‹ Voyages et aventures dans l'Afrique equatorialeChapitre 220 sur 247 · I-obivancllus albireps · texte numérisé non relu

I-obivancllus albireps

.Fgialites margiuaius.

— pecuarius.

Ardea goliath.

Kgretta flavirostris.

— bulbucus.

Butorides atricapilla.

Ciconia leucocepbala.

Mycteria Senegalensis.

Lcpiotiloa crumenifera.

Scopus umbretta.

Tautalus ibis.

Geronticus hagedash.

— olivaccus.

1 Ibis rcligiosa.

Numenius phsrophus.

! Artitis bypoleucus.

I*arra Af ricana.

! Rail us oculeus.

| Mimant. trois ha-matopus. j Phorphyrio Alkni.

! Limnocorax flavirostris.

: Plneuicopterus erythneu*.

Nettapus Madagascariensis.

Dcndrocygna vidua ta.

Querquedula llartlaubii (Annas cyanoptera).

Podica Scnegaleiuia.

St orna Caspia.

— cantiaca.

— Senegalensb.

| Rhynchops orientais.

Plotus Levaillaotii.

' Sula Capcnsis.

] Carbo Africanus.

Nycticorax Europæus.

I Ralclu» meridionalis (Owen).

(Quelques espèce» non décrite»

] jusqu’à ce jour. ]

APPENDICE

LANGUES DE L’AFRIQUE ÉQUATORIALE

Plus s’est répandue la connaissance des langues et des dialectes des nations et des tribus de l’Afrique centrale, et plus s’est fortifiée, chez beaucoup de philologues, la conviction que la population de ce grand continent appartient à deux familles distinctes. Je crois que la ligne de séparation doit se trouver à un ou deux degrés au nord de l'Équateur. Au sud de celte ligne, tous les peuples connus jusqu'à ce jour parlent des dialectes qui diffèrent sans doute les uns des autres, mais qui se rattachent évidemment à une famille et à une origine communes. Cette vérité s’applique à tout le pays que nous connaissons, depuis la ligne au nord dont je viens de parler, jusqu’au cap de Bonne-Espérance, si l’on en excepte les Hottentots, les Namaquas, et quelques rares tribus insignifiantes des environs de ce cap, qui n’appartiennent, à ce que l'on suppose, ni à l’une ni à l’autre des deux branches do la famille africaine.

Cette classe de langues et de dialectes comparés peut être caractérisée par le terme allitération. Les changements que les mots subissent dans leurs déclinaisons et leurs conjugaisons affectent toujours la première et la dernière syllabe ; et toutes les phrases, d’un bout à l'autre, présentent une allitération complète.

Les tribus de la partie nord du continent, aussi loin qu'ont pu s’étendre mes études et mes observations (celles-ci n’embrassent que la côte occidentale do la Gambie et de la Senégambie, jusqu'aux limites du désert), emploient des dialectes d’une construction moins régulière, d'une sonorité moins harmonieuse, et d'une difficulté bien plus rude pour la langue et l’oreille de l’homme blanc.

Dans la région que j’ai explorée, la langue des Mpongwés est très-répandue. Sauf quelques légères variations et modifications, il n’y a pas moins de sept tribus qui s’en servent: les Mpongwés, les Commis (ou Cammas), lcsOroungous, les Ogobays, les Rembos, les Ngaloys, les Ayombas et les Anengas. Quelques autres dialectes encore sont évidemment dérivés de cette langue, tandis qu'une autre classe de dialectes a une analogie très-marquée avec la langue des Bakalais. Celle-ci est parlée, soit pure, soit avec de légères variations, par les llakalais, les Mbcngas, les Kombes, les Bapoukous, les Balengues, les Mboushas, les

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Mbondémos, les Mbislios, les Mbikis, les Shékianis, les Apingis, les F.vilis, et probablement beaucoup tic tribus de l'intérieur.

La languede la tribu cannibale des Fans est en dehors des autres, avec lesquelles elle n’a aucun rapport. Elle est dure, tris-gutturale, et offre quelque analogie avec celle que l’on parle dans l'intérieur du cap Palmas, et sur la côte' de Croo.

Le mpongwé et le bakalai, et les dialectes qui en dérivent, ont à un degré remarquable une construction régulière et méthodique. J'ai mémo trouvé trèsextraordinaire que des idiomes parlés par des sauvages, et qui n’ont pas l’écriture pour régulateur, pussent garder tant de précision et de méthode. Je ne connais guère de langues plus régulières. Celles-ci rendent avec une grande richesse d'expressions les idées de ces peuples barbares, et sont capables de se prêter à toute l'extension que comporteraient des besoins nouveaux. Les radicaux déjà usités peuvent donner naissance, s’il le faut, à de nouveaux mots qui seront compris tout de suite.

Le bakalai et ses dérivés n’ont point la lettre r. Les Mpongxvés et les Ashiras, au contraire, emploient beaucoup cette lettre, qu'ils font rouler et qu'ils accentuent avec force. La langue mpongwé m’a frappé, comme une des plus belles qui soient connues en Afrique. Il est assez remarquable que toutes les tribus qui la parlent soient beaucoup moins guerrières que celles qui parlent le bakalai.

