‹ Voyages et mémoires sur le Canada [microforme]Chapitre 46 sur 78 · DÙU FORT ST. JEAN · texte numérisé non relu

DÙU FORT ST. JEAN

Ce fort est situé sur les bords du côté de l’ouest de la rivière de Richelieu, à l’endroit où elle prend le nom de Lac Champlain.

Sa figure est un parfait carré de 30 toises du côté extérieur flanqué de quatre bastions d’égale capacité.

Les courtines sont formées de pieux serrés l’un contre l’autre, percés de créneaux à hauteur de 8 à 9 pieds, et derrière lesquels est une banquette volante en charpente ainsi que le profil le re;résente.

Dans chacun des deux bastions du coté de face à la rivière est établi un bâtiment sur mur de maçonnerie de 6 pieds d’hauteur, él:vé ensuitte de pièces sur pièces, percé d’embrazures et de créneaux, et couvert üe planches; la distribution consiste en un rez de chaussée, en un étage, auquel on monte par des escaliers placés en dehors et en un grenier.

Les troupes commises à la garde de ce fort sont logées dans l’étage du bastion de la droitte de l’entrée, et le garde magasin occupe celui de la gauche ; le rez de chaussée et le grenier à l’un et à l’autre servent de magasins aux vivres et aux approvisionnements quelconques.

Dans chacun des deux autres bastions, est un bâtiment isolé de l'enceinte ; l’un, situé à droitte de l’entrée sert de logement à l'officier commandant, l’autre, de boulangerie. Il est aisé de connaître que cette construction n’est bonne que contre de la mousqueterie. A cet effet, pour en soutenir la deffense et même l’augmenter lors d’une rupture avec les anglais et les sauvages, l'on serait d'avis :

10 de veiller soigneusement à l’entretient de ses ouvrages ;

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2 de former en pieux un tambour A B C D devant la porte de l'entrée dans le fort pour empêcher qu’on ne vienne y attacher un pétard nuitamment, ou la hache ;

30 que sur le prolongement des faces des côtés collatéraux à celui de la rivière, on fit régner une estacade E F aussi en pieux jusque dans l’eau, affin d’obliger ceux qui méditeraient une attaque sur le front de la porte de ne s’y présenter que par batteau ;

&o qu’on y tint des barriques prêtes à être remplies d’eau au besoin, pour éviter les inconvénients d’en aller prendre à la rivière, dans le cas que ce fort serait investi par une nation ennemie, et enfin, qu’on coupa à la distance de 290 toises au moins de l’enceinte tous les arbres et broussailles, à la faveur desquels on peut en approcher à couvert aujourd’hui.

On observe ‘;ue ce fort est le dépôt des munitions et effets qu'on envoye de Montréal au fort St. Frédéric, et que leur transport s’y fait par le lac Champlain sur une barque de 40 à 50 tonneaux entretenue aux frais du Roy.

La situation de ce poste exige de l’attention à sa conservation en temps de guerre; l’on serait d’avis pour lors d’y tenir une forte garnison. La sureté des vivres et munitions y oblige autant comme leur transport aux postes éloignés; d’ailleurs, elle serait à portée de renforcer, suivant les circonstances, le fort St. Frédéric et celui de Chambly. Elle soutiendrait la communication de l’un à l’autre, et plus elle serait forte, plus elle donnerait par ses courses de l’inquiétude à l'ennemy, dans le dessein qu'il méditerait de pénétrer dans le pays, et enfin, moius il songerait à l’attaquer. Ily a un terrain tutour de ce fort, pris sur la seigneurie de Mr. de Lon-

ueil et que l’on considère à titre de banlieue. Comme il n’est point borné, les officiers et employés y résident, et prétendent en profiter et l’étendre à leur bienséance ; ce qui occasionne des difficultés. Pour les éviter, l’on serait d'avis que les limites de cette banlieue fussent déterminées par la cour, et que céux qui se croient en droit d’eu jouir, ne le pussent qu’à la distance de 100 toises de celle de 250, défrichées et mentionnées cy-

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