‹ Voyages dans l'intérieur du BrésilChapitre 2 sur 23 · DESCRIPTION GÉNÉRALE DES CAMPOS GERAES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION GÉNÉRALE DES CAMPOS GERAES

VAraiicaria Brasiliensis. — Rivières et ruisseaux ; calderoes, — Diamants daos plusieurs rivières et sur leurs bords. — Salubrité. — Les habitants des Gampos Geraes presque tous blancs ; leur portrait ; celui de leurs femmes ; leurs habitudes; leurs excellentes qualités ; leur ignorance. — Le commerce des bestiaux. — Propriétaires vivant tous dans leurs fazendas»'-^ Maisons ; ameublement. — Esclaves en petit nombre. — Paresse. — La vie des hommes pauvres. — Les bestiaux très-nombreux ; leurs prix ; laitage, beurre, fromage; le sel indispensable aux bêtes à cornes, de quelle manière on le leur distribue; veaux ; le rodeo ; castration. — L'élève des chevaux ; comment on les dompte. — Les moutons ; soins qu'on leur donne. — Les pâturages, macegaSf ver des; incendies. — La culture des terres ; leur fécondité; usage de la charrue ; le maïs ; le coton ; les haricots ; le froment ; le riz; le lin ; le tabac. — Les arbres fruitiers ; figuiers , vigne, pêchers , cerisiers , pruniers, pommiers^6t cognassiers , poiriers , bananiers. — Les Campos Geraes parfaitement propres à la colonisation européenne.

Les Campos Geraes , ainsi nommés à cause de leur vaste étendue, ne forment ni une comarca ni un district; c'est

(1) Je n'ai pas besoin de dire qu'il ne faut pas confondre les Campos Geraes du midi de la province de S. Paul avec les immenses campos de \U 1

2 VOYAGE 1»iLNS LES PROVINCES

une de ces portion &.da territoire qu'en tout pays on distingue, indépendaiiihHart des divisions politiques , à leur aspecty à la natuf^'ois leurs productions, à celle de leur sol : ou disparaiss^nt^es caractères qui leur ont fait donner des noms parllcuiiêrs , là sont leurs limites, et ces noms cessent d'étre*ap'pliqués. A la rive gauche de Fltareré commencent, les* €ampos Geraes, pays fort différent de celui qui le prébà^e'du côté du nord-est, et ils finissent à peu de dist^tic*ô*du Registro de Curitiba (1 ) , où le sol devient plus V inégal, et où de sombres et imposantes forêts succèdent aux ^ ;[>. Viants pâturages.

Ces campos sont certainement une des plus belles contrées que j'eusse parcourues depuis que j'étais en Amérique; ils ne sont pas assez plats pour avoir la monotonie de nos plaines de Beauce, mais les mouvements de terrain n'y sont pas non plus assez sensibles pour mettre des bornes à la vue. Aussi loin que celle-ci peut s'étendre, on découvre d'immenses pâturages; des bouqyets de bois où domine l'utile et majestueux Araucaria sont épars çà et là dans les enfoncements et contrastent, par leurs teintes rembrunies, avec le vert charmant des gazons. Quelquefois des rochers à fleur de terre se montrent sur le penchant des collines et laissent échapper des nappes d'eau qui se précipitent dans les vallées ; de nombreux troupeaux de juments et de bêtes à cornes paissent dans la campagne et animent le paysage; on aperçoit peu de maisons, mais elles sont assez bien entretenues et accompagnées de petits jar-

mème nom qu'a très-bien décrits M. le prince de Neuwied {Reise, U, 179), et qui, commençant à la limite de la n^gion des forêts dans la province de Bahia, se rattachent aux dt^scrts de Minas, de Fernambouc, de Goyaz, etc. \\) Voyez Tun des chapitres suivants.

dins plantés de pommiers et de pêchers (1). Le ciel n*est plus aussi éblouissant que sous les tropiques , mais peutêtre convient-il mieux à la faiblesse de notre vue.

