ENGLISH SPOKEN
savoir ce que c’est qu’une vraie tyrolienne du Tyrol. Rainer.se rend, l’idée de se voir imprimer s’est emparée de lui. Un concert nous est promis pour le soir et Rainer sort pour revenir un instant après, conduisant par la maiiî l’une des jeunes filles citées plus haut, et qui est sa belle-sœur, mademoiselle Thérèse Prandt.
Nous sommes déjà au courant des mœurs tyroliennes, et nous savons que les étrangers sont traités en amis, qu’on s’y familiarise assez vite et que l’on n’y pose pas. Thérèse accepte, comme son beau-frère, un verre de vin du Tyrol — trèsmauvais vin, que je ne recommanderai pas à mon plus intime ennemi — et elle répond en anglais à toutes les questions que nous lui adressons.
Yoici en quatre mots l’étrange histoire de la famille Rainer, fort connue dans tout le Tyrol et dont on ne se souvient plus à Paris.
Rainer a épousé une fille de son pays, Anne trandt, et a pris avec elle, à sa charge, ses deux jeunes sœurs, encore enfants, Isabelle et Thérèse Prandt. Un peu plus tard, leur frère Aloys s’est
joint à la troupe, et tout ce petit inonde s’est nus à exploiter le talent que leur ayait donné la nature en colportant de ville en ville, de contrée en contrée, les chants traditionnels de leur pays.
N’ayant pour tout bagage que leurs costumes tyroliens, agrémentés de passementeries, enjolivés de broderie d’or et d’argent, pour toute ressource qu’un léger répertoire d’airs tyroliens, pour réclame que l’étrangeté des instruments dont ils se servent, ils ont été à Vienne, à Munich, à Londres, hormis à Paris où la place était déjà prise, si l’on s’en souvient, et ils ont rapporté de leurs pérégrinations une petite fortune péniblement amassée.
Rainer alors a eu l’idée de s’installer sur une montagne, à six lieues de tout village et de toute habitation, au bord du lac d’Achensée, dans une situation qui n’a pas sa rivale en Suisse ; il a ouvert un hôtel très-confortable et qui, pendant deux mois de l’année, ne désemplit pas. Quand Rainer doit chanter avec sa famille, on vient de plusieurs lieues à la ronde, la nouvelle se colporte