I . C'est une mesure moindre d'un pied
ont perdu un peu de leurs capitaux à Vienne, à Venise, en Espagne, en France, ils commencent à employer leur argent à défricher ces montagnes pelées pour y mettre des oliviers, et, depuis vingt 3 ans, les plantations en sont beaucoup augmentées. L^huile de la Rivière du Ponant est meilleure que celle de la Rivière du Levant. L'huile est précisément la denrée des Génois. La France en tire beaucoup, la Provence ne pouvant suffire pour la
10 consommation du royaume. Ils font encore quelque revenu de leurs citrons et de leurs champignons. Quant au pays qui est plus avant dans la terre, et dans tout le côté du nord, il n'y vient que des châtaigniers, et les paysans ne vivent que de châtaignes.
j5 Cependant, toutes ces collines sont pleines de maisons de paysans, et ce pauvre pays paroît très peuplé. Cela peut venir de ce que les Génois ont la maxime de ne point trop charger d'impôts la campagne ; et même les pays où l'on vit de châtaignes ne
2i> sont-ils (sic) pas si mauvais qu'ils le paroissent, et le Limousin, qui est aussi stérile que le Pays génois, et est (sic) où l'on ne vit aussi que de châtaignes, est plus peuplé qu'aucun autre (sic) de France. Comme cette denrée vient sans culture, on n'y appréhende
^3 pas le nombre des enfants.
Le plus grand commerce que Gênes fasse, c'est avec l'Espagne, et elle est beaucoup intéressée au retour des flottes et des galions. Son commerce avec le Levant est toujours une chimère. Avec la France,
3o ce n'est qu'un troc de ses huiles et quelques fruits contre des pêches françoises, des indigos et du sucre
(quoique celui de Portugal y soit plus estimé), et quelques manufactures. Depuis M. Law, il n*y a plus de change réglé avec la France. Elle fait aussi un grand commerce avec l'Angleterre: car presque [tous] les draps, chapeaux, cuirs et autres manufac- 5 tures lui viennent d'Angleterre pour sa consommation.
Elle a privé Genève de presque tout son commerce avec le Piémont: car, autrefois, les manufactures d'Angleterre, qui (sic) y venoient par Genève, lo y viennent à présent par Gênes. Ce sont les Genevois eux-mêmes, qui ont été s'établir à Turin et se sont servis de la route de Gênes. D'ailleurs, Gênes tire du Piémont des bœufs, qui s'y engraissent, et des soyes. Elle a bien des manufactures de velours i5 et de damas; mais il faut qu'elle tire la soye du dehors.
La République est infiniment pauvre. Les revenus publics pourroient aller à 6 millions. Mais la plus grande partie est hypothéquée à Saint-Georges, qui, ii» ayant prêté à la République dans ses besoins, en a reçu la plus grande partie de ses revenus en engagement.
Ce Saint- Georges est une banque, où tout le monde porte son argent et le retire sans en recevoir 23 d'intérêt, et cette banque gagne sur l'argent courant. Et le même Saint -Georges est une espèce de montde- piété, qui, ayant prêté à la République, et en ayant reçu des fonds en engagement, paye elle-même 2 et 1/2 pour 100 à ceux qui lui ont prêté pour cela. 3o
Les troupes de la République peuvent monter à
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4 OU 5,000 hommes, et sa caisse militaire est dans un désordre épouvantable. Elle est mieux défendue par ses montagnes ', et par l'argent qu'elle donne sans cesse à l'Empereur, qu'elle ne le seroit par ses
5 propres forces. Elle entretient 5 galères, et, lorsqu'elle acquit Finale, elle en désarma une pour faire le fonds pour cela. On voit par là que l'article du traité avec la France, qui l'oblige de ne tenir que
5 galères est très peu onéreux pour cette république. 10 La ville de Gênes peut avoir 8o à 100,000 âmes.