J*ai fait connaître ailleurs (2) les limites de V Araucaria Brasiliensis ; j'ai dit que cet arbre change de port à ses différents âges, que dans sa jeunesse ses rameaux , comme brisés, lui donnent un aspect bizarre ; que plus tard il s'arrondit à la manière de nos pommiers ; qu'adulte il s'élance parfaitement droit à une grande hauteur et se termine par un corymbe de branches , espèce de plateau immense parfaitement égal et d'un vert foncé; enfin j'ai ajouté que les semences bonnes à manger et les écailles qui composent ses énormes cônes se séparent à la maturité et se répandent sur la terre. C'est V Araucaria Brasiliensis qui , par son élévation , l'élégante majesté de ses formes , son immobilité, le vert foncé de son feuillage, contribue le plus à donner une physionomie particulière aux Campos Geraes. Quelquefois cet arJHiifc^ pittoresque, s'élevant çà et là au milieu des pâturages , laisse admirer toute la beauté de son port, et par ses teintes rembrunies fait ressortir le vert tendre des gazons qui croissent au-dessous de lui. Ailleurs il forme à lui seul des bouquets de bois touffus ; mais , tandis que nos Pins laissent à peine quelques plantes rabougries se montrer au milieu d'eux, il naît sous la (%nifère brésilienne des herbes KTonibreuses et des sous-arbrisseaux dont le feuillage varié et les rameaux délicats contrastent avec la roideur de ses formes. Quand les Araucaria

(1) Voyez mon Aperçu d'un voyage au Brésil , 42 , ou dans les Mémoires du Muséum d'histoire naturelle , vol. IX , et ï Introduction à r Histoire des plantes les plus remarquables , XXXIX.

(2) Voyage aux sources du Rio de S, FranciscOy etc., I, 84.

admettent parmi eux d'autres grands arbres, ces derniers ont généralement un feuillage aussi obscur que le leur ; cependant , au milieu des bois peu fourrés et fréquentés par les bestiaux, on voit souvent un arbre élancé qui nonseulement par son port^ mais encore par ses teintes tranche complètement, si je puis m'exprimer ainsi, sur la Conifère brésilienne : tandis que celle-ci ne présente que quelques verticilles de branches épaisses courbées comme des candélabres , il offre un nombre prodigieux de rameaux; les feuilles de V Araucaria sont d'un vert sombre, les siennes , blanches en dessous , ressemblent , vues de loin, à celles de notre Saule; c'est le vassoura da ca^sca prêta (le balai à écorce noire ) , ainsi nommé , parce que , avec un bois blanc , il a une écorce aussi noire que l'ébène. Sur les bords du Tibagy , ce n'est plus un arbre dont l'aspect rappelle le Saule, qui contraste avec V Araucaria Brasiliensis , mais un Saule véritable aux feuilles étroites, allongées et blanchâtres, aox ramules inclinées vers la terre.

Non-seulement V Araucaria fait l'ornement des Campos Geraes, mais encore il est extrêmement utile à leurs habitants; son bois blanc, marqué de veines très-rares d'un rose vineux , peut être employé dans la charpente et dans la lâenuiserie, et, quoiqu'il soit plus dur, plus compacte, plus lourd que celui du Sapin de la Russie ou de la Norwége , on en tirera certainement un grand parti pour la mâture lorsque des communications faciles auront été établies entre les Campos Geraes et le littoral. Longues à peu près de la moitié du doigt, ses semences ne sont pas, il est vrai, farineuses comme la châtaigne, mais elles rappellent la saveur de ce fruit , et elles sont même plus délicates.

