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ILES DE PAQUES ET DE MAWI

L'ile de Päques n’est pas d'un aspect aussi sté-

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elle est, à la vérité » presque dépourvue dej bois : mais les coteaux et les vallons offrent des tapis de verdure ès-agréables, La grosseur et Ja bonts des patates, des ignames, des cannes à sucre , annoncent Ja fertilité et une végélalion Vigent-

reuse,

Les descriplions des indigènes dunnces par certains navigateur s ne sont pas plus exactes, On

ne trouve dans cette ile, ni les géants de Roggo-

Wen, ni les hommes maigres © l Jlanguissants, par

le manque de nourriture, dé ‘peints par un vova geur moderne, J’ Y ài VU, au Conlraire, une pouplade assez nombreuse ; mieux par lagée en g gràce cten beauté > que loules celles que j'ai eu orcasion de rencontrer depuis, el un sol qui lui fouruissait sans peine des aliments de bonne qualité et d’une abondance plus que suffisante pour <a consommalion , quoique l'eau douce y fût très

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rare et d'une assez mauvaise qualité,

Ces insulaires sont d’un cmbonpoint médiocre, d’une tournure et d’une figure agréables ; lgur aille bien proporlionnée est d'environ cinq pds qualre pouces, À la couleur près, la face n'offre point de différence avec celle des Eu-

ropéens, La couleur de la peau est basanse : jes

AU VOYAGE DE LAPÉROUSE. 209 cheveux sont noirs; cependant quelques-uns Jes ont blonds, Ils ont l'usage de se peindre, &e se tatouer Ja peau et de se percer les e»eilles ; ils augmentent l'ouverture de cette partie par Je moyen de la feuille de canne à sucre roulée en spirale, au point que le lobe des oreilles flotte, pour ainsi dire, sur les épaules; ce qui paraît ètre, parmi les hommes seulement, un caractère de beauté qu'ils tâchent d'acquérir.

Ces peuples paraissent vivre dans l'anarchie la plus complète. Nous n’y avons distingué aucun chef; hemmes et femmes, tous vont presque nus; quelques-uns seulement portent un morceau d'étoffe, avec lequel ils s’enveloppent les épaules ou les hanches, et qui descend jusqu’à mi-cuisse.

Ces insulaires ne sont pas sans industrie; on remarque même que leurs cases sont assez vastes et parfaitement construites dans leur genre. Elles sont faites avec des roseaux, soutenues par de petits chevrons, en forme de berceau, ayant cinquante pieds de long sur dix à duuze de large, et autant de hauteur dans Ja plus grande élévahon, I + a plusieurs entrées sur les côtés, dont

le plus grand diamètre n'excède pas trois pieds.

210 DÉTAILS SUPPLÉMENTAIRES L'intérieur n'offre rien de bien remarquable : on ÿ voit sculement quelques naties qu'ils dévelop-

pent sur la terre pour se coucher, et plusieurs

petits meubles à leur usage, Leurs étoffes sont faites avec le müûrier à papier ; ils font aussi des chapeaux, des paniers de jonc, et de petites figures en bois passablement travaillées.

Les poules sont les seuls animaux que nous aÿons trouvés à l’île de Pâques; et de tous les animaux sauvages les rats y son’ aussi les seuls de la classe des quadrupèdes, On $ voit quelques oiseaux de mer, mais en très-petit nombre ; Ja mer nous à paru peu poissonneuse,

Il ya dans la partie de l'est un très-grand cratère ; et l’on voit dans presque toute sa circonférence , sur les bords de la mer, un grand nombre de statues, ou espèces de bustes informes , auxquels on a scalement figuré grossièrement les yeux, le nez, la bouche et les oreilles. Au pied de ces statues se trouvent les cavernes mystérieuses mentionnées dans la relation de Cook : c'est dans ces sortes d'hypogées que chaque famille donne la sépulture à ses morts.