Ce n'est pas un grand bonheur d'être habitant de cette ville. Premièrement, le Peuple y est accablé de monopoles sur le pain, sur le vin et sur tout le comestible. La République vend ces choses-là elle-
i3 même. La punition des crimes y est si mal ordonnée que c'est un moindre malheur d'y avoir tué un homme que d'avoir fraudé un impôt. Il y à 8 ou 900 nobles, qui sont autant de petits souverains. Surtout, ce sont les tribunaux de la Terre les plus
20 iniques. Iln'y a point de ressource contre la puis* sance d'un noble qui cherche votre bien, votre honneur ou votre vie. Si l'on avoit le malheur d'offenser quelqu'un d'eux^ on seroit puni sans miséricorde. Mais la chose est bien différente lorsqu'on
25 tue ou vole un simple citoyen. Cette affreuse différence met le Peuple au désespoir, et je n'ai pas vu un seul Génois qui ne déteste ses souverains. A Venise, au contraire, les Nobles sont aimés du
I. [En marge :] Mais le pays se défentl presque de lui-même : les défilés des montagnes sont gardés par des forteresses, et les paysans seroient redoutables avec des pierres.
Peuple, qui [a] une bonne opinion de la justice de ceux qui le gouvernent. A Venise, les Nobles commettent quelques injustices à l'égard du trésor public; à Gênes, les injustices sont et contre le public, et contre les particuliers. ^
Il y a à Gênes des particuliers fort riches; mais, comme la République a souffert qu'ils acquissent des terres dans le Royaume de Naples et l'État de Milan, cela fait que les principales familles deviennent étrangères ou indépendantes : car, dès qu'ils veulent 10 punir un particulier, il leur dit qu'il est sujet de l'Empereur.
II n'y a pas d'état dans l'Europe qui ait été sujet à tant d'avanies que celui de Gênes, et qui se soit conduit avec tant de bassesse dans les différents i3 démêlés qu'ils (sic) ont eus.
Lors de la querelle des Vénitiens avec le Pape, ils déclarèrent que le Pape avoit raison, et que leur république n'avoit pas le droit d'empêcher l'augmentation des biens ecclésiastiques. On sait leur traité 20 avec la France, l'argent qu'ils donnent sans cesse à chaque peur qui leur vient, et, enfin, l'action qu'ils firent lorsqu'ils arrêtèrent le cardinal Albéroni, jusques à ce que les princes même ennemis de ce cardinal les firent rougir et leur firent prendre une »5 délibération contraire.
Il y a toujours quelque noble de Gênes en chemin pour demander pardon à quelque prince des sottises que sa république a faites. Lorsque j'étois à Turin, il y avoit un marquis Mari, qui y étoit envoyé pour 3o satisfaire à un accord fait par la médiation de l'Em-
pereur, à l'occasion de quelques bâtiments d'Oneille que la République avoit fait arrêter, et, de plus, ils avoient fait mettre les matelots en prison, sous prétexte de certaines contrebandes. Le roi de Sardaigne 5 disoit qu'il falloit se plaindre à son agent, et non pas se faire justice soi-même. Le Roi menaça; la République arma de peur et fît quelques levées de Suisses. Mais, aussi incapables de soutenir une affaire que légers à l'entreprendre, prompts à apaiser comme à
10 offenser, ils demandèrent la médiation de l'Empereur, qui jugea qu'ils enverroient un noble pour reconnoître le roi de Sardaigne en cette qualité, ce qu'ils n'avoient point fait jusque-là. Mais lui fit un discours où l'excuse n'étoit contenue que dans des termes
i5 généraux. Le Roi le fit attendre très longtemps pour lui donner cette audience, et, enfin, il permit leurs humiliations.
La France traite avec eux presque comme avec des sujets. Lorsque son ministre a quelque proposi-
30 tion à faire, il envoyé avertir le secrétaire de la
République de passer chez lui. Il (sic) prend la
proposition, la communique au Sénat, rapporte la
délibération ou la donne au secrétaire de France.