De temps immémorial elles onl contribué à la subsistance des indigènes, qui les appelaient ibâ, le fruit , le fruit par excellence (1) ; les Européens étaient à peine débarqués sur le littoral du Brésil, qu'ils apprirent à connaître Tarbrequi les produit , et c'est en grande partie de ses semences que se nourrissaient les anciens Paulistes dans leurs barbares et aventureuses expéditions contre le Paraguay (2). Encore aujourd'hui , les habitants des Campos Geraes mangent les graines de Y Araucaria BrasiliensiSy et ils les emploient avec succès pour engraisser les pourceaux. Connaissant l'extrême utilité de cet arbre , ils le respectent et ne l'abattent point sans nécessité , exception unique peut-être dans toute l'étendue du Brésil et que je signale ici avec bonheur. Au reste , il faut bien l'avouer , on a moins de mérite à ne pas détruire V Araucaria Brasilimsis qu'on en aurait à conserver tant d'autres espèces précieuses qui , chaque jour, tombent sous la cognée du colon imprévoyant. Comme nos Pins ôt-^ios Sapins , V Araucaria Brasiliensis se plaît dans les terrains sablonneux , et l'abondance de cet arbre est, pour les habitants des Campos Geraes, l'indice des lieux les moins propres à la culture.

Les bois d* Araucaria ne sont pas le seul ornement de ce pays ; des rivières et de nombreux ruisseaux contribuent à rembellir et y répandent la fraîcheur et la fertilité^. Ils n'ont pas pour lit une vase^ malsaine ; la plupart d'entre eux, chose digne de remarque , coulent limpides et avec rapidité sur des rocs aplatis, et toutes les fois que l'eau tombe, comme cela arrive souvent, d'un plan plus élevé

(1) José de Anchieta, Episl. in Not. uUramar.f I, u" 111, 160. 12) SODTHEY, Hist. Braz,, II, 306.

sur un autre qui Test moins, elle creuse dans la pierre des trous arrondis auxquels on donne le nom de calderàes (chaudrons) .

Plusieurs de ces rivières, entre autres le Tibagy et le Cachanibu, roulent des diamants qui s'arrêtent dans les chaudrons, et c'est là que les contrebandiers venaient les chercher. Cette précieuse pierre se rencontre également dans les terres voisines des ruisseaux et des rivières, et forme une des richesses des Campos Geraes.

Un fait assez remarquable prouve combien le climat de ce pays diffère de celui du nord du Brésil. En 1819, la disette avait été aussi grande qu'à Minas, à Rio de Janeiro et à Goyaz, mais une cause entièrement contraire l'avait produite : dans les provinces que je viens de nommer le manque d'eau avait fait tort aux plantations, ici la disette avait été occasionnée par des pluies trop abondantes qui n'avaient pas permis de mettre le feu aux bois déjà coupés.

Quoi qu'il en soit, on ne se tromperait point si, d'après ce que j'ai dit jusqu'à présent, on soupçonnait que les Campos Geraes sont un pays extrêmement sain. Quoiqu'il y gèle tous les hivers , on peut dire que le climat y est tempéré ; les vents y sont fréquents, l'air y circule en toute Jit>erté; les eaux, fort inférieures, il est vrai, à celles de la partie orientale de Minas Geraes , sont pourtant assez bonnes; il n'existe de marais presque nulle part, et les rivières^ comme on l'a vu, coulent rapidement sur des lits de rochers. Du 26 de janvier au 4 de mars 1820, il ne se passa peut-être pas deux jours de suite sans pluie, et c'est réellement dans cette saison qu'il en tombe le plus; mais on ne connaît point ici ces longues sécheresses de six mois

qui, à Minas et à Goyaz, affectent si péniblement le système nerveux : personne ne sait ce que sont les fièvres intermittentes (sesôes)y si communes sur les bords du Rio Doce et du S. Francisco. Respirant un air pur, sans cesse occupés à monter à cheval, à jeter le lacet ou à rassembler les bestiaux en galopant dans les pâturages, les habitants des Campos Geraes jouissent d'une santé robuste (1), et Ton voit parmi eux un grand nombre de vieillards; mais, nous ne le savons que trop^ au milieu des pays les plus favorisés de la Providence, les maladies ne perdent jamais les tristes droits qu'elles ont sur notre nature. Celles qui attaquent le plus souvent les habitants des Campos Geraes sont les rhumes, Tasthme, les hémorroïdes, et, il faut le dire, les maux vénériens ne sont malheureusement pas moins répandus dans cette contrée que dans les autres parties de r empire du Brésil.

