‹ Voyages de Gulliver (volume 2)Chapitre 10 sur 29 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Des struldbruggs ou immortels.

Les Luggnaggiens sont un peuple très poli et très brave ; et , quoiqu'ils aient un peu de cet orgueil qui est commun à toutes les nations de l'orient , ils sont néanmoins honnêtes et civils à T^gard des étrangers , et sur-tout de ceux qui ont été bien reçus à la cour. Je Es connoissance et je me liai avec des personnes du grand monde et du bel air ; et , par le moyen de mon interprète, j*eus souvent avec eux des entretiens agréables et instructifs.

Un d'eux me demanda un jour si j*avois vu quelques uns de leurs struldbruggs ou immortels. Je lui

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répondis que non , et que j'étois fort curieux de savoir comment on avoit pu donner ce nom à des humains.

Il me dit que quelquefois (quoique rarement ) il naissoit dans une famille un enfant avec une tache rouge et ronde placée directement sut le sour-r cil gauche , et que cette heureuse marque le préservoit de la mort ; que cette tache étoit d'abord de la largeur d*une petite pièce d*argent ( que nous appelons en Angleterre un three^ pence) , et qu'ensuite elle croissoit et changeoit même de couleur ; qu*à Fâge de douze ans elle étoit verte jusqu'à vingt; qu'elle devenoit bleue ; qu'à quarante-cinq ans elle devenoit tout-à-fait noire, et aussi grande qu'un schilling , et ensuite ne changeoit plus. Il m'ajouta qu'il naissoit si peu de ces enfants marqués au iront , qu'on comptoit à peine on^e centi

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immortels de V\m et de l'autre éexe dans tout le royaume ; qu'il y en avoit environ cinquante dans la capitale ; et que depuis trois ans il n*étoit né qu'un enfant de cette es»

pece, qui étoit Hlie ; que la naissance d'un immortel n'étoit point attachée à une famille préférablement à une autre , que c'ëtoit un présent de la nature ou du hasard ; et que les enfants mêmes des struldbruggs naissoient mortels comme les enfaots des autres hommes , sans avoir aucun privilège.

Ce récit me réjouit extrêmement ; et la personne qui me le faisoit , entendant la langue des Balnibarbcs , que je parlois aisément , je lui témoignai mon admiration et ma joie avec les termes les plus expressifs, et même \es plus outrés. Je m'écriai, comme dans une espèce de ravisse-

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ment et d'enthousiasme : Heureuse nation, dont tous les enfants à, naître peuvent prétendre à l'immortalité !

Heureuse contrée , où les exemples de Tancien temps subsistent toujours, où la vertu des premiers siècles n*a point péri , et où les premiers hommes vivent encore , et vivront éternellement , pour donner des leçons de sagesse à tous leurs descendants • Heureux ces sublimes struldbruggs qui ont le privilège de ne point mourir, et que par conséquent Tidée de la mort n'intimide point, n'aifoiblit point, n'abat point !

Je témoignai ensuite que j'étois surpris de n'avoir encore vu aucun de ces immortels à la cour; que s'il y en avoit, la marque glorieuse empreinte sur leur iront m'auroit sans doute frappé les yeux. Comment^ j|joutai*je, le roi , qui est un princ^

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si judicieux, ne les eroploie-t-il point dans le ministère et ne leur donnet-il point sa confiance ? Mais peutêtre que la vertu rigide de ces vieillards Timportuncroit et blesseroit les yeux de sa cour. Quoi qu'il en soit, je suis résolu d*en parler à sa ma* jesté'à la première occasion qui s'offrira ; et , soit qu'il défère à mes avis ou non , j'accepterai en tout cas l'établissement qu'il a eu la bonté de m'offirir dans ses états, afin de pouvoir passer le reste de mes jours dans la compagnie illustre de ces hommes immortels, pourvu qu'ils daignent souffrir la mienne.