Les Génois sont entièrement insociables ' . Ce
25 caractère vient moins d'une humeur farouche que de leur avarice suprême : car vous ne sauriez croire
I. [En marge:] Il y a des gens farouches par timidité; les Génois le sont par avarice. Mais on peut vaincre la timidité, et jamais l'avarice. — Les Génois sont en Italie une tribu particulière de Juifs. — Les Génois sont les seuls Italiens qui n'ont jamais eu aucun goût pour les arts, ni pour les choses bonnes. L'avarice fait cet effet.
à quel point va la parcimonie de ces princes -là. Il n'y a rien dans le monde de si menteur que leurs palais. Vous voyez une maison superbe, et, dedans, une vieille servante qui file. Dans les grandes maisons, si vous voyez un page, c'est qu'il n'y a point 5 de laquais. Les étages d'en bas de ces beaux palais sont des magasins pour leurs marchandises. Jamais lumière n'a éclairé celui qui va dans l'obscurité trouver en haut le maître ou la maîtresse. Là^ jusqu'au Doge, tout est marchand. Ils ont des palais, 10 non pas parce qu'ils dépensent, mais parce que le lieu leur fournit du marbre. C'est comme à Angers, où les maisons sont couvertes d'ardoise, parce qu'il n'y a que de l'ardoise. Ils ont pourtant de petites cassines le long de la mer, assez jolies. Mais ce qui i3 en fait la beauté, c'est la situation et la mer, qui ne leur coûte rien.
Les Génois d'à présent sont lourds, comme les anciens Liguriens: ils ne se polissent point. Ceux qui ont été dans les pays étrangers, employés dans 20 les affaires, en reviennent aussi génois qu'ils y étoient allés : ce sont des pierres matérielles qui ne se laissent pas tailler.
Je ne dis pas qu^ils n'ayent de la sagacité pour leur commercé : mais c'est une affaire de routine, et, 25 d'ailleurs, l'avarice ouvre les yeux.
Vous ne sauriez croire jusqu'où va la vanité de ces bourgeoises de Gènes! Elles en ont plus qu'il n'en faudroit pour les têtes de toutes les princesses de la Terre. Elles étoient toujours sur le qui-vive 3o avec la princesse de Modène, qui étoit allée à Gênes
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pour faire ses couches. Mais elle les accabloit par son esprit et pair la grandeur de sa naissance. Cependant, elles vouloient toutes avoir des prétentions avec elle et parloient toujours du cérémonial.
5 Je dis, à cette occasion, que de mettre les marchandes de Gènes au pair avec Mad"" de Modène, c'étoit mettre les chauves-souris au rang des aigles. Comme M. et Mad"* de Modène et le prince de Portugal voyoient la comtesse Guicciardini, femme de l'envoyé
10 de l'Empereur, et qui étoit détestée des femmes génoises, cela combloit la mesure de la mésintelligence et causoit dans Gènes une espèce de guerre étrangère, et je suis persuadé que, si Mad^ de Modène n'avoit pas été de la Maison de France, on l'auroit
i3 traitée bien sans façon.
Je ne vous ai pas parlé des sigisbées. C'est la chose la plus ridicule qu'un sot peuple ait pu inventer : ce sont des amoureux sans espérance, des victimes qui sacrifient leur liberté à la dame qu'ils
30 ont choisie. Enfin, après les chevaliers errants, il n'y a rien de si sot qu'un sigisbée. On ne peut s'empêcher de rire en voyant passer une femme dans les rues, dans sa chaise, et un sénateur qui lui conte ses raisons, fait des gestes, et sa (sic)
25 souveraine aussi, au milieu de la rue; on ne peut s'empêcher de rire la première fois que Ton voit cela. Le sigisbée ne quitte pas sa dame d'un pas: il est toujours auprès d'elle et à ses ordres; le crime d'indifférence est un crime impardonnable.
