SYSTÈME DENTAIRE
première dent molaire de la mâchoire inférieure est en place et prête à fonctionner; la seconde est en train de pousser; mais la troisième, ou dent de sagesse, est encore complètement renfermée dans la mâchoire. Dans la mâchoire supérieure, les dents de lait molaires ne sont pas dérangées et sont k peine usées, et, comme dans la mâchoire inférieure, la première molaire permanente est en place et en activité ; la seconde commence à sortir, el la troisième est encore dans son alvéole.
La suture intermaxillaire est très-visible dans toute sa longueur sur ce crâne.
.La crête sourcilière el les crêtes sagittales et occipitales (n“ 2 et 8) , ainsi que le développement correspondant des muscles temporaux et des grosses canines , sont les caractères extérieurs qui semblent reléguer le gorille plus loin de l’homme (pie le chimpanzé, et qui donnent à cet animal un air si féroce, l'ne des particularités les plus curieuses de la structure du crâne des gorilles, c’est l'inégalité de hauteur, dans différents sujets, de cette crête qui s’étend du sommet de la tête à l'occiput. Quelquefois un crâne de moindre importance aura une élévation plus grande, et si cette élévation se trouve chez un jeune mâle, la crête ne sera pas si forte. La crête du gorille s’arrondit à mesure qu’il avance en âge.
Dans le gorille femelle, les canines ne sont pas beaucoup plus grosses que dans le chimpanzé, proportion gardée avec la taille de ces deux animaux. La crête frontale et occipitale n’est que trèslégèrement indiquée (n‘“ 3 et 7).
Chez le gorille femelle « au dos rouge », dont la tête semble quelque peu déformée, l'espace entre les yeux est beaucoup plus étroit (n° 17).
Les crânes du chimpanzé (n“ 6 et 12) , et du nshiégo-mbouvé (n° 5), plus petits et plus ronds que ceux du gorille, offrent plus de capacité, relativement à leur grandeur, que le crâne du gorille mâle, mais guère plus, je crois, que celui du gorille femelle. Le crâne du kooloo-kamba (n“‘ h et 10) a peut-être une capacité relative plus grande que celui de n'importe quel autre singe.
La petite dimension du cerveau chez le gorille mâle, comparée â
l’excessive prépondérance du cervelet ou arrière-cerveau, semble confirmer notre opinion sur l'extrême brutalité de cet animal.
Les changements qui ont lieu dans le développement du crâne du gorille femelle, depuis le jeune âge jusqu’à l’âge adulte, ne sont pas à beaucoup près aussi marqués que dans celui du gorille mâle, qui subit, on peut le dire, une métamorphose complète.
Les crânes des jeunes gorilles, mâle et femelle, et ceux des jeunes chimpanzés ou autres jeunes singes anthropoïdes se ressemblent au premier abord, à des yeux peu exercés (n** 13, 15 et 16). Quand ces animaux sont jeunes, leurs têtes sont plus rondes et se rapprochent davantage de la forme humaine. A mesure qu'ils prennent leur croissance, l’occiput s’allonge et se déprime; le museau grossit et se porte en avant; les crêtes frontales, qui n’étaient d’abord que peu marquées, deviennent proéminentes; les crêtes occipitales, invisibles chez le jeune gorille, deviennent énormes chez l’adulte mâle. Elles semblent être, comme elles le sont en effet , des moyens de défense pour ces crânes monstrueux contre des attaques d’animaux féroces ; mais elles servent surtout à attacher les puissants muscles temporaux qui font mouvoir leurs énormes mâchoires.
Par le tableau suivant des diverses mesures comparées, le lecteur pourra se faire une idée de la capacité relative des crânes des différents singes anthropoïdes de l’Afrique. Ces mesures ont été déterminées par le professeur Jeffries Wyman.
CAPACITÉ CRANIALE DU CHIMPANZÉ, DU NSHIÉGO ET DU KOOLOO-KAJIBA ADULTES.
Pouces cubes.
Autorités.