VIVO MEMORIAM FEC
OMNIBVS ESSE PERENNEM^.
Cette ville est située à dix lieues au sud de Tunis et à quatre de Zawan. De là , faisant route vers le nord, nous traversâmes plusieurs collines et nous arrivâmes sur le haut d^un
■ Cette F manque dans Maffei et dans Shaw, ainsi que toutes celles qui précèdent les autres noms propres.
'^ Vixit.(S.M.)
^ Marcellits. (S. m.)
4AnnoI.(S.M.)
* Procos.... civ. sed etc. (S. M.)
* NOSTBIS. (S. M.)
tFeci.(S. M.)
« Pebemnem.(S. M.)
monticule où nous trouvâmes les débris d^une ancienne ville. Il subsiste encore une partie delà façade d^une maison, qui ne contenait que huit petites cellules voûtées dont Feutrée ne paraissait pas. Nous y aperçûmes les débris dW temple que nous conjecturâmes avoir été considérable, car les colonnes qui le soutenaient avaient plus de trois pieds de diamètre. On y trouve encore plusieurs magasins et des citernes dont les murailles ont quinze pieds d^épaisseur. Cette ville, appelée aujoiu'd^hui Amouraba, est située à Textrémité de la colline d'où Ton découvre une très belle plaine au nord , et quantité d'autres de toute sorte, car ce pays (je parle des environs de Tunis), à dix ou douze lieues , n'est qu'un composé de très belles plaides, coupées par des coteaux et de petites montagnes couvertes de romarins, de lentisques et de quelques autres plantes. Ce serait un des pays les plus fertiles s'il y avait de l'eau; mais dans tous les epdroits où j'ai été jusques à présent, je n'ai encore rencontré que la source de Zawan et la rivière du Megerdas' ou de Porto-Farîna. Ailleurs
' Le Mejerdah , autrefois Bagradas.
on y voit quelques piiits ou des citernes anciennes auprès desquelles les Bédouins vont ordinairement camper. Le terrain des plaines est gras , noirâtre , nerveux, arrosé et presque noyé par les pluies de Thiver, sec et plein de crevasses dans Tété.
Nous logeâmes dans une tente d''un douar qui avait planté le piquet auprès d^Amouraba ; nous y fômes régalés de lait aigre et d^un gâteau fait avec de Teau et de la farine qu'ion détrempa devant nous et qu'ion fit cuire sur des briques chauffées avec de la bouze de vache. On servit ce gâteau avec un mélange de miel et de mentèque ou beurre, conune un grand régal. Enfin ces pauvres gens nous firent beaucoup d'honnêtetés à leur manière et ne voulurent après rien recevoir de nous. En parcourant les ruines de cette ville nous trouvâmes, à quelque distance, des inscriptions si maltraitées que nous ne pûmes en déchiffrer aucune. Nous y distinguions quelques lettres romaines que nous ne pouvions her ensemble. Li'après-<Mnée nous partîmes et , continuant notre route au nord, nous traversâmes la plaine et fumes coucher à deux lieues 4© là , dans un autre douar posé sur les ruines d'une
ville. Mais toutes ces villes sont si riûnées que la charrue passe partout; on n^ voit aucun reste de monument. Nous fûmes régalés dans ime de ces tentes où nous couchâmes. On nous y apporta une pierre qu'on avait sortie de t«xe depuis peu de jours , elle était rompue et le dessus manquait. On y Usait :
NIS IRAM ROCAIT...
MARMORVM COLVMNARIVM.. .
NIVS FELIX AD AMPLIANDVM..
PLIANDVM KALENDARIVM....
Il y a ici un marabout dédié à Sidy Mozaet.
Le i4 au matin nous partîmes et i^mes route au nord-est. A une lieue de Pendroit où nous avions couché, nous trouvâmes le camp des Tiurcs commandé par Aly-Bey, neveu du bey, qui allait du côté de Bège. Après avoir marché quatre heures, nous trouvâmes la rivière de Megerdas^ autrefois Bagradas, qui se décharge du côté de Porto-Farina, vers les ruines d'Utique. Bien loin que cette rivi^^ vienne du sud , comme elle est décrite dans
bscartes, elle vient du côté de Touest et court à Test. Elle est peu considérable dans Fêté; mais c'est un torrent rapide en hiver. Nous la passâmes à un quart de lieue de Tuburbo qui conserve encore son ancien nom. Je ne sais si c'est le Tuburbo majus ou le minus; mais il y avait un colysée très beau qui a été détruit par Mahamet-Bey , il y a une vingtaine d^années, pour consti^uire im pont. Il disait qu'il voulait détourner la rivière et la conduire à Tunis; mais son véritable dessein était tout autre. Il a jeté les fbndemens d'un pont qui est presque achevé. Ce pont a environ quatre cents pieds de long sur quatrevingt-dix de large et vingt-deux arcades de douze pieds chacune. La chaussée du milieu a trente pieds de large et chaque trottoir autant. Il avait pratiqué une écluse ou prise d'eau que les fondemens du pont formaient, de sorte que les eaux arrivant à ce pont ont une chute considérable, tombent sous les premiers parapets, font toiu:ner un rang de vingtdeux meules de moulins, puis se reposant sous la chaussée, retombent de nouveau et font tourner un second rang encore de vingtdeux meules. Ainsi, lorsque la rivière aurait
pu fournir assez d^eau, il y aurait eu quarantequatre meules tournantes, ce qui aurait donné à ce bey un revenu très considérable. Il n^ a que quatre de ces moulins d'^achevés et même la rivière, dans cette saison, ne peut fournir de Teau que pour deux moulins.
A côté de ce pont, très beau et très solidement fait, le bey avait élevé une maison assez jolie : la porte est faite de trois grandes pièces de marbre blanc et au-dessus on lit gravé en caractères romains, le mot Valenti. Aux environs de ce bardou ou palais royal nous trouvâmes une pièce de marbre d^environ douze pieds de long sur trois de large et autant d^épaisseur. Cette pierre, chargée d^ornemens en bas-reliefs, faisait sans doute le dessus de la porte de l'ancien amphithéâtre. Elle était écornée ; nous y avons trouvé ces caractères romains gravés en grosses lettres ' :
.... PRONEP. T. * AELIO HADRIANO
RVM GENTIQVE MVNICIPIVM AELIVM AVI.'
.... PROCOS ET Q. EGRILIO P.^ LARIANO LEG. PR.
' Shaw, 1. 1, p. ai3 , tr. fr.
* Cette lettre manque dans Shaw.
aAbest.(S.) 4 Abcdt. (S.)
Et à côté, sur une pierre qui est sur le chemin, près d^un puits couvert ' :
SEX. CAE, F. E. LU. O.Q. F.
QVESS. CRESCENT*
VOLVSIANO praefect' :
FAB. SACERD. CVRIOIf.
SACRIS FACIEND. ADVO