Ce serait une erreur de croire que la plupart des habitants des Campos Geraes sont des métis. U y a , dans ce pays, infiniment plus d'hommes réellement blancs que dans les districts d'Itapéva et d'Itapitininga, et, à l'époque de mon voyage, presque tous les ouvriers de la ville de Castro appartenaient entièrement à notre race. Il ne faut donc pas s'étonner si, malgré leur profonde ignorance, les I^abitants des Campos Geraes parlent le portugais beau«|^ coup plus correctement que ceux du voisinage de la ville de S. Paul, et s'ils le prononcent mieux ; si, par exemple, ils ne prononcent pas le ch comme tSy ni le g comme dz : ces altérations ont été introduites par les Indiens dans la

(1) Voyez mon Introduction à V Histoire des plantes les plus remarquables du Brésil et du Paraguay, XXXIX.

langue portugaise, et les colons des districts de Castro et de Curitiba se sont peu mêlés avec les indigènes.

Bien différents des pauvres métis qui peuplent les campagnes voisines d'Itapéva, les habitants des Campos Geraes sont généralement grands et bien faits; ils ont les cheveux châtains et le teint coloré; leur physionomie porte l'empreinte de la bonté et de l'intelligence.

Les femmes sont souvent extrêmement jolies; elles ont un teint couleur de rose et une délicatesse de traits que je n'avais encore remarquée chez aucune Brésilienne. On ne retrouve point chez elles, il est vrai, cette vivacité qui caractérise les Françaises ; elles marchent avec lenteur et font peu de mouvements, mais elles n'ont rien de l'embarras que montrent si souvent les femmes de Minas quand , par hasard, elles se laissent voir aux étrangers (1816-SS). Il est rare que les dames des Campos Geraes se cachent à l'approche des hommes, elles accueillent leurs hôtes avec une politesse simple et gracieuse ; elles sont aimables, et, quoique dépourvues de l'instruction même la plus vulgaire , elles savent répandre beaucoup de charmes dans leur conversation.

Lorsque feutrai dans les Campos Geraes, non-seulement je fus frappé de Taspect de cetfe contrée, entièrement iBOuveau pour moi , mais je me trouvai , en quelque sorte, dépaysé par les habitudes des colons, tout à fait différentes de celles des Mineiros et même des habitants du nord de la province de S. Paul. Les hommes que l'on rencontre sont toujours à cheval ; ils ont un lacet de cuir [taço) attaché à une selle d'une espèce particulière appelée lombiOio, et presque toujours ils vont galopant. Les enfants les plus petits apprennent à jeter le lacet, à former le

rodeo (1) et à courir après les chevaux et les bètes à corne^. J'en ai vu un de trois à quatre ans qui déjà savait balancer son kiço autour de sa tète et le jetait avec beaucoup d'adresse. On n'a guère d'autres idées que celles qui se rapportent à l'éducation du bétail; l'ignorance est extrême; savoir lire et écrire, c'est être un homme instruit, et parmi les propriétaires les plus notables on en compte beaucoup qui n'ont pas cette science (1820) : je pourrais citer pour exemple un colonel ' de la garde nationale qui jouissait d'une juste réputation pour sa libéralité et pour sa richesse. Je rencontrais partout des gens hospitaliers , excellents , qui ne manquaient point d'intelligence, mais dont les idées étaient si peu développées, que souvent je ne pouvais guère causer avec eux plus d'un quart d'heure.

Le climat tempéré des Campos Geraes semblerait devoir exciter les hommes au travail ; mais le genre d'occupation que la nature. même du pays les a pour ainsi dire forcés d'adopter leuij: fait une habitude de la paresse. L'éducation des bestiaux demande peu de soins ; ceux qui s'y livrent ne sont occupés que par intervalles, et ce genre même d'occupation n'est qu'une sorte de divertissement. Galoper dans de vastes campagnes, jeter le lacet, faire des battues pour ramener le bétail dans un endroit convenu {fazer o rodeo), ce sont, pour les jeunes gens, des exei^; cices qui leur rendent odieux tout travail sédentaire ; et dans les moments où l'on ne monte pas à cheval, où l'on ne court pas après les vaches et les taureaux, ordinairement on se repose.