Celui à qui j'adressois la parole, me regardant alors avec un souris qui.

marquoit que mon ignorance lui faisoit pitié, me répondit qu'il. étoit ravi, que je voulusse bien rester dans le pays , et me demanda la permission

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il'expliquer à la compagnie ce que je ?6nois de lui dire : il le fit ; et pendant quelque temps ils s'entretinrent ensemble dans leur langage , que je n'entendois point ; je ne pus même lire ni dans leurs gestes ni dans leurs yeux l'impression que mon discours avoit faite sur leurs esprits. Enfin la même personne qui m'avoit parlé jusques-là me dit poliment que ses amis étoient charmés de mes réflexions judicieuses sur le bonheur et les avantages del'immortalité ; mais qu'ils souhaitoient savoir quel système de vie je me ferois , et quelles seroient mea occupations et mes vues , si la nature m'avoit fait naître struldbrugg,

A cette question intéressante je repartis que j'allois les satisfaire surle^hamp avec plaisir ; que les suppositions et les idées me coûtoient peu , et que j'étois accoutumé à m'i-

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maginer ce que j^aurois fait si j'eusse été roi , général d'armée , ou ministre d'état ; que , par rapport à l'im* mortalité , j'avois aussi quelquefois médité sur la conduite que je tiendrois si j'avois à vivre éternellement ; etque, puisqu'on le vouloit, j'alloissur cela donner l'essor à mon imagination.

Je dis donc que si j'avois eu l'avantage de naître struldbmgg , aussitôt que j'aurois pu connoître mon bonheur , et savoir la différence qu'il y a entre la vie et la mort, j'aurois d'abord mis tout en œuvre pour devenir riche ; et qu'à force d'être intrigant, souple et rampant, j'aurois pu espérer de me voir un peu à mon aise au bout de deux cents ans ; qu*en second lieu , je me fusse appliqué si sérieusement à l'étude dés mes premières années , que j'aurois pu m« flatter de devenir un jour le plus sa-

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tant homme de l'univers ; que j'aufois remarqué avec soin tous lei grands événements ; que j'aurois observé arec attention tous les princes et tous les ministres d'état qui se succèdent les uns aux autres , et aurois eu le plaisir de comparer tous leurs caractères , et dv faire sur ca sujet les plus belles réflexions du monde ; que j'aurois tracé un mé* moire fidèle et exact de toutes lei révolutions de la mode et du langage , et des changements arrivés aux coutume^ , aux lois , aux mœurs , aux plaisirs même ; que par cette étude et ces observations je serois devenu à la fin un magasin d'antiquités , un registre vivant , un tré-* •or de (ïonnoissances , un dictionnaire parlant, l'oracle perpétuel de mes compatriotes et de toud met con« teraporains.

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Dans cet état je ne me marierois pK>int , ajoutai-je , et je menerois une vie de garçon gaiement, librement ) mais avec économie , afin qu*en vivant toujours j*eusse toujours de quoi vivre. Je ra*occirperois k former Tesprit de quelques jeunes gens , en leur faisant part de mes lumières et de ma longue expérience.

Me« vrais amis , mes compagnons , mes confidents , seroient mes illustres confrères les struldùruggs , dont je choisirois une douzaine parmi les plus anciens , pour me lier plus étroitement avec eux. Je ne laisserois pas de fréquenter aussi quelques mortels de mérite , que je m*accoutumerois à voir mourir sans chagrin et sans regret, leur postérité me consolant de leur mort : ce pourroit même être pour moi un spectacle assez agréable , de même qu'un fleuriste prend

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plaisir à voir les tulipes et les œillets de son jardin naître , mourir , et renaître.

Nous nous communiquerions mutuellement, entre nous autres struldbrttggs , toutes les remarques et observations que nous aurions faites sur la cause et le progrès de la corruption du genre humain. Nous en composerions un beau traité de morale , plein de leçons utiles , et capable d'empêcher la nature humaine de dégénérer comme elle fait de jour en jour , et comme on le lui reproche depuis deux mille ans.

Quel spectacle noble et ravissant que de voir de ses propres yeux les décadences et les révolutions des empires , la face de la terre renouvelée , les villes superbes transformées en viles bourgades , ou tristement ensevelies sous leurs ruines honteuses ;

les villages obscurs devenus le séjour des rois et de leurs courtisans ; les fleuves célèbres changés en petits ruisseaux ; Tocéan baignant d'autres rivages ; de nouvelles contrées dé* couvertes ; un monde inconnu sor<tant , pour, ainsi dire , du chaos ; la barbarie et l'ignorance répandue sur les nations les plus polies et les plus éclairées ; l'imagination éteignant le jugement , le jugement glaçant l'imagination ; le goût des systèmes , des paradoxes, de l'enflure, des pointes çt des antithèses , étouffant la raison et le bon goût; la vérité opprimée 4ans un temps , et triomphant dans l'autre ; les persécuté^ devenus per* sécuteurs , et les persécuteurs persécutés à leur tour; les superbes abaissés , et les humbles élevés ; des esclaves , des affranchis, des mercenaires, paprenus k une fortune immense $\

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k une richesse énorme par le maniement des deniers publics , par *les malheurs , par la faim , par la soif, par la nudité , par le sang des peuples ; enfin la postérité de ces brigands publics rentrée dans le néant , d*où l'injustice et la rapine Tavoient tirée !

