volupté irréfléchie, donne à Bucharest l'apparence d'un Eden hystérico-épileptique.

Bucharest. — La Grande place. — La chaussée. — Kerastereau. — Les tsiganes. — Chants bohémiens. — La population roumaine. — L'aristocratie. — Le peuple. — Types populaires. — Le monde. — La vie des Roumains. — Mœurs faciles. — - La politique roumaine. — Michel Korgonitzano.

Rustchouck, 16 septembre.

En descendant des splendeurs de la féerie aux réalités humaines, je vous dirai que Bucharest a l'apparence d'un grand village, dénué de monuments, mal pavé et généralement mal entretenu. On se croirait dans une grande ville de province et dans l'une des plus laides. Les maisons sont petites, sans caractère ; elles n'ont, pour la plupart, qu'un seul étage et sont toutes pourvues d'un jardin souvent fort grand. La ville y perd

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