Il ne fiaiudrait pas croire cependant que les habitants des

(1) Voyez plas bas, p. 9» 14.

10 VOYAGE DANS LES PROVlIf CES

Campos Geraes restent toujours dans leur pays. Les hommes d^ tous les états, ouvriers, cultivateurs, dès qu'ils ont gagné quelque argent, partent pour le Sud , y achètent des mulets indomptés, et les revendent dans leur propre pays ou les conduisent jusqu'à Serocéba.

Il n'en est pas des propriétaires riches des Campos Geraes comme de ceux des termos d'Itapéva et d'Itapitininga. Ces derniers mangent leurs revenus loin de leurs habitations ; les autres ont le bon esprit de résider sur leurs terres. Leurs maisons sont loin d'offrir cette espèce de magnificence que l'on remarque dans la construction des fazendas des anciens Mineiroâ; mais elles sont propres , et, comme je l'ai déjà dit, assez bien entretenues. L'ameublement de ces demeures est d'une simplicité extrême ; celui de la pièce où l'on reçoit les étrangers consiste en une table et des bancs de bois. Comme à Minas, c'est dans les lits qu'on montre le plus de luxe; ils n'ont point de ciel, mais les draps sont très-fins et brodés tèut autour. Le traversin est recouvert d'un sac de mousseline garni sur le côté , et par-dessus on a coutume de mettre un très-petit oreiller orné de broderies. Chez les propriétaires riches, on fait servir le thé, avec du fromage, des biscuits, des confitures, sur un joli plateau vemt , genre de luxe qui forme une disparate avec la singulière mesquinerie de la maison.

Les Campos Geraes jouissent d'un avantage que je ne dois point passer sous silence. L'éducation du bétail , à laquelle on se livre généralement, exige peu d'esclaves, tandis que la fabrication du sucre et le travail des mines en nécessitent un très-grand nombre. Le riche colonel Luqiano Carneiro, dont je parlerai plus tard , n'en avait que trente ; on n en comptait guère, en 1820, que cinq cents

daos tout le termo de la ville de Castro, et ils étaient entre les mains d'un petit nombre de personnes. Les homnm peu aisés n'en ont pas; ils font eux-mêmes leurs plantations, et le travail n'est point ici entaché d'ignominie, comme il l'était, à l'époque de mon voyage, dans plusieurs parties de la province des Mines.

Mais, quoiqu'il n'y ait aucune honte à travailler, il n'est pas moins vrai qu'ici comme dans les autres parties du Brésil on travaille le moins qu'il est possible. La vie des hommes très-pauvres diffère peu de celle des Indiens sauvages. Ils ne plantent qu'autant qu'il est strictement nécessaire pour satisfaire aux besoins de Ieurs7amilles ; ils passent des mois entiers d^ns les bois , occupés à chasser les bètes sauvages ; ils y construisent des baraques et se nourrissent du gibier qu'ils tuent (1820).

Le nombre des bètes à cornes que possèdent les propriétaires riches est très-considérable. Danâ sa seule fazenda de Jaguariaiba, le colonel Luciano Carneiro, dont j'ai déjà parlé, n'avait pas nioins de deux mille vaches, sans compter les taureaux et les élèves.

Quoique d'une assez belle race , le bétail de ce pays est cependant inférieur à celui de la comarca de S. Joâo d'El Rei, dans la province de Mihâs. J'ai pu faire la comparaison chez un propriétaire qui avait fait venir quelques taiir reaux de cette comarca.

Des marchandsvont chercher les élèves dans les fazendas. Ceux-ci se vendent presque tons pour Rio de Janeiro. Quelques années avant mon voyage, lorsqu'il allait encore des bestiaux de Rio Grande do Sul à la capitale, les bœufs ne se vendaient, dans les Campos Geraes, que 4 poç taças ou 1 ,280 reis{^ fr.) : à l'époque de mon voyage, on

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