Comme dans cet état d'immortalité ridée de la mort ne seroit jamais présente à mon esprit pour me troubler , ou pour ralentir mes désirs , je m'abandonnerois à tous les plaisirs sensibles dont la nature et. la raison me permettroient Tusage. Les sciences feroient néanmoins toujours mon premier et mon plus cher objet ; et je m'imagine qu'à force de méditer je trouverois à la fin les longitudes , la quadrature du cercle, le mouvement perpétuel , la pierre philosophale , et le remède universel ; qu'en

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un mot je porterois toutes les scten^ ceê et tous les arts à leur dernière perfection.

Lorsque j*eiis fini mon discours , celui qui seul Tavoit entendu se tourna vers la compagnie , et leur en fit le précis dans le l^gage du pays ; après quoi ils se mirent à raisonner ensemble un peu de temps , sans pourtant témoigner, au moins par leurs gestes et leurs attitudes , aucun mépris pour ce que je venois de dire. A la fin cette même personne qui avoit résumé mon discours fut priée par la compagnie d*avoir la charité de me déciller les yeux , et d« me découvrir mes erreurs.

II me dit d'abord que je n*étoi$ pas le seul étranger qui regardât avec étonnement et avec envie Tétat des ^truldbntggs i quMl avoit trouvé chez \e% Bî^lnibarbefi et cheji lés JapQ.npi|

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à*peu-près les mêmes dispositions ; que le désir de vivre étoit naturel 4 rhomme ; que celui qui avoit un pied dans le tombeau s'eEforcoit de se tenir ferme sur l'autre ; que le vieillard le plus courbé se représentoit toujours un lendemain et un avenir, et n*envisageoit la mort que comme un mal éloigné et à fuir ; mais que dans Visle deXiUggnagg on pensoit bien autrement, et que l'exemple familier et la vue continuelle des struldùn/ggs avoient préservé les habitants de cet amour insensé de la vie.

Le systên^e de conduite, continuat*il , que vous vous proposez dans la supposition de votre être immortel , çt que vous nous avez tracé tout-à« rheure , est ridicule et tout-à-fait contraire à la raison. Vous avez supposé sans doute que dans cet état V9\i9 jouiriez d'une jeunesse perpé^

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tuelle , d'une vigueur et d'une santé sans aucune altération. Mais est-ce là de quoi il s'agissoit lorsque nous vous avons demandé ce que vous feriez si vous deviez toujours vivre ?

Avons-nous supposé que vous ne vieilliriez point , et que votre prétendue immortalité seroit un printemps étemel ?

Après cela il me fit le portrait des struldbruggs , et me dit qu'ils ressembloient aux mortels , et vivoient comme eux jusqu'à l'âge de trente ans ; qu'après cet âge ils tomboîent peu-à-peu dans une mélancolie noire , qui augmentoit toujours jusqu'à ce qu'ils eussent atteint "Page de quatrevingts ans ; qu'alors ils n'étoient pas seulement sujets à toutes les infirmités , à toutes les misères et à toutes les foiblesses des vieillards de cet âge , mais que l'idée affligeante de l'éter-

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nelle dutée de leur misérable caducité les tourmentoit à un point que rien ne pouToit les consoler; quMls n*étoient pas seulement, comme tous les autres vieillards, entêtés, bourrus, avares, chagrins, babillards, mais qu'ils n*aimoient qu' eux-mêmes , qu'ils renonçoient aux douceurs de ramitié, qu'ils .

n'avoient plus même de tendresse pour leurs enfants , et qu'au delà de la troisième génération ils ne reconnoissoient plus leur postérité ; que l'envie et la jalousie les dévoroit sans cesse ; que la vue des plaisirs sensibles dont jouissent les jeunes mortels, leurs amusements , leurs amours , leurs exercices, les faisoient en quelque sorte mourir à chaque instant; que tout, jusqu'à la mort même des vieillards qui payoient le tribut à la nature , excitoit leur envie, et les plongeoit ^ans le désespoir ; que , pour cettct