3o Les galères de Gênes ayant pris un petit bâtiment barbaresque, où il y avoit 33 Turcs, la Seigneurie
voulut voir ces esclaves et jouir du plaisir de sa victoire. J'allai, ce jour-là, voir le Palais, ne sachant point cela; mais je pensai y être étouffé par plus de 20,000 Génois, qui accouroient à ce spectacle et me portèrent d'un bout de la cour à l'autre. Et, s comme ils (sic) avoient aussi été chez le Doge, chaque noble les voulut aussi avoir chez lui; de façon que ces misérables ne firent que courir pendant toute une semaine.
Le Palais du Doge comprend aussi les salles où 10 les Conseils s'assemblent. Il s'en faut bien qu'elles soyent aussi belles que celle de Venise. L'une est peinte par Francheschini, de Bologne, et, dans l'autre, il y a trois grands tableaux que Solimène leur a fait à Naples. i3
Dans le même palais est l'Arsenal, qui est tout ce qu'on peut voir de plus commun en ce genre.
A Saint -Pierre -d'Arène est le jardin du prince Doria, qui est bien petit pour sa réputation. Il est vrai que la situation en est charmante. De là, on 30 voit à plein la Ville, les deux môles, la mer. Au milieu du jardin est une pièce d'eau digne de Versailles: Neptune est au milieu, traîné par trois chevaux marins, et lance son trident, et, tout autour, sont des oiseaux placés sur des tortues, des dan- i3 phins, tritons ; ils jettent de l'eau.
Au bout du jardin, il y a une terrasse revêtue de marbre blanc. On descendoit autrefois de cette terrasse à la mer, et il y avoit une porte dans le mur qui entoure la Ville, par laquelle on pouvoit descen- 3o dre dans la mer. Mais la République, à l'occasion de
quelque contrebande, à ôté ce privilège au prince Doria, et lui à ôté de même la plupart de ceux qui furent accordés à André Doria et à ses descendants, pour avoir donné la liberté à sa patrie. 3 Les rues de Gênes sont étroites et obscures. Dans la Strada-Nuovay un peu plus large que les autres, sont les plus beaux palais. Il est assez difficile de voir ces palais : ils sont presque toujours démeublés, et, quand le maître sort ou va à la campagne, il
10 emporte (comme le gouverneur de Notre-Dame-dela- Garde) la clef dans sa poche.
Il y a un très beau pont, bâti aux dépens de la Maison Sauli, qui joint une montagne de la Ville à l'autre, et est bâti sur des maisons, et est d'une
i5 prodigieuse hauteur.
L'Église de l'Annonciade lest la plus belle de Gênes : elle est d'une assez belle architecture et, d'ailleurs, très riche. Il y a sur le portail, dans le dedans, un bon tableau de Procaccini et deux tableaux de
20 Cortone (sic) y dans le chœur: celui qui est à droite représente Jésus-Christ qui enseigne les Docteurs. II est admirable pour l'expression ; mais le peintre a eu la sottise d'habiller les Juifs comme des Turcs, avec un turban, des moustaches et des vestes à la turque,
25 de sorte que, d'abord, on ne sait ce que c'est.
L'Église de Saint-Cyr est assez belle. Le plafond dé l'Église est orné de peintures très mauvaises, outre que c'est une grande sottise d'avoir représenté des maisons au ciel, et des gens qu'on y martyrise.
3o II y a des statues qui sont bien matérielles. La façade n'est point encore faite.
A Saint -Etienne, il y a un beau tableau de Raphaël, qui représente le martyre de ce saint. Le sujet est peint par Raphaël; mais les accessoires ordinaires des tableaux des matyrs, du Père éternel, des Anges et du nuage qui les soutient, sont de Jules Romain. 3 Rien n'est si gracieux que le tout ensemble.