Lapérouse, avant déjà fait beaucoun de pré-

AU VOYAGE DE LAPÉROUSE, 211 sents à ces insulaires, voulut leur donner de nouvelles marques de bienveillance, et contribrer à eur bonheur d «ne manière plus durable, en laissant sur leur île deux brebis, une chèvre , une truie, et un mâle de chaque espèce, cten y faisant semer toutes sortes de lézumes cl

planter toutes sortes de fruits.

Ces actes bienfaisants accomplis, nous appareillâmes et nous dirigeñmes notre roule vers les îles Sandwich (Hawaï). Lorsque nous fùmes on vue de Mawi, l’une des îles de cet archipel, il s’en détaci environ deux cents pirogues qui vinrent à la rencontre des frégates; toutes étaient chargées de cochons, de fruits et de légumes frais, que les habitants nous ervoyaient à bord et nous forçaient d'accepter sans aucune condition. Le vent &tuui devenu plus fort, et ayant accéléré notre marche, nous ne pûmes que faiblement profiter de ces ressources, ni

jouir plus longtemys du plaisir que nous cau-

saent et la vue pittoresque de l'île et le con-

cours nombreux de ces pirogues, qui, dans leurs manœuvres, formaient autour de nou le tableau le plus animé et le spectacle le plus

récréatif que l'on puis ? imaginer.

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Le 29 du mois de mai 1786 , hous motuillämes dans l'O. de cette ile, La Vég'lalion de cette partie de Mawi n'est pas, à beaucoup près, aussi lorte, ni la populalion aussi nombreuse que nous l'avions reriarqué dans la partie de l'est où Nous avions allerri ; Cependant, à pee élionsnous à l'ancre, que nous fümes entourés par les habitants, qui nous apportaient dans Jeurs l''rogues des cochons, des fruits et des légumes, Nous commencâmes nos échanges avec un tel succès, que dans peu d'heures nous eûnes à bord près de trois cents cochons elune provision suflisante de légumes, qui ne coûtèrent que quelques morceaux de fer, Si l'ile de Mawi fournit avec abondance à ses habitants les animaux CL toutes les denrées nécessaires à leur subsislance, il s'en faut de beaucoup néanmoins que ces insulaires jousssent d'une aussi bonne santé que ceux de l'ile de Pâques, où ces ressources ne se trouvent qu'en Partie t avec moins d'abondance. Ils sont aussi moins bien partagés en grâce et en beauté que res derniers, La taille commune parmi ceux est d'environ cinq pieds Lois pouces; ils ont peu d'embonpoint ; les traits du visage grossiers, les sourcils épais, jes

veux noirs, le regard assuré sans être dur, Jes

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AU VOYAGE DE LAPÉROUSE, 213 pommettes saillantes, l'entrée des narines un peu évasée, les lèvres épaisses, la bouche grande, les dents un peu larges, mais assez belles et bien rangées, Leurs cheveux sont noirs : ils les conpence de manière à figurer un casque. Les cheveux qu'ils laissent dans tcute leur longueur, et qui représentent ainsi +: crinière du casque , sont roux à leur extréuut, Cette couleur est probablement déterminée par le suc acide de quel-

ques végétaux.

Les peuples se peignent et se latouent la peau ; ils se percent les oreilles et la cloison du nez, eLils y portent des anneaux pour s'embellir, Leur vêtement consiste en un morceau d’étoffe qui sert à lee envelopper le corps. Les étofles que ces insulaires fabriquent avec l'écorce du nûrier à papier sont belles et irès-varites ; ils les Leignent avec beaucoup de goût: leurs des- Sins sont si réguliers, qu’on pourrait croire qu'ils ont voulu imiter nos indiennes. Leurs maisons , réunies en bourgades, sont construiles dans le genre de celies de l'ile de Pâques , mais de forme carrée. Ce que j'ai vu de plus “vident dans le régime social des habitants de Mawi, c'est qu'ils forment plusieurs peuplades ,

ctque chacune d'elles est gonvernée par un chef.

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péens.

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