DE LA COMMUNICATION DU VILLAGE DE LA PRAIRIE AU FORT ST. JEAN
Cette communication peut être considérée en deux arties. La première, comprise entre le village de la rairie et l’entrée dans le bois, est de 2 grandes lieues. Le chemin y est tortueux et assujetti aux sinuosilés de la rivière nommée vulgairement de la fourche, sur laquelle sont deux grands ponts en fort bon état ; d’ailleurs, il est traversé de 15 à 20 autres petits ponceaux, établis sur des fossés d'écoulement, mais en tout il est bon et praticable en tout temps. Son entretien est à la charge des habitants de ce village.
Na.—Qu'à une lieue et demie en avant du dit village, le chemiu qui vient de Chambly y débouche sur la gauche,
La seconde partie de trois lieues et demie de longueur a été tracée sur 2? allignements tirés droit chacun jusqu’à la rivière Chambly : le premier, percé dans une ans de bois, el traversé de 2? grands ponts établis, l’un
peu près dans son milieu, et l’autre, à son extrémité sur la rivière de Montréal ; ils sont brûlés aujourd’hui. On ne saurait apporter trop de diligence à leur rétablissement. e
Environ à 5 ou 6 arpents sur la gauche du premier pont, les Jésuites font construire un moulin sur la ditte rivière. J'en étais prévenu de leur part, avec prière d'examiner s’il ne conviendrait point, eu égard à la nécessité de rétablir ces 2 ponis, de faire passer le chemin en dessus. J'ai été sur les lieux ; 1l n’y a pas moyen de se prêter à ge vues, à moins de former une diffor-
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mité par un détour, et de constituer le Roy dans la dépense d’un nouveau tracé dans le bois.
A lextrèmité de cet allignement, est un coude qui conduit à une savanne où commence le second ; le chemin qui la parcourt sur une lieue et demie de longueur, y est traversé de trois ponts, et son extrêmité joint le bois où l'assiette est si mauvaise qu’on a été obligé de l’affermir par des rondins qui,à mesure qu’ils s’asseoieron!, causeront beaucoup d'embarras et d’incommodités aux voitures. D'ailleurs, la traversée de ce bois est bordée de plusieurs arbres déracinés et de quelques autres à demi renversés, que le moindre vent fera tomber, et dont la chute causera torjours la ruine du chemin.
Na.— Qu'on nomme savanne un terrain mal spongieux et qui ne produit que de mauvais sapinages.
Parvenu à l'extrémité de ce second allignement, le chemin prend sur la droilte pendant une demie lieue et conduit tout le long de la rivière au fort Saint Jean.
On ne saurait disconvenir que cette commumication ne soit très-utile et n’'épargne beaucoup de frais au Roy, d'autant qu'avant qu’elle ne fût établie, on était obligé de transporter les vivres de Montréal aux forts St Jean et de St, Frédéric par batteaux qui descendaient le fleuve jusqu’au village de Sorel, remontaient la rivière de Richelien jusqu’au fort Chambly, où il fallait les décharger pour traverser les trois rapides qui se trouvent en dessus, et de là, les recharger pour les porter a leur destination.
On observe que cette seconde partie de communication est totalement à la charge du Roy, et que, par la suitte, à mesure que les établissements demanderont considération, l’on pourra redresser cette communica. tios, en diriger l’allignement du clocher du village de la Prairie, droit sur le fort St. Jean.