DES FORGES DE ST. MAURICE
Ces forges sont situées à trois lieues de la ville de Trois Rivières, au côté du sud de celle de St. Maurice, etsur la gauche d’un ruisseau qui débouche des hauteurs des bois, et va se confondre en formant plusieurs chutes dans la dite rivière.
L'établissement est considérable ; il consiste en deux forges, en un martinet et une quantité de bâtiments à usage de logements pour tout ce qui est attaché à leur service.
Elles sont régies aujourd’hui sur le compte du Roy, par l’abandon qu’en ont fait le sieur Pugeot et Cie.
Les principaux employés sont un directeur, un caissier, un commis pour le détail, un marchand pourvu du privilège exclusif de débiter des vivres, boissons et marchandises quelconques, et un aumônier.
Les ouvriers sont payés, généralement, par la rareté d’en trouver, à des prix exhorbitants ; les uns à raison d’une piastre par quintal de fer, d’autres Éd des appointements 1ixes pour toute l’année et quelques uns à Gifférents prix par mois d’hivert et d'été, mais tous sont logés, chauffés et voiturés aux dépens du Roy. Indépendamment de ces ouvriers domiciliés en sont d'autres qu’on est obligé d'attirer de la campagne ou de la garnison des Trois Rivières dans le fort du travail. Les premiers résistent d’y aller sous prétexte qu'ils ont leurs terres à cultiver. On use quelque fois de violence pour les yobliger. De là, il arrive qu'ils préfèrert abandonner le canton pour aller s'établir aillsurs que de se soumettre à ce qu'on exige d'eux. On se retourne du côté des soldats, mais ceux-ci sentant le besoin qu’on a d'eux, ne se pad qu’à des prix fort chers qu’on leur refuse ; d’où il arrive que les ouvreges languissent et qu'il en influe un grand préjudice au Roy.
Il est aisé de convenir qne tous ces employés et ouvriers sont d’une dépense considérable ; elle n’est pas la seule; la fabrique de charbon, l'achat des fourages et avoines, l’emplette des chevaux. les voitures, les harnois, leur entretien et les charois de la mine du fer, et des denrées quelconques.....au profit qu’on en retire.
De ce détail lon doit sentir que cette régie peut. entraîner bien des abus, d'autant que le directeur n’a pas l'autorité absolue ; que le caïssier la partage, que chacun rend compte à Mr. l’Intendant directement ou à son subdélégué de la partie qui lui est confiée, et que le préposé à la fourniture des vivres entretenu aux frais du Roy se croit indépendant.
MOYENS PROPOSÉS POUR MAINTENIR LE BON ORDR*, DIMI- NUER LES DÉPENSES ET AUGMENTER LA FABRIQUE DU FER.
Ce serait de commettre un directeur intelligent, dont l’autorité absolue, subordonnée néanmoins à Mr. l’In- P
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tendant, s’étendit sur tous, qui lui obéissent, rendissent compte et y fussent subordonnés.
Que le charbon fut fait par des marchés convenus, ainsi que les achats de fourrages et d’avoines. Que les employés chargés des détails tinsent un registre journalier de leurs dépenses, pour les confronter au besoin à celles rapportées de chacune des parties au compte général ; et de là pouvoir juger de la conduite d’un chacun.