Des tribus qui habitent la côte occidentale, au sud du cap Sainle-tlalherine, les unes, par leurs dialectes, se rapprochent davantage des Mpongwés, et les autres des Bakalais; mais chez toutes, la formation des mots implique un troisième élément qui prouve que ces mots sont dérivés d’une autre langue, avec laquelle les deux premières n'ont pas de rapport.

La langue mpongwé est au plus haut degré polysyllabique; à peine a-t-elle, en fait de monosy Haltes, une vingtaine de noms, et tout au plus quatre ou cinq verbes. Elle abonde en contractions et en mots composés, dont les différentes parties restent assez entières pour être reconnaissables. Il n’y a que |ieu de mots d'une prononciation difficile pour les Européens et les Américains. En général, celte prononciation est très-nette ; chaque syllabe est parfaitement sonore, et peut dès lors s'introduire aisément dans le vocabulaire des étrangers. Presque tous les mots se terminent par une voyelle, dont le son est plein, et une grande partie des noms et des verbes commence aussi par une voyelle. Dans les noms, le genre ne se distingue que par le mot homme ou femme, placé devant. Par exemple : wanna veut dire enfant; tvanlo-wanna est une fille, et nlomé-wanna, un garçon. Il y a plusieurs manières de former le pluriel. Les noms qui commencent par une consonne prennent le pluriel en ajoutant un i au commencement du mol ; exemple: tt ago. maison; inago, des maisons. Les noms qui commencent par un o forment leur pluriel en changeant o en i; exemple : omemba, serpent; imemba, des serpents. Les noms qui commencent par un r forment leur pluriel

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en retranchant IV. Egara, coffre ; gara, des coffres. Ceux qui commencent par un i changent l’i on a; idambi, un mouton; adamb'e, des moutons. Tous ces changements dans les noms tnpongwés, sauf ceux qui peuvent provenir des contractions, portent toujours sur la première syllabe. Le nom qui indique une action se forme dans presque tous les cas en mettant la lettre o devant le verbe ; ainsi, noka veut dire mentir; et oaoka signifie un menteur.

Les pronoms personnels abondent dans le mpongwé, comme aussi dans le bakalai, et dans les autres dialectes de la même région. Par exemple: en mpongwé. mie veut dire je et moi ; yc, il; ayi, elle ou cela; azwi, nous; nmcé et awè, vous; wos, ils; ica, eux.

Les adjectifs subissent plusieurs changements, outre ceux qui résultent des degrés de comparaison; cependant ils ne se modifient pas suivant le genre ou le cas. Dans les exemples suivants, on ne trouve pas moins de sept formes de l’adjectif mpolo, qui veut dire gros.

Nyarv mpolo, une grosse vache. Idambé itntu, un gros mouton.

Invar.'1 impolo, île grosses vaches. Ailnmbr nmpnto, de gros moutons.

Epar» évolu, un gros coffre. Omcmba ompolo, un gros serpent.

(tara volu, de gros coffres. Imemba impolo, de gros serpents.

Ces changements et d’autres pareils, tout arbitraires qu’ils sont, se font toujours d’une manière invariable, quoiqu'il n’y ait, pour les prescrire, aucune grammaire ni aucune règle écrite.

Si nous passons aux verbes, nous verrons qu’ils ont dans toutes les langues de l’Afrique méridionale des formes toutes spéciales. Le verbe mpongwé a quatre modes : l’indicatif, l’impératif, le conditionnel et le subjonctif. L’indicatif se forme à l’aide de particules auxiliaires ; l’impératif se tire du présent de l'indicatif, au moyen du changement de sa consonne initiale en une autre consonne correspondante ; exemple : tonda, aimer ; ronda, aime ; dctula, faire ; Ictida, fais.

Le mode conditionnel a une forme qui lui est propre ; mais en même temps on emploie, comme auxiliaires, des particules conjonctives qui varient suivant les différents temps. Le subjonctif n'a qu’une seule forme, et on l’emploie pour le second verbe, dans les phrases où il y en a deux.

Les temps, dans le verbe mpongwé, sont le présent, le parfait, \e plus-queparfait et le futur. Le plus-que-parfait qui représente une action terminée se forme du présent, en le faisant précéder de a, et en changeant la terminaison en ». Exemple: tonda, aimer; utondi, (il) aimait, ou avait aimé.

Le passé sc forme de l’impératif en le faisant procéder de a et en changeant l’a final en i. Exemple : ronda, aime ; arondi, avoir aimé.

Le futur est formé à l’aide du participe auxiliaire bc; ainsi : mi be tonda, je vous aimerai. Mais si le nominatif vient après, les mêmes mots expriment le temps passé.

Dans le temps futur, le nominatif se place avant le verbe dans l'ordre de construction. Quand l'action va avoir lieu immédiatement, on emploie le présent pour le futur: ainsi, mi fc/a, je viens ou je vais venir tout de suite ; tandis que mi fcc bia veut dire : je viendrai plus tard, ou dans un temps indéfini.

