PORANRRS AE VAN CELA SENTE | ON
sents ; on leur donna des nankins, des #tofles de soie , des outils de fer, des rassades , du tabac et généralement tout ce qui semblait leur être agréable. On s’aperçut promptement que l’eaude-vie et le tabac étaient pour eux les denrées les plus jrecieuses; ce fut cependant celles que Lapérouse leur fit distribuer le plus sobrement, « parce que, dit-il, le tabac était nécessaire à l'équipage, et que je craignais les suites de l’eau-
de-vie, »
Ces hommes é* ‘ept aussi fortement constitués et aussi velus que ceux de la baie De Langle; ils avaient la peau aussi basante que celle des Algériens ou des autres peuples de la côte de Barbarie, Leurs manières soni graves, ctleurs remerciements étaient exprimés par des gestes nobles ; mais leurs instances pour obtenir de nouveaux présents furent répétées jusqu’à limportunité. Leur reconnaissance n’al!a Jamais jusqu'à offrir, à leur tour, même du saumon , dont leurs pirogues étaient remplies, et qu'ils remportèrent en partie à terre, parce qu on leur avait refusé le prix excessif qu'ils en demandaient. Quelle différence pour les qualités
morales entre eux et les Orotchys, sur lesquels
ils rient par la force physique et par l’in-
Le: Français ne virent jamais danser, ni n’entencirent jamais chanter ces insulaires ; mais ils remarquèrent qu'ils savaient tous tirer des sons agréables de la tige principale d’un grand céleri ou d’une espèce d’euphorbe, ouverte par les deux extrémités : ils soufflaient par le petit bout; ce bruit imitait assez bien les sons adoucis de la trompette. On re leur vit aucun autre instru-
ment de musique.
Tous les habits de ces insulaires sont tissus de leurs propres mains; leurs maisons offrent une propreté el une élégance dont celles du continent n'approchent pas. Leurs meubles sont artistement travaillés et presque tous de fabrique japonaise. L'huile de baleine est pour eux un objet de commerce très-important, inconnu dans la Manche de Tartarie, et dont l'échange leur procure toutes leurs rishesses. Ils en recueillent une quantité considérable: leur manière de l’extraire n’est cependant pas la plus Économique : elle consiste à découper la chai de ces cétacés, et à la laisser pourrir en plein
h 152 VOYAGES ET AVENTURES
F air sur un talus exposé au soleil ; l'huile qui en dé oule est resue dans des vases d’écorce ou dans des outres de peaux de phoque. Il est trèsremarquable que les Français n’aient pas vu une seule baleine sur la côte occidentale de l'ile ’ tandis qu'elles abondent sur celle de l’est.
Les insulaires venus à bord des régates se
relirèrent avantla nuit et firent comprendre par signes qu'ils reviendraient le lendemain. Ils aerivèrent effectivement à la pointe du jour , avec
quelques saumons qu’ils échangèrent contre des
haches et des couteaux. Ils vendirent aussi un
sabre, un habit de toile de leur pays, et ils pa-
rurent voir avec chagrin les préparatifs du dé-
part des Français; ils les engagèrent fortement à doubler Je cap Crillon et à relâcher dans une anse qu'ils dessinaient, et qu'ils appelaient T'abouoro : c'était le golfe d'Aniva.
On a cru remarquer chez ces insulaires une
distinction d’éta qui n'existe pas chez les habitants de la côte de Tartarie. Il y avait dans Chaque pirogue un homme avec lequel les au-
) tres ne faisaient pas société ; il ne mangeait pas
avec eux, et leur paraissait absolument subor-
d'nné; on soupçonna qu'il pouvait être esclave:
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DE LAPÉROUSE, — 14787. 153 au moins était-il d’un rang très-inférieur aux
autres.
Un canot fut envoyé à terre ; il était de reiour avant minuit. L'officier qui le commandait ct ses Compagnons avaient été fort bien re us au village du cap Crillon, I fit quelques échanges CL rapporta beaucoup de saumons, I trouva les maisons mieux bâties et surtout plus richement décorées que celles de la baie d'Estaing ; plusieurs étaient ornées intérieurement avec de grands vases vernis du Japon, Les Francais montèrent sur le point le plus élevé du Cap , d'où ils purent relever les terres qu'ils apercevaient, cl ils reconnurent qu'un détroit séparait Tchoka de Ghica ou leso.
Le 10 août, Lapérouse partit de la baie de Crillon ; ballottées pendant toute la nuit par une forte houle au milieu d’un calme plat qui les mit dans le plus grand danger de s’aborder , les frégates se trouvèrent le lendemain au N. du village de Chica, nommé Acqueis dans la relaion du voyage du vaisseau hollandais {e Kastrikum, «Nous venions de traverser, dit Lapcrouse, un détroit de douze lieues de largeur qui sépare leso de Tchoka. Aucun vaisseau européen ne