‹ Voyages de Piron à BeauneChapitre 38 sur 61 · LE SERIN PERDU · texte numérisé non relu

LE SERIN PERDU

La fille d'un maire avoit perdu son serin ; la première idée qui vint à l'esprit de ce magistrat

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fut, iiit lliistoirc, dQ faire fermer les porter de

la ville.

ON NT iirf: r\\s i.r canon f.orsqi; ri. n'y f.n a point

Un prince passant à Nuits, petite ville à trois lieues de Bcaune, s'y arrêta plus qu'il ne croyoit. Ktonnc de ne point entendre le canon, honneur qui lui étoit rendu dans toutes les villes sur son passage, il envoya demander au maire pourquoi on n''avoit pas tiré le canon. Ce magistrat s"avisa d2 faire le jovial, et répondit à l'officierdu prince : « Pour trente-six raisons : la première, c'est que nous n'en avons point... r>

". Cette histoire ne peut être attribuée à la ville de Beaune, ajoute candidement Chevignard de La Pallue, parce qu'elle a toujours eu des canons, y Mais on ne prête qu'aux riches...

DKS BEAUNOIS q5

Les choses en étaient là, c'est-à-dire au point où les avaient laissées Piron et Chevignard de La Pallue, et Ton devait croire que tout était dit désormais sur les Beaunois et qu'on les laisserait dormir tranquillement sur les deux oreilles. Erreur ! Un de ces mauvais plaisants qui ne viennent jamais à l'heure des bonnes récoltes, et qui, pour se consoler d'arriver trop tard, veulent à toute force butiner et glaner là oii il n'y a plus ni fleurs ni épis, — où la gucpc a passée le moucheron demeure, — jugea qu'il serait ingénieux de reprendre une vieille question désormais épuisée, et d'intenter sur nouveaux frais un procès aux Beaunois, en articulant contre eux des griefs inédits, des chefs d'accusation impossibles. Dans ce but, empruntant le pseudonyme de Bonace^ Parisien de la rue Saint-Nicaise ^double appellation

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bien jusiificc!;, notre loustic littéraire adressa au directeur du Joiinml de Dijon, sous le titre de M(j}i l'oj'aLcc à Ikaiinc, une lettre où il amoncela sottises sur sottises pour prouver que les Beaunois étaient des sots. Le préfet du département s'émut de cette diatribe, et, prenant en main la défense des Beaunois, crut devoir suspendre, ipso facto, la publication dudit journal. C'était faire beaucoup trop d'honneur à une telle pauvreté, qu'on aurait dij laisser mourir sous les sirtlets. Quoi qu'il en soit, le journal fut suspendu, et le lecteur sera peutêtre curieux de trouver ici, à titre de documents historiques et de pièces à consulter, la lettre qui a motivé cette mesure, la dépêche du préfet au directeur du journal, et l'avis de ce dernier à ses abonnés.

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