DRAGONS
Esquadrons
Bulaw
(Bleu.)
Wendt ^
(Rouge.)
Pontpietin 3
(Rouge.)
Loewen .
(Bleu.)
Drag. :
Cav. : . .
En tout : . . . 3o
VOYAGE EN ALLEMAGNE igS
Le Roi étoit dans sa gloire d'avoir fait bouquer le roi de Prusse, qui avoit enlevé des soldats de Hanovre et avoit assemblé près de Magdebourg une armée qui menaçoit d'entrer dans le Mecklembourg, où les
3 troupes du Roi étoient en exécution. Le Roi avoit fait des représailles pour les soldats et avoit envoyé demander les troupes de ses alliés. Tout marchoit ou alloit marcher : troupes de Hesse, Danemark, Hollande et France ; mais le roi de Prusse demanda des
lo commissaires, qui furent nommés à WolfenbUttel.
Le Roi est d'une grande politesse : il me fit Thonneur de me parler beaucoup sur mes voyages.
Les revenus de l'Électorat de Hanovre sont grands. L'Électeur est (je crois) le seul prince de l'Europe
i3 chez qui la recette passe la dépense de plus de la moitié : car il peut avoir 700,000 livres sterling. 11 en faut 3oo pour le maintien des troupes et des tribunaux du pays; de façon qu'il y en a 400,000 qui se mettent tous les ans à couvert. Ceci est bien vrai
20 et m'a été dit par un homme instruit. Un autre homme, très instruit, m'a fait le thème en une autre façon, qui revient au même. Il m'a dit que le Roi- Électeur a 5 millions de revenu, et que, comme il ne dépense pas à beaucoup près cela, il a 5 ou 6 mil-
25 lions d'écus dans ses coffres.
Ces pays de la maison de Brunswick étoient parta* gés en trois : un tiers étoit à la maison de Hanovre; l'autre, au duc de Zelle et de Limbourg (sic); l'autre
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appartient encore au duc de Brunswick. Les autres deux parts ont été réunies. De plus, le Roi a réuni (comme on sait) les Duchés de Brème et de Verden et a acheté du duc de Saxe les Duchés (sic) de Saxe- Lauenbourg. 3
Le roi de Danemark a ui^ tiers plus de revenu que l'électeur de Hanovre, c'est-à-dire 5 millions d'écus ou 7 millions 5oo,ooo florins. Avec cela, il entretient 3o,ooo hommes et une flotte. Il en a actuellement 5o,ooo; mais c'est par les subsides des alliés de lo Hanovre.
Hambourg est une grosse ville. Il y a bien 3oo,ooo âmes, m'a dit un envoyé du roi d'Angleterre qui y réside. Son commerce est avec les pays que l'Elbe arrose, avec l'Angleterre, la Hollande, la i5 France, l'Espagne et Portugal; point ou peu dans la mer Baltique.
Le 21, au soir, le Roi, qui s'ennuyoit à Hanovre, partît pour l'Angleterre. Toute la Cour fut très grosse et vint pour prendre congé de lui. Plusieurs 20 dames allemandes versèrent des larmes; quelques unes firent des cris.
Le lundi, M. le grand-échanson, M. Vanenheim, me fît l'honneur de me prier à dîner à la table de la Cour, qui subsiste toujours pendant l'absence 25 du Roi, pour les officiers et étrangers qui y sont priés.
VOYAGE EN ALLEMAGNE igS
Le soir, Mad* de Lits me pria à souper; a eu bien des aventures; bona roba.
Le baron Disco, ministre de Hanovre en Suède, m'a fort prié de venir voir la Suède.
5 Je connus à Hanovre M. de Groot. Il avoit une nièce ou belle-fille très aimable, qui devoit se marier avec un gentilhomme qui devoit avoir une place à Hambourg; je crois gouverneur. J'en ai oublié le nom.
lo Les eaux de Herrenhausen sont belles à cause d'une machine que le feu Roi a fait exécuter, et qui fait monter un jet d'eau ou plutôt une espèce de gerbe jusques à 120 pieds, lorsque toutes les pompes foulantes travaillent à la fois. La machine est fort
iS simple et fort ingénieuse. Elle a coûté beaucoup d'argent ; mais c'est que, dans la première exécution, il a fallu tâtonner. On avoit fait d'abord les tuyaux de fer, et il les a ensuite fallu faire de plomb, que l'on a trouvé qui résistoit mieux à la force de la
30 pression. Ce sont donc des pompes foulantes (et aucune aspirante) qui poussent l'eau dans les canaux avec violence, et le même jet d'eau (car, outre le grand, il y en a d'autres moindres) a plusieurs de ses tuyaux dans lesquels les pampes poussent l'eau.
25 Ces pompes sont élevées et abaissées successivement, deux à deux ou plutôt quatre à quatre, par une machine mise en mouvement par une autre (sic) roue, sur laquelle tombe l'eau d'un ruisseau, et c'est
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cette même eau qui, tombée en bas, est élevée. La machine est horizontale, et, à chaque quatre pompes, il y a un très gros rouleau horizontal, qui est mû par la principale roue, toujours du même sens. A chaque bout, il y a deux très gros cercles, fort épais, qui 5 peuvent tourner indifféremment sur le rouleau, et ils sont soutenus, chacun, par une chaîne qui les embrasse par-dessous; et cette chaîne, qui est la même pour les deux, est attachée, à chaque côté, à une roue ou poulie; de façon que toute cette chaîne, les deux lo roues, les deux poulies, ne font que la même puissance, qui reçoit son mouvement du principal rouleau, qui se meut toujours du même sens; mais les cercles se meuvent tantôt d'un sens, tantôt d'un autre.
Voici comment! Il y a un fer qui entre du cercle i5 dans le rouleau, et qui attache ledit cercle au rouleau lorsqu'il est entré, de manière que ledit ne peut plus tourner, pas plus que s'il ne faisoit qu'un corps avec le rouleau. Mais, lorsque, par le mouvement de la machine, une branche qui tient à ce fer 20 est rencontrée par un listeau, pour lors le fer s'élève
A. Partie du fer appliqué sur le rouleau.
B. Fer qui entre.