Le passif se forme de l'actif en changeant simplement fa final en o Exemple : mi lontla, j’aime ; ni i lomlo, je suis aimé. Pour le temps passé, historiquement accompli, qui se termine en i, on ajoute simplement o. Exemple : arondi, avoir aimé; arondio, avoir été aimé.

11 y a aussi, dans chaque verbe mpongwé, une négative qui correspond à l'affirmative ; on la marque en appuyant fortement sur la première ou la principale voyelle du verbe-, je ferai ressortir cette accentuation, en écrivant, par l’emploi d'une lettre italique. La négative appartient au verbe passif aussi bien qu’à l’actif, et cette légère différence d’intonation ou d’accentuation est pour les étrangers fort difficile à saisir.

Mi tonda, j'aime. Mi tondo, je suis aimé.

Mi tonda, je n'aime pas. Mi tondo, je ne suis pas aimé.

Tous les verbes, dans la langue mpongwé, à l’exception de quinze ou vingt, peuvent être regardés comme réguliers, puisqu'ils sont gouvernés par des principes fixes, toujours les mêmes. Ix's verbes do deux syllabes ou plus se terminent toujours en a, et les consonnes initiales de ces verbes sont 6, d, f, j. k, p. s, 1, ou sh. Chacune de ces consonnes a une autre consonne correspondante. Les verbes qui commenceraient par m ou n, consonnes qui n'ont pas de correspondantes, gardent ces lettres dans toutes leurs inflexions; mais à tous les autres égards, ils restent parfaitement réguliers. La lettre correspondante du fcest toujours le », ou tee. Ainsi, dans tous les verbes qui commencent par un fc, l'impératif se forme du présent de l’indicatif, en changeant ce 6 en t\ ou ter. Exemple : mi bonga, je prends; impératif, u-onga, prends. De la même manière, et avec cette uniformité invariable, le d est changé en I, Vf en », ou fwn en »wun, le j en y, le A en g, le p en », l’s en :, le sh en :y, et le / en z. Exemples;

Mi bonga, je prends . Mi kamba, je parle.

W’onga, prends. Gamba, parle.

On peut dire que chaque verbe régulier peut se modifier de quatre ou cinq manières. Ainsi, dans kamba, parler, ou je parle, l’idée de cause se formule en changeant a en iza : kambiza, faire parler. La forme qui implique une action habituelle se tire du mot radical en y ajoutant ga : ainsi, de kamba, parler, vient knmbaga, parler habituellement. La conjugaison relative, qui exprime une action ayant trait !i quelqu’un , on s'adressant à quelqu'un, se tire aussi du radical, en y ajoutant la syllabe nu. Ainsi, de kamba, parler, on fait kambana ou kambina, parler à quelqu’un ou avec quelqu’un. L’indéfini se compose de

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l'impératif mis après le présent de l'indicatif. Ainsi, de kamba, on tire kamba gamba, parler au hasard.

Dans la langue mbenga, le radical kalaga. parler, se modifie comme il suit : kalakate, parler continuellement; kalakia, parler à. ou parler pour; kalakiile , faire parler; kalanakiani, parler pour un autre; kalaka bekatikali, parlerait hasard; takala, parler le premier (dans un procès) ; kalaka bo kalaka , parler et ne rien faire autre chose.

La première forme du verbe, le radical, exprime l’idée simple, sans aucun sens accessoire ou contingent. La seconde exprime la continuité de l'action, et, dans certains cas. l'intensité de l’idée simple; ainsi, kalakate mbi yokakale, parlez, je vous écoute.

Ces observations et ces exemples peuvent donner une idée de la beauté et de la construction logique des langues de ce pays. Il y a là une mine à exploiter qui payerait richement les travaux d’un philologue. Les indigènes possèdent une littérature orale très-étendue, qui consiste en proverbes, paraboles, allégories, interprétations mystiques, fables et récits fantastiques et légendaires, qui se transmettent de génération en génération. Souvent j’ai entendu de ces récits fabuleux, le soir, près du feu de nos campements; j'y prenais un plaisir infini, et j’admirais, à part moi, l’imagination de ces barbares africains.

Je regrettais seulement que mon manque de loisir et les autres entreprises que j’avais en vue ne me permissent pas d’approfondir et d’écrire un plus grand nombre de ces histoires curieuses.

Je termine par un tableau des nombres, la collection comparée la plus facile à se procurer, et qui peut servir de point de départ au philologue jaloux d’étudier les langues de cette région. Les nombres que je donne ici ont été recueillis par moi. J’ai établi ces listes, sauf deux ou trois , d’après le dire des tribus mêmes chez lesquelles j’ai séjourné, ou à bord d'un bâtiment français qui priait du cap Lopez avec une cargaison d’émigrants. Pour démontrer la facilité qu’on trouverait, même sur le littoral, à étudier les langues des tribus de l’intérieur le plus reculé, je dirai seulement que sur le bâtiment dont je parle j'ai rencontré des hommes de trente-huit tribus différentes.

TRIBES SÉNftGAMBIENNES

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