A 3o milles de Gênes, du côté du couchant, est la ville de Savone. Les Génois en ont autrefois détruit le port. Ils y coulèrent à tond des vaisseaux, et il s'est comblé peu à peu, et, à présent, le lieu où étoit le 10 port est terre ferme, est plein de maisons, et fait une partie de la Ville. A côté (sic) de l'ouest étoit une bonne partie de la Ville : la Cathédrale et plusieurs églises. Les Génois ont détruit tout cela, et y ont bâti une forteresse, qu'ils gardent avec beaucoup de i3 jalousie. Entre la Ville et le port comblé, il y a une espèce de petit port pour les barques seulement, et encore faut-il faire tous les jours de grandes dépenses pour empêcher qu'il ne se comble. L'ancien port étoit très sûr ; il n'étoit exposé qu'au vent du midi : 30 car les côtes le défendoient du côté du nord, de l'est et de l'ouest, et même les vaisseaux pouvoient se mettre à l'abri du vent du midi, parce que la mer entroit dans la terre.
Quand on est sur les lieux, on voit aisément l'im- 25 possibilité de rétablir cet ancien port, et le projet de M. de Saint- Olon, qui vouloit que le Roi prit Savone, est entièrement chimérique, aussi bien que la crainte des Génois et leur jalousie sur cette ville : car il n'auroit pas été question de rétablir, il auroit 3o fallu créer, et, quand le Roi auroit eu Savone, après
les premières dépenses, il lui en auroit fallu de très grandes pour le garder.
Près de Savone, du côté de l'ouest, est Vado, qui est une rade très sûre et n'est exposée qu'au vent du
5 midi, et encore, comme la mer y est très profonde, et que le fond y est très bon, les vaisseaux y sont-ils toujours en sûreté. Il n'y a point d'exemple qu'il s'y soit perdu de vaisseaux. Les flottes de toutes les nations s'y retiroient souvent dans les dernières guerres.
10 A i5 milles de Savone, toujours vers l'ouest, est Finale. C'est une plage où aucun vaisseau ne peut aborder, ni même une barque. Il faut que les vaisseaux se retirent dès qu'ils ont jeté leur monde avec leurs chaloupes: car ils sont là exposés à tous les
i5 vents. Les rois d'Espagne avoient très bien fortifié Finale, et il y avoit de très bons forts à La Marine, qui est le lieu qui est sur la côte, et au Bourg, qui est un village éloigné de La Marine d'un mille. Ces fortifications ne subsistent plus.
20 Les Génois, qui ont très bien fait d'acheter Finale, ont aussi très bien fait de le démolir, tant pour ôter à l'Empereur ou au roi d'Espagne l'envie de le ravoir, que pour s'épargner une garnison qui est audessus de leurs forces. Sous Philippe V, il y avoit
&3 2,000 hommes de garnison; 1,200 hommes, sous l'Empereur; et les Génois n'y ont que 5o hommes, dans deux petits ouvrages qu'ils ont gardés > . Pour
I . [En marge :] Il y a tel noble génois qui se fait descendre de Charlemagne ou de ses neveux, et cela froidement. Les (?), mais c'étoit des bourgeois, qui ont été connus à cause des guerres intestines de chaque ville d'Italie ; au lieu que les autres bourgeois vivoient en paix,
cela, TEmpereûr n'a mal fait que de le vendre à sr bon marché. Finale étoit bon au roi d'Espagne ' pour communiquer avec le Milanois, et il ne pouvoit être utile à l'Empereur que pour communiquer par mer avec le Royaume de Naples. Mais la communication 5 par terre est si aisée, et il est si fort maître de prendre son passage par Saint-Pierre-d'Arène, suivant la condition de la vente, qu'il n'étoit pas nécessaire qu'il perdit là une grosse garnison.
Le marquisat peut avoir i5,ooo habitants, et ce 10 que les Génois en tirent peut aller à 1 5o,ooo livres. Ils l'ont acheté 1,200,000 piastres; mais ils ont eu une partie de l'artillerie.
Un vice-consul de France m'a dit qu'il se faisoit dans le marquisat 36,ooo barils d'huile; ce que j'ai i5 de la peine à croire.