REIP. ROMAE OB PIE
TATEM ET OBEDIENCIAM
DD. PP
et plusieurs autres dont on ne peut que déchiffrer des lambeaux qui donnent peu d^éclaircissemens.
De Sufietula je voulus passer à Vescetra* qui est, dit-on, une ville qui a plus de deux lieues de circuit, pleine d^aaciens monumens iBncore hiein en état , superbes et magni-
* ONIN.(S.)
* Vegesela ?
fiques, couverts d^inscriptions. J'espérais de mieux m^ satisfaire; mais les spahis turcs que j Wais ne voulurent pas y aller à cause que cette ville appartient au dey d'Alger et que les Maures de cette terre ne sont guère traitables; elle est à une journée et demie de Sufietula. Je retournai le même jour à Marazana, oà nous arrivâmes un peu tard.
Le 6, je repartis de Marazana, traversant les montagnes et faisant route au N.-N.-O. trois lieues; nous aperçûmes encore des traces de bêtes féroces. Nous arrivâmes dans la plaine de Toelsen où il y a quantité de débris et de traces de villes ruinées.
Nous dînâmes à Toelsen, où il reste encore un mausolée ou niche semblable à celle de Marazana , mais un peu plus grande ; elle à seize pieds en carré et traite de haut, avec une porte du côté du sud par où Ton entrait. Le bas de la cloison est rompu, nous n'y découvrîmes aucime inscription. De là allant au nord \ de nprd-rouest, nous fÙmes dans la plaine d'Ouseph , très belle et très longue, où nous trouvâmes près de quarante douars ou villages ambukns de trente ou quar lisante cabanes chacun. Cette plaine est traverr
sée par la rivière Seiliane qui, coulant vers k nord, va se dédiarger dans le Bagradas. Je Aïs me promener dans les ruines d^Ouse[^ où je ne trouvai rien de remarquable.
Le 7, nous traversâmes une chaîne de montagnes et nous arrivâmes au Sec' ou Sicca çe^ nerea. Le Sec est une des clefs de ce royaume faisant les limites avec celui d^Algw. Cette ville est bâtie sur le pendiant d^une montagne. Au haut de la ville il y aune citadelle assez; bonne et bien entret^iue; quoiqu'elle soit irrégu-^ bère elle ne laisse pas d'être bien située et forte* : il y*a garnison de ce royaume et beau-< coup de canons. Tous les anciens monun^^is et les élises sont enti^ment ruinés; aucune portion ne paraît avoir été fort belle. La ville est bâtie dans ime situation asses^ rude et il y a beaucoup à nont^. On y trouve une belle et bonne source d'eau qui sort du milieu de la viHe et qui va arroser des jardins. Parmi quantité de pierres écrites , pourtant des ^taphes , de même que celles que j'ai déjà décrites,
•Keff.
■ Cette citadelle fut démolie en partie quefque temps après qu'elle eut été vue par Peyssonnel. Shaw, t. ï ^ ^, aaSy tr. fir.
on en trouve quelques-unes de particuKères. Voici les plus remarquables. Dans une mairson^ sur la porte d^un temple :
HERCYLI SACRVM
M. TITVCIVS* PROCVLVS PROCV
RATOR AVGVSTI SVA PECVNIA FECIT.
et sur d^autres pierres :
SEX. in^fo. caiHAs:.
TRIARCHO EIS TB. . . . ,
FROFICn MESYI.....
OFVLENTIAE ET ME
LIVIÔ ORICYLOin....,
ET IBRBiE
TICTORI lOTI OPT. MA:^.
GENTTRIONI CONSECRAYIT Yl.
LEGIOHARIO 8ANCTISSIM0
EXEQYITE PRINCIFI.CAE3
ROHANOOB D. D.
HYIOnCEll- TUM.0^0 SICCENTIYM *
CIYIET
CONDECYRIONI
DD. PP
Les en£ins et le peuple , qui m^avaient en-* vironné, m'empêchèrent de continuer de lire cette dernière pierre dont le restant était écrit sur deux colonnes, Tune latine, Tautrehé-^ braïque ressemblant à la table qu'on nous peint avoir contenu les lois de Moïse.
* Titacius. (M.)Tuticiu8. (T.)
• JIICGEIISIVM. (M. T.)
. Je fus insulté dans cette ville de Sicca; on tira des pierres aux fenêtres et à la porte de la maison où j^étais ; il fallut Fautorité des chefepour faire retirer cette populace qui devisait différemment sur n^on sujet. Les uns croyaient que je venais chercher de For , les autres pour épier et pour connaître ce pays , et les autres pour savoir par les écritures quand les chrétiens devaient venir le reprendre. Il nV a point d^ordures pi d^injures qu^on ne me criât; pxir bonheur je ne les entendais pas et mon chagrin était moi)adj:*e;: mais les coups de pierre me faisaient beaucoup plus de peine que toutes le^ insultes en paroles.
Le 8, nous partîmes de Sicca et ayant suivi la vallée faisant route au N. N. E., nous passâmes encore par un grand nombre de villes ruinées qui n^ont dVutres noms que celui de hensir^ qui signifie ruine, auquel on ajoute celui de Sidi tel ou tel marabout. Ainsi nous couchâmes auprès des ruines appelées Hensir Sidi Abdelabou ' à cause qu W marabout de ce nom y a été enterré , où i^ous vîmes les
' Sidi Abd el Abus (Shaw, L.) autrefois Musti.
débris dWe ville qui avait été belle. 11 y avait de grosses pierres qui avaient jusqu'^à dix-huit pieds de loug, toutes écrites; mais je ne pus les lire tant à cause de la nuit que parce quelles étaient presque enterrées et que je n'^avais rien pour les découvrir. Nous y vîmes les restes d^un arc-de-triomphe à peu près dans le goût de la porte St.-Denis de Paris et de la même hauteur. Sur les pierres qui étaient à côté on Usait :
INVICTISSXMO FELICISSIMOQVE
IMPERATORI TIBERIO IVLIO ^
AVGVSTO CAESARI ORBIS
PACATORI MVSTICENSIVM
DD. PP
Il y avait encore d^autres pierres à cet édifice que je ne pus déchiffrer parce qu^elles étaient en lambeaux dispersés.
De Tucca».
Le 9 août j'^arrivai à Tucca, éloigné de trois lieues de Musti. La ville de Tucca était située sur le penchant dWe petite coUine où nous
> Ces deux mots manquent dans MafFei.
° Aujourd'hui Dugga ou Tugga.
trouvâmes plusieurs restes d^édificés , entre autres le portique d W temple enC(H:*e en bon état; il était soutenu {to* six grosses colonnes dont quatre Élisaient là façade et les deux autres étaient sur les cotés. Chaque colonne avait quatre pieds de diamètre sur environ quarante de hautem\ Siir le haut du poitique il y avait une aigle déployée et accroupie et le haut de là porte du temple, qui n^était pas fort grand y avait une niche; au fond on hsait ^ :
lOVI OPTIMO. *..;•. NERVAE- AVG. SACRVM