‹ Voyages de Montesquieu (volume 2)Chapitre 21 sur 152 · PRÉFACE XXXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXI

ses biographes '), qu'il pénétra en Allemagne. Le spectacle des Alpes lui fit une impression pénible plutôt qu'agréable. « On ne voit jamais, écrit- il, qu'un petit morceau du ciel, et on est au désespoir de voir cela durer si longtemps. » Il est vrai qu'il mit quatre à cinq jours pour aller de Vérone à Munich. Ajoutez qu'il souffrit du froid dans la montagne, malgré la saison, et bien qu'il eût mis ses habits d'hiver.

A Munich, il fut reçu par l'électeur de Bavière. Pendant une douzaine de jours, il étudia la cour de ce prince, ses ressources et ses inclinations politiques. La France pouvait-elle encore compter sur un allié si lointain et placé « sous la patte de l'Empereur » ?

En quittant la capitale de Charles-Albert, Montesquieu se rendit à Augsbourg, où il s'arrêta plus longtemps qu'il n'aurait voulu : car il y fut malade, lui et son valet. Ce retard lui fournit l'occasion d'apprécier le régime très compliqué auquel obéissait la Ville. Il y releva un effet curieux du principe de la séparation des pouvoirs entre magistrats de religions diverses. Quant à la médecine allemande, dont il dut faire l'essai, elle ne lui inspira que des réflexions irrévérencieuses. C'était de l'ingratitude, puisque l'ipécacuana que lui prescrivit son docteur le mit en état de continuer sa route, au bout d'une semaine.

Il ne fit, pour ainsi dire, que traverser le Wurtemberg, le Palatinat, Francfort, Mayence et Coblentz.

Les bords du Rhin parurent « charmants » au propriétaire de La Brède ; « la plupart (dit-il) couverts de vignobles qui valent beaucoup : car le vin du Rhin est cher dans le pays et vaut — me semble — le double qu'il ne se vend dans la Guyenne. »

Notre voyageur ne s'arrêta quelques jours que lorsqu'il fut arrivé à Bonn, résidence de l'électeur et archevêque de Cologne. Ce dernier, propre frère de l'électeur de Bavière,

i. Histoire de Montesquieu, par L. Vian, page 401.

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