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raison , toutes les fois qu'ils voyoient faire des funérailles , ils maudissoient leur sort, et se plaignoient amèrement de la nature^ qui leur avoit refusé la douceur de mourir, de' finir leur course ennuyeuse , et d'entrer dans un repos éternel ; qu'ils n'étoient plus alors en état de cultiver leur esprit et d'orner leur mémoire ; qu'ils se ressouvenoient tout au plus de ce qu'ils avoient vu et appris dans leur jeunesse et dans leur moyen âge ; que les moins misérables et les moins à plaindre étoient ceux qui radotoient, qui avoient tont>à-fait perdu la mémoire , et étoient réduits à l'état de l'enfance ; qu'au moins on prenoit alors pitié de leur triste situation , et qu'on leur donnoit tous les secours dont ils avoient besoin dans leur imbécillité.

Lorsqu'un struldbrugg , ajouta-t-il ,

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s Vst marié à une struldbrugge , le mariage , selon les lois de l'état, est dissous dès que le plus jeune des deux est parvenu à Page de quatre-vingts ans. Il est juste que de malheureux humains , condamnés malgré eux , et sans l'avoir mérité , à vivre éternellement , ne soient pas encore , pour surcroit de disgrâce , obligés de vivre avec une femme étemelle.

Ce qu'il y a de plus triste est qu'après avoir atteint cet âge fatal ils sont regardés comme morts civilement : leurs héritiers s'emparent de leurs biens ; ils sont mis en tutele , on plutôt ils sont dépouillés de tout, et réduits à une simple pension ali* mentaire ( loi très juste à cause de la sordide avarice ordinaire aux vieillin'ds ). Les pauvres sont entretenus aux dépens du public dans une maiton appelée IhàpUal des paupres ing"

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morteis. Un immortel de quatre-* vingts ans ne peut plus exercer de charge ni d'emploi , ne peut négo** cier, ne peut contracter, ne peut acheter ni vendre , et son témoignage même n'est point reçu en justice.

Mais lorsqu'ils sont parvenus à quatre-vingt-dix ans c'est encore bien pis ; toutes leurs dents et tous leurs cheveux tombent , ils perdent le goût des aliments , et ils boivent et mangent sans aucun plaisir ; ils perdent la mémoire des choses les plus aisées à retenir , et oublient le nom de leurs amis , et quelquefois leur propre nom. Il leur est pour cette raison inutile de s'amuser à lire , puisque, lorsqu'ils veulent lire uno phrase de quatre mots , ils oublient les deux premiers tandis qu'ils lisent les deux derniers. Par la même rai-

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•on il leur est impossible de s*eiitrete.

nir avec pm'sonne. D'ailleurs , comme la langue de ce pays est sujette à de fréquents changements , les struld" bruggs nés dans un siècle ont beaucoup de peine à entendre le langage des hommes nés dans un autre siècle, et ils sont toujours comme étrangers dans leur patrie.

Tel fut le détail qu*on me fit au sujet des immortels de ce pays , dé* tail qui me surprit extrêmement. On m'en montra dans la suite cinq 'ou six ; et j'avoue que je n*ai jamais rien vU|de si laid et de si dégoûtant : les femmes sur-tout étoient alB-euses ; je m'imaginai voir des spectres.

Le lecteur peut bien croire que je perdis alors tout-à-£[iit l'envie de devenir immortel à ce prix. J'eus bien de la honte de toutes les folles imaginations auxquelles je m'étois aban« a. la

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donné sur le système d*une vie éternelle en ce bas monde.

Le roi , ayant appris ce qui s^étoit passé dans l'entretien que j 'a vois eu avec ceux dont j'ai parlé, rit beaucoup de mes idées sur l'immortalité, et de l'envie que j'avois portée aux struldbruggs. Il me demanda ensuite, sérieusement si je ne voudrois pas en mener deux ou trois dans mon pays , pour guérir mti compatriotes du desir de vivre et de la peur de mourir.

Dans le fond j'aurois été fort aise qu'il m'eût fait ce présent ; mais par yjoàe loi fondamentale du royaume il est défendu aux immortels d'en sortir.

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